sept
19
2010
0

Le poids d’une décision

En repartant du village de Tatla-Lake où je m’étais arrêté pour la nuit, et réapprovisionné pour la route, seulement quelques kilomètres plus loin, un problème me fait retourner en arrière. La roue de la remorque fait un bruit anormale et je m’aperçois que je perds des roulement à billes, compromettant mon avancé. Le petit garage du village ne peux rien faire pour moi, alors j’essaie de trouver une autre roue dans le motel d’à côté, où de nombreux vélos sont stockés.

Aucune des roues ne corresponds  à la taille que j’ai besoin, cependant il y a là deux trottinettes, une presque neuve et une autre plus que vétuste. Le propriétaire veut bien m’aider, me propose d’acheter les roues neuves, mais le prix qu’il demande me paraît exorbitant . aussi, je lui demande de me donner la plus vieille. j’espère seulement qu’elle pourra effectué les quelques 200km qu’il me reste à parcourir, avec 60km de pistes de montagnes. Le coup est risqué, mais je fais confiance en mes décisions.

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A ce moment là, je n’ai pas conscience que cette vieille roue et la décision que j’ai prise de la monter plutôt qu’une neuve va tout déclencher

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août
11
2010
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Dernier acte

Vladivostok, la où tant de voyages commencent, ou se terminent. Kernunos ne déroge pas a la règle, et comme a son habitude, amplifie le processus a son intensité maximum. Alors pour commencer, il faut déjà tout terminer…

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Les explorateurs de l’époque avaient bien choisi leur endroit: atteindre Vladivostok n’est pas chose facile, même une fois libérée de ses barrages militaires. 50km de grimpées sévères à répétition (on aurait pu choisir la grosse route aux courbes adoucies, mais le jour où on optera pour la facilité urbanisée,…) le long de la côte boisée, de plus en plus fréquentée. La route nous éprouve au point de craquer totale sans plus pouvoir y respirer (Marilia). Les camions crachant du noir, les enfilades de bagnoles qui ne se rendent pas compte du mal qu’elles font, la poussière sans cesse remuée par les hommes… tout ca nous est dégueulé en pleine figure sans aucune marge de manoeuvre, sans un mètre de bas cote pour espérer y échapper. Paradoxalement, c’est presque un soulagement d’arriver en pleine ville: le centre de Vladivostok, c’est son port, sa gare, sa plage, coinces sur d’étroits rivages, entre collines et mer brumeuse. Du vent, de l’air, et des gens qui nous aident a trouver du repos.

p1030325p1030369On débarque dans l’auberge-de-jeunesse-appartement ou la plupart des routards étrangers se ramènent, y régler leurs histoires d’enregistrement (les russes semblent de plus en plus pointilleux sur la question), de billet de train ou d’avion, de bateau pour la Corée ou le Japon, de contenaire pour leur vélos ou leurs motos, de retour, ou de départ, bref, les réalités que tout voyageur doit a un moment donne se coltiner. Pas drôle. D’autant plus que voila: Marilia décide de rester encore un temps en Primorié.

p1030278Ca a tout l’air d’un scoop, bien qu’on ne soit pas des stars… Ou d’une superbe action commerciale qui fera exploser les ventes du second tome de cette aventure, pour un peu qu’on parvienne a en écrire le premier… Mais rien de tout ca, ni même d’un coup de tête. Simplement le besoin de se poser un temps, la ou la taïga a garde ses mystères. Car a toujours parcourir, on (Marilia) ne s’apercoit plus de l’unicité magnifique de chaque monde. On jette un oeil furtif sur la vie de nos rencontres, on apprend, on écrit tout, comme un capital qui s’amasse sur des pages blanches. Mais on repart toujours trop vite, sans donner de nous tout ce qu’on a pu jusque-la récolter. Et de Tremargat à Krasnii-iar, sur quelques 16 000 km d’aventures, l’Eurasie nous a offert ses espoirs, ses visions d’avenir, mais aussi la conscience de ses impasses grandissantes.

