août
11
2010
2

Dernier acte

Vladivostok, la où tant de voyages commencent, ou se terminent. Kernunos ne déroge pas a la règle, et comme a son habitude, amplifie le processus a son intensité maximum. Alors pour commencer, il faut déjà tout terminer…

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Les explorateurs de l’époque avaient bien choisi leur endroit: atteindre Vladivostok n’est pas chose facile, même une fois libérée de ses barrages militaires. 50km de grimpées sévères à répétition (on aurait pu choisir la grosse route aux courbes adoucies, mais le jour où on optera pour la facilité urbanisée,…) le long de la côte boisée, de plus en plus fréquentée. La route nous éprouve au point de craquer totale sans plus pouvoir y respirer (Marilia). Les camions crachant du noir, les enfilades de bagnoles qui ne se rendent pas compte du mal qu’elles font, la poussière sans cesse remuée par les hommes… tout ca nous est dégueulé en pleine figure sans aucune marge de manoeuvre, sans un mètre de bas cote pour espérer y échapper. Paradoxalement, c’est presque un soulagement d’arriver en pleine ville: le centre de Vladivostok, c’est son port, sa gare, sa plage, coinces sur d’étroits rivages, entre collines et mer brumeuse. Du vent, de l’air, et des gens qui nous aident a trouver du repos.

p1030325p1030369On débarque dans l’auberge-de-jeunesse-appartement ou la plupart des routards étrangers se ramènent, y régler leurs histoires d’enregistrement (les russes semblent de plus en plus pointilleux sur la question), de billet de train ou d’avion, de bateau pour la Corée ou le Japon, de contenaire pour leur vélos ou leurs motos, de retour, ou de départ, bref, les réalités que tout voyageur doit a un moment donne se coltiner. Pas drôle. D’autant plus que voila: Marilia décide de rester encore un temps en Primorié.

p1030278Ca a tout l’air d’un scoop, bien qu’on ne soit pas des stars… Ou d’une superbe action commerciale qui fera exploser les ventes du second tome de cette aventure, pour un peu qu’on parvienne a en écrire le premier… Mais rien de tout ca, ni même d’un coup de tête. Simplement le besoin de se poser un temps, la ou la taïga a garde ses mystères. Car a toujours parcourir, on (Marilia) ne s’apercoit plus de l’unicité magnifique de chaque monde. On jette un oeil furtif sur la vie de nos rencontres, on apprend, on écrit tout, comme un capital qui s’amasse sur des pages blanches. Mais on repart toujours trop vite, sans donner de nous tout ce qu’on a pu jusque-la récolter. Et de Tremargat à Krasnii-iar, sur quelques 16 000 km d’aventures, l’Eurasie nous a offert ses espoirs, ses visions d’avenir, mais aussi la conscience de ses impasses grandissantes.

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p1030344p1030327Billet de ferry Coreen pour Marilia, billet d’avion Canadien pour Christophe. Mais avant tout on s’offre un dernier billet commun pour un ile, encore une, au large de la ville. Le temps de réaliser qu’on s’est chacun emplis de la force de l’autre, qui nous sera nécessaire pour la suite du voyage. De quoi se dire aussi combien on s’est aidé à se réaliser à travers cette traversée Kernunosienne de tout un continent.

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Nos chemins continuent a suivre  la voie des rêves, quant à l’aventure à la rencontre des forets du monde, elle se poursuit, avec pour prochaine destination la foret du Grand Ours, en Colombie Britannique….

A suivre!

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août
04
2010
0

Sixhote-Aline, de bas en haut…

p1030291La Primorié, c’est aussi une épreuve physique. Le centre-bretagne puissance 10. Une enfilade de hautes collines et de vallées, sur lesquelles viennent jouer les nuages, engloutissant parfois des montagnes entières. On bénit les rivières d’eau pure et fraiche, si nombreuses et si claires, qui nous sauvent bien souvent de l’implosion cocotte-minute: à plusieurs reprises il nous faut pousser- et c’est dur-, lever le poids d’un an et demi accumulé dans nos sacoches, au delà de mini-cols trop abruptes.

p1030128 Un type patauge dans un ruisseau qui ressemble à une grande mare. Il passe et passe son épuisette, comme s’il récoltait des algues vertes. “Vous cherchez quoi - Attend, je vais vous montrer“. Des mini poissons à grande bouche. De grands voraces, capables de bouffer en une fois l’équivalent de leur propre poids. Valentin en bon pêcheur, régule leur population, pour que la voie soit libre et que Xharius et Lenok aient une chance d’atteindre les hauteurs, où ils deviendront bien gros et bien bons.