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p1030344p1030327Billet de ferry Coreen pour Marilia, billet d’avion Canadien pour Christophe. Mais avant tout on s’offre un dernier billet commun pour un ile, encore une, au large de la ville. Le temps de réaliser qu’on s’est chacun emplis de la force de l’autre, qui nous sera nécessaire pour la suite du voyage. De quoi se dire aussi combien on s’est aidé à se réaliser à travers cette traversée Kernunosienne de tout un continent.

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Nos chemins continuent a suivre  la voie des rêves, quant à l’aventure à la rencontre des forets du monde, elle se poursuit, avec pour prochaine destination la foret du Grand Ours, en Colombie Britannique….

A suivre!

Ecrit par Asso Kernunos in: Ecoles, Non classé, Primorie, Sons, Velo | Mots-clefs :, , , , , , ,
août
04
2010
0

Sixhote-Aline, de bas en haut…

p1030291La Primorié, c’est aussi une épreuve physique. Le centre-bretagne puissance 10. Une enfilade de hautes collines et de vallées, sur lesquelles viennent jouer les nuages, engloutissant parfois des montagnes entières. On bénit les rivières d’eau pure et fraiche, si nombreuses et si claires, qui nous sauvent bien souvent de l’implosion cocotte-minute: à plusieurs reprises il nous faut pousser- et c’est dur-, lever le poids d’un an et demi accumulé dans nos sacoches, au delà de mini-cols trop abruptes.

p1030128 Un type patauge dans un ruisseau qui ressemble à une grande mare. Il passe et passe son épuisette, comme s’il récoltait des algues vertes. “Vous cherchez quoi - Attend, je vais vous montrer“. Des mini poissons à grande bouche. De grands voraces, capables de bouffer en une fois l’équivalent de leur propre poids. Valentin en bon pêcheur, régule leur population, pour que la voie soit libre et que Xharius et Lenok aient une chance d’atteindre les hauteurs, où ils deviendront bien gros et bien bons.

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récoltes...

Une fois encore les gens sont là pour nous pousser et nous faire profiter des richesses de

... pour tous les goûts

... pour tous les goûts

la Primorié… A Lazo, à défaut de

... et si gracieusement présentés!

... et si gracieusement présentés!

pouvoir passer quelques jours en pleine taïga-zapovednik (il faut pour ça mobiliser un garde-du-corps, et vu la paye ridicule- 5000 roubles par mois, quant on pense qu’un forestier peut engagner 20 000 en une semaine!- l’effectif n’est pas suffisant pour se le permettre),  Olessia du zapovednik, nous arrange l’expédition jusqu’à l’île de Petrov. Une pluie de plusieurs jours, puis une journée de soleil nous vaudra le plaisir de rencontrer de ces cèpes que rien qu’à les sentir on tombe de plaisir.

Sur les hauteurs de Lazo

Sur les hauteurs de Lazo

Dans les bas de l’histoire, on nous conte encore oh combien c’est dur de préserver un endroit du braconnage, des incendies (au début du 19eme, une invasion Chinoise s’est mise à défricher des terres, mettant le feu à la forêt. N’ont repoussé que des chênes), et des riches chasseurs organisés en groupes armés. Tous les employés du zapovednik (des vrais amoureux de la nature!) doivent se créer d’autres activités pour obtenir de quoi vivre. Quand on entend le témoignage de certains garde-forestiers qu’ont terminé à l’hopital après les représailles de braconniers mécontentés, on comprend qu’il s’agit d’une vraie guerre… armée. Un scientifique passant presque tout son temps en forêt a étudier les serpents, nous dira: “Que j’élève une veau ou un cochon pour le manger, soit, si c’est moi qui l’a nourri, j’ai le droit de décider de sa mort. Mais de quel droit puis-je me permettre de prendre la vie d’un animal sauvage?

Ecrit par Asso Kernunos in: Primorie, Velo | Mots-clefs :, , , , , , , , ,
août
04
2010
0

Jusqu’au bout d’un bout du monde

p1030203Les départs, c’est toujours un peu dur. Les hommes s’échangent leurs couteaux, les filles colliers d’os de poisson et pots d’écorce de bouleau, et tous fortes embrassades. Un petit goût d’échec teinte notre départ: les hauteurs sauvages de la Bikin gardent leurs secrets… Mais il nous faut toujours continuer, telle est la première des conditions d’un long voyage.

p1030146p1030199Après quelques jours de demi-tour, on bifurque une nouvelle fois pour s’enfoncer vers les monts verts du Sixhote-Aline. Parait-il qu’elles sont bourrées de métaux de toute sorte (Liosha disait: toute la table de Mendeleïev!), de sources minérales, acides ou ferreuses, guérisseuses et visitées par pleins d’éclopés qui finissent par repartir du bon pied rejoindre leur mégapole. L’océan n’est plus très loin, mais la route, toujours, nous réserve toutes ses embuches…

Bivouak solitaire

Bivouak solitaire

Déjà, elle redevient piste très rapidement. Il pleut et il fait lourd. A plusieurs reprises on se retrouve coinçés sous la pluie à attendre qu’elle passe: impossible de coller ces maudites rustines quand tout est archi mouillé. Mais la perfidie d’Iléonord va plus loin encore: toutes les anciennes rustines se décollent une à une!!! Et pour de malheureux grains de sable, les nouvelles se percent après quelques coups de pompe… et quand elles arrivent enfin à tenir, c’est la valve entière qui s’arrache! Sans parler de la jante déjà bien abîmée qui rend son âme pour de bon. A l’évidence, Iléonord ne peut plus continuer. On se quitte un matin sous la pluie, Christophe continue vers la mer, Marilia fait demi-tour avec son éclopé (s’il lui suffisait de boire un peu d’eau de source pour que ses roues s’remettent à tourner…), trouver de quoi le réparer.

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Une semaine plus tard on arrive a se retrouver dans le port d’Olga, après avoir chacun respiré l’air iodé de la mer du Japon. Toucher un autre bout du bout du monde, après un an et 4 mois de voyage, nous bouleverse tout autant que la tournure que prend notre aventure, qui nous dépasse…

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Ecrit par Asso Kernunos in: Primorie, Velo | Mots-clefs :, , , ,
juil
01
2010
0

Guyane Russe

Rafik, Azeri d'Oussouriisk

Rafik, Azeri d'Oussouriisk

"Plantage" de la tente dans "la cour"

"Plantage" de la tente dans "la cour"

A la frontiere Chinoise, on nous oblige a grimper dans un de ces bus russes qui passent les faiseurs mensuels de bonnes affaires. Le no-mans-land a traverser sont 15km en pleine montagne toute verte d’une epaisse foret. Dans le bus une dame nous invite au Bania, un type nous file son adresse a Seattle, au poste un douanier s’emporte en rigolade, au village suivant un jeune gars nous offre des concerves lestees d’un bon kilo de sucre…A Oussouri c’est Rafik qui nous accueille, malgre ses 5 enfants, son manque de place, et sa pauvrete pecuniere. Pour la route, lui et sa femme nous offre un poulet entier bouilli, et des patates. Ils nous auraient presque bordes comme pour leurs propres enfants.

On retrouve grands gaillards blonds et cantinieres maternelles (celles-la nous offrent du Bortch), bouffe de base (avec mayonnaise) et magasins degarnis (avec Pain et beurre, ce qui n’est pas negligeable). On retrouve surtout cette immensite de nature laissee a elle-meme. O comme ca fait du bien d’embrasser du regard des espaces verts, des collines aux formes normales, et de l’eau qui en coule… Encore une fois, le contraste avec la Chine nous rappelle que l’etat de l’environnement est directement lie a la volonte politique du pays.

p1030021La route qui mene a Ussuriisk est infestee de militaires. Chars, Kamaz verts, helicos… qui a notre grande surprise, nous doublent sans klaxonner. La Primorie nous fait penser a la Guyane, version Russe: dans les annees 30 ce sont bagnards et aventuriers volontaires qu’en a envoyer defricher et construire les villes, essentiellement destinees a heberger ouvriers forestiers et militaires. La foret de la primorie, avec ses chenes a larges feuilles, ses Pins de Japon, ses noyers de Mandchourie, est la plus riche de toute la russie. 15 ans ont suffit pour qu’elle soit completement exploitee autour des axes de circulation.