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récoltes...

Une fois encore les gens sont là pour nous pousser et nous faire profiter des richesses de

... pour tous les goûts

... pour tous les goûts

la Primorié… A Lazo, à défaut de

... et si gracieusement présentés!

... et si gracieusement présentés!

pouvoir passer quelques jours en pleine taïga-zapovednik (il faut pour ça mobiliser un garde-du-corps, et vu la paye ridicule- 5000 roubles par mois, quant on pense qu’un forestier peut engagner 20 000 en une semaine!- l’effectif n’est pas suffisant pour se le permettre),  Olessia du zapovednik, nous arrange l’expédition jusqu’à l’île de Petrov. Une pluie de plusieurs jours, puis une journée de soleil nous vaudra le plaisir de rencontrer de ces cèpes que rien qu’à les sentir on tombe de plaisir.

Sur les hauteurs de Lazo

Sur les hauteurs de Lazo

Dans les bas de l’histoire, on nous conte encore oh combien c’est dur de préserver un endroit du braconnage, des incendies (au début du 19eme, une invasion Chinoise s’est mise à défricher des terres, mettant le feu à la forêt. N’ont repoussé que des chênes), et des riches chasseurs organisés en groupes armés. Tous les employés du zapovednik (des vrais amoureux de la nature!) doivent se créer d’autres activités pour obtenir de quoi vivre. Quand on entend le témoignage de certains garde-forestiers qu’ont terminé à l’hopital après les représailles de braconniers mécontentés, on comprend qu’il s’agit d’une vraie guerre… armée. Un scientifique passant presque tout son temps en forêt a étudier les serpents, nous dira: “Que j’élève une veau ou un cochon pour le manger, soit, si c’est moi qui l’a nourri, j’ai le droit de décider de sa mort. Mais de quel droit puis-je me permettre de prendre la vie d’un animal sauvage?

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août
04
2010
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Jusqu’au bout d’un bout du monde

p1030203Les départs, c’est toujours un peu dur. Les hommes s’échangent leurs couteaux, les filles colliers d’os de poisson et pots d’écorce de bouleau, et tous fortes embrassades. Un petit goût d’échec teinte notre départ: les hauteurs sauvages de la Bikin gardent leurs secrets… Mais il nous faut toujours continuer, telle est la première des conditions d’un long voyage.

p1030146p1030199Après quelques jours de demi-tour, on bifurque une nouvelle fois pour s’enfoncer vers les monts verts du Sixhote-Aline. Parait-il qu’elles sont bourrées de métaux de toute sorte (Liosha disait: toute la table de Mendeleïev!), de sources minérales, acides ou ferreuses, guérisseuses et visitées par pleins d’éclopés qui finissent par repartir du bon pied rejoindre leur mégapole. L’océan n’est plus très loin, mais la route, toujours, nous réserve toutes ses embuches…

Bivouak solitaire

Bivouak solitaire

Déjà, elle redevient piste très rapidement. Il pleut et il fait lourd. A plusieurs reprises on se retrouve coinçés sous la pluie à attendre qu’elle passe: impossible de coller ces maudites rustines quand tout est archi mouillé. Mais la perfidie d’Iléonord va plus loin encore: toutes les anciennes rustines se décollent une à une!!! Et pour de malheureux grains de sable, les nouvelles se percent après quelques coups de pompe… et quand elles arrivent enfin à tenir, c’est la valve entière qui s’arrache! Sans parler de la jante déjà bien abîmée qui rend son âme pour de bon. A l’évidence, Iléonord ne peut plus continuer. On se quitte un matin sous la pluie, Christophe continue vers la mer, Marilia fait demi-tour avec son éclopé (s’il lui suffisait de boire un peu d’eau de source pour que ses roues s’remettent à tourner…), trouver de quoi le réparer.