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Sieste-camoufflage anti-moucherolles

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p1030031p1030033350km plus au nord on bifurque sur une piste. Une armee de taons nous escorte (chacun la sienne). On traverse une premiere fois la riviere Bikin. C’est en remontant sa rive que nous esperons rencontrer les heritiers des Udeges et des Nanais, les dernieres chasseurs-pecheurs des forets de la Primorie. Si la piste existe encore, c’est pour la derniere entreprise forestiere rescapee (sur 6 ou 7 de l’epoque). 80km de montees et de descentes plus loin, aux portes du village de Krasnii Iar, nous rencontrons notre premier “Dersou Uzala”, qui nous offre un bout de gibier congele (mais aussi du poisson frit tout frais sorti de la riviere, une bouteille de lait, des spirales anti-moustique, de la vodka et des sirniki). La bete d’ou provient le gibier a un nom de bison, depasse la taille du cerf, mais pas celle de l’Elan. Quant aux animaux specifiques de la region, l’un a un visage de lievre sur un corps de chevreuil, et l’autre, s’appelle le Tigre, evidemment. (Ca ressemble completement a de la fantasmagorie Chinoise, tout cela!!)

Liosha et Kolia sont forestiers. Leur base jouxte celle des Chinois. Tous nous le disent, aussi riche soit-elle, la Primorie est bientot toute deplumee. La ou des forets incomparables abritaient des betes fabuleuses, il ne reste plus que des marais , bons a planter du riz… Mais Chinoiseries que tout cela…

Ecrit par Asso Kernunos in: Primorie | Mots-clefs :, , , , , , , , ,
juin
06
2010
0

En images…

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… histoire de vous epargner des ambiances sonores: le pays du milieu, c’est surtout l’empire du BRUIT. Visas russes en poche, nous reprenons le pedalage intensif en direction du nord-est, a travers les provinces de Mandchouries, qui s’averent un petit peu plus “nature” que celle de Mongolie Interieure. Petit florilege d’images pour mieux extrimer les contrastes internes de ce pays en bouleversement…

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p1020819p1020912Et puis malgre la peur suscite par les lois concernant les etrangers (TOUJOURS cette interdiction de resider dans de petits hotels chinois), nous faisons enfin plusieurs rencontres de gens avenants, le temps d’un repas, d’un petit repos, ou d’une reparation… Notre premiere pangyo (amie) nous demande meme de l’appeller une fois revenus chez nous, pour qu’elle soit rassuree. Partout ou nous nous arretons, en 3min une foule compacte de curieux s’amasse. Les femmes de 50 ans n’hestient pas a toucher Marilia, de gestes maternels bienveillants.

p1020865p1020860p1020969Un groupe de cyclistes organisent toute une rencontre aupres du directeur de leur centre sportif, avant meme que nous soyons au courant. Ils viendront en velo a notre rencontre, et nous pousseront pour arriver plus vite au repas de frites au sucre, omelette, poisson et soupe de fruits, servi sur table tournante. La derniere rencontre sonne comme un au-revoir de bon augure: le jour meme de notre passage en russie, nous croisons LE velo-routard national, 61 ans, celebre dans tout le pays pour faire un pelerinage par an d’une frontiere quelconque au Tibet.

Enfin, les derniers jours de pedalage nous font traverser des montagnes boisees, qui nous donnent un petit apercu de ce qui nous attend, de l’autre cote… p1020979Nos connaissances en botaniques sont trop maigres pour savoir nommer tous les arbres que nous rencontrons, alors on les invente: il y a le chene a larges feuilles, le bouleau a larges feuilles, le noyer a larges feuilles et a longs (tres longs) chatons, le noisettier a larges feuilles, etc… et meme un individu tout special: “l’arbre a pluie”!!! Il faisait grand ciel bleu, pourtant, mais des gouttes perlaient en dessous. Les sous bois sont tous parcourus (RIEN, ici, ne se perd) pour du bois mort ou la recolte des pousses de fougeres, ensuite vendues en salade dans les petits restos.

C’est apres 2200km en 20 jours (les montagnes deja russes de la chine  nous vaudront quelques douleurs articulaires…) que nous quittons la Chine (le 31 mai), pour retrouver de vieilles connaissances russes… les moustiques! (qui prennent bien soin de ne pas traverser la frontiere…)

Ecrit par Asso Kernunos in: Chine, Non classé, Trucs de saison, Velo | Mots-clefs :, , , , , ,
mai
06
2010
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Entre des murs

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A force d’avancer on a fini par quitter la Mongolie Intérieure, pour arriver vraiment “en Chine”. On retiendra du paysage naturel une montagne unique (sûrement sacrée) ayant conservé ses belles formes.

p1020693p1020697La Chine se protège (à l’époque des Mongols, aujourd’hui du désert), derrière sa Grande Muraille, que nous traversons sans en voir plus que quelques vieilles tours de glaise perchées sur les crêtes. Le 1er village en descendant du col, est fait lui aussi de glaise, et entouré de larges et hauts murs qui ont su résister au temps, aux invasions successives, et aux destructions du vieux pour que du neuf émerge, condensé à la verticale… mais qui devient souvent très vite moins fonctionnel que ces mini-barques d’antan, avec le puit à l’intérieur, la banquette unique, la terre cuite par terre, et des toits réparables (à la glaise, toujours), au fur et à mesure que le temps les émousse.

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Vue du verger (pas encore fleuri) de notre premier campement.

Ce jour là, une première touche de vert dans le décors si ocre-terre, est apparue. Le lendemain, la première pluie depuis le kirghizstan (octobre), le jour suivant le premier bivouak sous la tente depuis longtemps!

Ecrit par Asso Kernunos in: Chine | Mots-clefs :, ,
mai
04
2010
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Enterrement

p1020663A chaque fois qu’on met pied-à-terre, en moins de 5minutes on se retrouve entourés d’une foule de curieux au visage parfois tellement abasourdi qu’il en est peu acceuillant. Alors, le jour où on a appercu un atrouppement de bord de route, accompagné de musiciens, on a pas hésité à aller voir.

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p1020654Une brochette de gens vêtus de blanc et ceinturés de rouge sont rassemblés autour d’un fût dans lequel ils brûlent continuellement des faux billets et autres vieux documents. Parmis les instruments, une bombarde chinoise joue sans complexe, à fond de décybelles. Avant de voler la vedette, on rentre en plein dans la foule, regarder de plus près. On nous lance des cigarettes, des bonbons, etc… Des fleurs en parpier crepon énormes  recouvrent toute la longueur du mur.

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le pleureur qui fait rire

A l’intérieur, l’autel. Rien à voir avec nos plaques sobres de granite en dorures! Quand la musique cesse, les pleureurs prennent le relais, en chanson et au rythme de leurs plaquettes de bambou qu’ils entrechoquent dans leurs mains. Le 1er pleureur a réellement fait couler ses larmes, et pourtant ses paroles faisaient rire la foule. Après sa performance, on lui a offert un billet.

Après une bonne demie-heure on tente de repartir, mais la foule nous suit et nous entoure. Une femme nous invite au repas. On fera une 2ème tentative d’escapade avant qu’on ne nous installe sur la banquette chauffante de la baraque. 2 plats de viande, oeufs frits au lard, salade de pâtes, beignets bien bourratifs, pains ronds blancs, bière et cigarettes… Ce n’est qu’après tout cela qu’ona eu le droit de repartir.

Ecrit par Asso Kernunos in: Chine, Trucs de saison | Mots-clefs :, , , , ,
mai
04
2010
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Première (1)pression

nouvelle ville "champignon"

nouvelle ville "champignon"

Carrière

Carrière

Traverser la Mongolie Intérieure sur cette route n’est pas la meilleure introduction que l’on puisse faire. Peut-être la pire. Mais c’est peut-être la manière la plus radicale de prendre conscience des dualités chinoises. Mais avant d’y comprendre quoi que ce soit, on pédale vers Pékin, éberlués, hallucinés (et tristes aussi parfois) à voir l’usage que les Chinois font de la terre.

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"Prière de ne pas écraser la petite souris rouge qui se faufile au milieu..."