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Une semaine plus tard on arrive a se retrouver dans le port d’Olga, après avoir chacun respiré l’air iodé de la mer du Japon. Toucher un autre bout du bout du monde, après un an et 4 mois de voyage, nous bouleverse tout autant que la tournure que prend notre aventure, qui nous dépasse…

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août
02
2010
0

Et au-dela, qui survivra?

img_3721C’est sur le bassin moyen de la Bikin, sur quelques 200km en amont, qu’ Udeges et Nanaï se partagent leurs territoires de chasse. Pour conserver ce droit, ils ont du repousser les assauts de plusieurs entreprises d’exploitation, puis les élans d’organisations écologistes comme Greenpeace qui aurait bien fait de toute la zone un zapovednik doublé d’un titre UNESCO. Mais les gens de Krasnii-iar ne veulent pas être mis sous cloche.

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Gingseng replante

Gingseng replante

Pour la defense des Chevreuils...

Pour la defense des Chevreuils...

Si le bassin de la Bikin est encore intact, c’est parce qu’aucune route (ou presque) n’y accede. Mais au-delà des cols, les engins d’exploitation oeuvrent, venant soit de la mer, soit du pays de Xhabarovsk, le long de l’unique route asphaltee qui traverse la Taiga, et se termine sur un pont, au-dessus de la Bikin. Par faute de sous et de marecages a repetition l’artere gouderonnee n’a pu aller plus loin, mais sert de tapis rouge a la venue de toutes sortes de profiteurs.  

"viens dans mes bras, mon petit..."

"viens dans mes bras, mon petit..."

L’alternative actuelle s’appelle “Tigr”. Elle se veut être une association locale (…branche dérivée de l’administration forestière) dont le but est de conserver la culture indigène et la biodiversité de la Bikin. Soutenue par WWF, elle loue a l’Etat sur du long terme les territoires traditionnels de chasse. Mais le fric injecté n’empêche ni les coupes,  ni les privilèges, ni le braconnage…  D’ailleurs des Russes nous ont dit: “Nous sommes tous braconniers. Il nous est interdit par les lois de pêcher sur nos propres terres. Mais les dirigeants, eux, ne se privent pas, et survolent en hélico leurs proies du jour. Pour un peu qu’un garde-peche appercoive un touriste dans la barque d’un chasseur, il vient direct chercher sa part. Les pires ce sont bien ceux du fond de conservation de l’environnement: pour des éoliennes ils te taxeraient, prétendant que tu voles le vent!!”

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Champignons en or...

Ira et Raia, avec d’autres femmes du village, fabriquent des souvenirs pour le compte de Tigr. Leur atelier finance par WWF compte une bonne demi-dizaine de machines a coudre. Mais elles doivent encore quemander leur paye. “Si je pouvait partir en ville, bien sur qu’je le ferais. Ici, pas de travail pour les femmes, a part l’ecole, le dispensaire, la poste et 3 magasins. - Et les cueillettes de saison, ca aussi c’est du travail, non? Tigr vous achete tout ca aussi, non? - Oui mais ca dure jamais longtemps. Les fougeres par exemple: 2 semaines, et c’est fini! Nous on cherche un travail permanent. La securite, quoi…”

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Kolia et sa fille

Une version de mec, toute differente. C’etait apres la vodka sur la greve. On a continue chez Jenia, un de ces type taille dans une armoise a glace (style Nanai). La conversation a propos d’hommes et de femmes le laissait plutot muet, jusqu’a ce que la Liberte vienne tout emporter. “Nous sommes les derniers chasseurs de ce monde. Russes et gouvernement voudraient nous transformer en paysans ou forestiers, en bons chretiens civilises. - Jenia ouvre ses yeux revoltes- Je suis chasseur, et sans ca plus rien! Si tu savais la-haut, a 200-300km sur la riviere, comme c’est BEAU!- et il ouvre ses bras et se renverse, comme terrasse par la grandeur du monde sauvage- Mais voila, d’ici 10 ans y’aura plus rien. Il ne nous reste aujourd’hui que de quoi faire vivre nos propres enfants, mais apres qui seront-ils, eux? Ils ne connaitront jamais la Liberte. Tu vois, c’est comme les Indiens, en Amerique, on nous encule litteralement. On nous prive de notre vie, on nous laisse survivre et crever dans ce village pendant qu’on construit des routes de tous cotes pour venir chercher les arbres a fric!”

p1030041p1030108Nous sommes alles a l’ecole. La taiga, ils la connaissent, aiment leur riviere, et savent bien que tout ca doit etre protege. Une jeune fille nous a demande: “Si vous etiez president, qu’est-ce que vous feriez pour ameliorer le monde?” Apres reflexion, je donnerais la responsabilite a tous les peuples, de decider pour eux-meme et pour la terre de leurs  enfants…