Après le Gobi libre des steppes, des clotures réapparaissent, parquant quelques rares animaux ayant le privilège de vivre dehors. Ici on replante à tous les étages, de plantes basses a des arbres déjà hauts pour lutter contre l’avancée du désert et l’ensablement des routes. Pendant 2 jours un vent de opussière nous fouette le visage, qui nous ensable narines, yeux et oreilles  à cause surtout des innombrables pelleteuses de chantier remuant partout les sols. Partout des mines de charbon, de gravillons, etc… rongeant les montagnes. Sur la route des files compactes de camions de charbon passent en klaxonnant, de quoi nous faire monter en pression même s’il s’agit d’encouragements. On finit par leur gueuler dessus, mais eux sont déjà loin, et loins de pouvoir nous entendre.

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petit paysan avec sa vache et sa mule

A coté de ça les paysans travaillent encore tous à la main. Une pelle, un soc tiré par une vache. Mais ils sont tellement nombreux, qu’ils parviennent encore à cultiver d’étroites bandes de terre soit au bord de la route, soit perchées sur des terrasses de la montagne. Ce qui est sûr: pas une parcelle de liberté, de respiration, de “propreté”. A force on se croirait presque “hors sujet”: de la nature vierge, en Chine, ce n’est plus à l’ordre du jour depuis déjà une bonne centaine d’années. Par contre en ce qui concerne la relation que les Chinois ont avec leur environnement, même si pour l’instant on les voit vivre dans de véritables cloaques, et tout bouffer de la matière donnée par la terre, on comprendra mieux plus tard l’aspect critique de la situation…  

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Vue de la fenêtre de la chambre d'un petit hôtel routier, qui lui ne nous a pas "dénonçé" à la police locale... Et puis à voir comment on était couverts de boue, y'avait bien que lui pour nous accepter!!

Pour finir sur ces premières opressions, il y a les lois chinoises qui nous obligent à sormir dans des hôtels habilités à recevoir des étrangers. Quand on est allé demander l’hospitalité, personne ne nous a comprit (semble-il), et on a plutôt eu l’impression de leur poser problème. La solution pour que la situation revienne à sa “normalité”, c’est d’appeller la police (très charmante cela-dit), qui nous accompagne là où notre “cathégorie” peut être “casée”.

Heureusement, d’autres nous ont parlé selon leur propre coeur, d’autres nous ont offert un peu d’eux, sans trop se compliquer la vie…

Ecrit par Asso Kernunos in: Chine | Mots-clefs :, , , , , , ,
avr
30
2010
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Choc Chinois

p1020629Une frontière, en plein désert. Pour la passer sans soucis, on doit louer une voiture. La Chine est LE pays du vélo, mais il est interdit de s’y à vélo. On doit pourtant passer la douane avec eux, munis de toutes leurs sacoches. Au final, c’est juste une histoire de numéro de plaque d’immatriculation: on peut remplir la case du formulaire, c’est ça qui compte. Sans poireauter 3h ni ouvrir une seule sacoche, on s’est retrouvés de l’autre côté.

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p10206363km et c’est le choc: dans les vitrines des premiers magasins s’alignent des pelleteuses gigantesques. Les rues deviennent avenues, des centaines de vélos-tricycles-bicycles électriques, etc… apparaissent, des boutiques vendant mangues, mandarines, ananas et produits frais comblent les trottoirs. Une ville énorme, avec des feux rouges et du monde partout. On en sort bien vite pour se persuader qu’on est toujours bien en plein Gobi. La piste est devenue auto-route.

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avr
29
2010
0

Panne fatale

Pour pas y passer aussi vite que le vent, on pouvait bien compter sur nos vélos. Le journée est ponctuée de crevaisons et de demi-tours. Le dernier a pour cause le porte bagage d’Iléonord qui casse pour la 4 ou 5ème fois du voyage. Faut dire que ça secoue. Heureusement, les Mongols sont toujours de bonne volonté pour filer des coups de mains. La réparation se fait rapidement, avec en prime une invitation à rester pour la nuit. Tof décide d’assurer ses boulons. Sauf qu’à trop les resserrer, celui de l’axe arrière casse, avec un bout d’axe coincé à l’intérieur… LA pièce unique, celle qui porte les accroches de la remorque. Impossible d’en trouver une 2ème pareille. Bon, y’a plus qu’une solution à trouver.

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nos sauveurs

nos sauveurs

Un soudeur, avec si possible un poste à soudure (ou le contraire, mais faut la paire!) Après avoir vu tous les voisins défiler devant la pièce et notre problème, un premier soudeur tente le coup. Mais il n’avait pas de poste. Au gaz, dans sa piaule, avec des bouts de carton. Ça n’a pas marché. Le 2ème soudeur (avec poste) du village n’était pas là. On a finalement déniché notre homme, qui a dû ôter le bout d’axe du boulon, couper l’axe en 2 pour y souder le bout récupéré. Oufff! On se voyait vraiment pas prendre le train…

En attendant que ça se fasse, on fait connaissance. Comme le chômage et l’alcool semblent bien répandus (ici on picole la vodka à grands verres sans aucun esprit), on fait l’animation accessoire pour toute l’équipe.

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Ecrit par Asso Kernunos in: Mongolie, Velo | Mots-clefs :, , , ,
avr
29
2010
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Sur les pistes de Gobi

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"merde! c'est pas indiqué sur la carte!!"

On nous avait prédit de la neige…mais sur la piste ne survivent que des cailloux, parfois réduits à l’état de mini gravillons sableux. Le soleil chauffe comme pour un vrai printemps. Le vent clément fige encore nos chairs quand on s’arrête trop longtemps. On a fait 6km sur la route aux abords jonchés de plastiques avant d’êtres déviés sur la piste… enfin, sur LES pistes. C’est d’ailleurs ça le truc génial: on peut naviguer de bâbord à tribord ou même tracer un itinéraire encore jamais parcouru, et pédaler au gré des endroits pas trop ensablés. Grandeur Terrestre. Ça fait du bien de sentir sous ses pieds la terre libérée de sa couche de neige et de glace.

On nous prédit aussi toujours des étendues sans personne. Mais même en plein désert il y a toujours des gens. Jusqu’à Sainchand (220km après l’asphalte), la piste longe la voie ferrée sur laquelle s’égrènent les petites stations aux maisons toutes identiques, où nous trouvons de l’eau et parfois un squat pour la nuit. Les quelques mines de charbon font jaillir 2-3 villes. Quant aux rares touffes d’herbe, elles suffisent à nourrir de grands troupeaux.

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Gobi ensablé

Cela dit, même si la dimension que la piste donne à l’aventure est grandiose, faut y mettre un bon paquet d’énergie pour avancer. Hormis les crevaisons régulières à causes de micro-épines, le vent fait sa loi. D’un instant à l’autre c’est la tempête de sable, le cagnard qui cogne, le froid saisissant ou bien tout à la fois. Le temps d’une pause casse-croute un jour le vent se lève, très sérieusement. A l’Ouest l’horizon se brouille, devant la vue se rétrécie. On tombe à temps sur la station n°33, où on nous loge dans un des appartements vides. Le vieux d’à côté nous invite à cuisiner chez lui, et comme on sortait pas de viande de nos sacs plastiques, il nous apporte un bout de viande sèche. Le vieux l’effrite dans ma main. “Stop! Une cuillerée, ça suffit! Ghenggis emportait ça lors de ses conquêtes: ça se perd pas, c’est léger et ultra-nutritif”. Le lendemain le vent est tombé, mais a rendu la piste ondulée comme des tôles. Crevant. De quoi y perdre tous ses boulons. Mais à trop les resserrer, on risque presque pire… (cf la suite)

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Gobi ensablant

Ecrit par Asso Kernunos in: Mongolie | Mots-clefs :, , ,
mar
31
2010
1

Requiem pour Bialowieza

Petit retour en arrière…

Après plusieurs péripéties, voici enfin le premier film retraçant notre parcours.

C’était au début de notre tour du monde : première étape et retour dans la forêt de Bialowieza pour présenter le film Glaz aux habitants de la forêt…

Ecrit par Asso Kernunos in: video | Mots-clefs :, , , , , , , , , ,

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