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juil
23
2010
0

… Etre Mange!

p1030058L’Homme a-t-il des predateurs naturels??? A Krasnii-iar, on n’en doute plus: oui, et bien oui. Ce sont evidemment les moustiques, mais on a trouve pire: les moucherolles de toutes les tailles qui se partagent intelligemment les crenaux-horaires et s’infiltrent absoluement partout. A peine visibles, elles t’arrachent des micro-bouts de peau et finissent par nous rendre tous a moitie fous. Les taons aussi gros soient-ils ne nous effraient plus. Quant aux tiques, en foret ils sont legion. Pas besoin de se pencher pour faire de belles recoltes!

Le remede le plus efficace, c’est la “Dimacour“.

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Baba Jenia

Il y a tres longtemps vivait une princesse Udege tres riche. Dans ses coffres des piles de vetements brodes. Le jour ou elle est morte, on l’a posee sur un bucher, comme le veut la tradition, avec tous ses effets personnels. Les piles de riches vetements se sont mits a fumer, tellement que la princesse a ete epargnee des piqures de toutes sortes, alors que tous les assistants se sont fait sucer le sang. Voila comment les Udeges ont decouvert la Dimacour.

Autrement dit faut s’enfumer quasi continuellement. Devant les portes des cuisines tronent des seaux remplis de debrits de bois et des mauvaises herbes du jardin. Ca fume, mais ca marche que pour ceux qui restent a la maison. Quand on part en foret, faut trouver d’autres solutions. Baba Jenia, la grand -mere, nous raconte comment ils s’en sortaient dans le temps… une couronne a bout pointu sur la tete, fiche d’une meche de tissu torcadee.  Interessant de savoir aussi qu’ici beaucoup de femmes fument, aujourd’hui des cigarettes, a l’epoque de ces pipes allongees…

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juil
23
2010
0

Manger…

Ira, Kolia, Raia, Jenia, notre petite famille de Krasnii-iar

Ira, Kolia, Raia, Jenia, notre petite famille de Krasnii-iar

“Touristes sauvages”, nous voila bien nommes! En plus de se pointer sans prevenir, seuls guides par la vie, ils veulent travailler!! La chose tombe a pic: Ira propose de nous loger en echange d’un coup de main au jardin. Son homme est parti pour 10 jours en amont de la riviere, et c’est le moment de tout semer. Sans oublier le cagnard qui oblige a faire de nombreux aller-retours pour chercher de l’eau au puit des voisins.

Ira ne s’emmerde pas avec les sentiments. Il lui faut vivre, avec ses 3 enfants, et les nourrir tous les jours. Pas de quoi s’emouvoir sde sang verse. “Y’a tout un tas de trucs que les gens ne veulent pas faire… les chats par ecemple: les gens veulent des chats, et puis le jour ou ils en ont trop et qu’ils ne peuvent plus les assumer, ben ils ne veulent pas non plus les tuer! Moi ca me derange pas, du moment qu’on me paye!”

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Muguet

Toute leur vie pourrait tourner autour de la quete de nourriture si l’argent n’avait pas tout detrone. Mais chez les Udeges, pour obtenir de l’argent, il faut d’abord savoir ramener de quoi manger.  La saison des fougeres est en train de se terminer, mais Ira et sa soeur Raia nous embarquent pour une derniere cueillette, avant que les jeunes crosses ne s’ouvrent trop et deviennent immangeables. Ira n’y croyait pas trop, mais une fois les pieds dans les hautes herbes, on ne peut plus y sortir le nez. Des fougeres on en a trouve, plus que necessaire pour faire un bon diner. On aurait pu en ramasser de quoi remplir quelques bocaux (une fois les fougeres salees), mais a quoi bon se’embeter si ca suffit pour aujourd’hui?! Y’avait aussi de l’angelique et du kuretchka, bon a bouillir pour des soupes ou des salades. Mais pour le coup Ira prefere jeter son devolu sur le muguet et quelques autres fleurs a la bonne odeur. Apres les fougeres fallait trouver de la viande. Elles auraient bien egorge le bouc d’une voisine (qui nous offre pourtant genereusement lait, the, pain et miel de saison). “Du bouc?? - Ben quoi, on mange de tout. ici, je t’ai dis!” Leurs yeux brillent quand elles evoquent ce moment ou le gibier tombe, et se ramene en morceaux a la maison.

img_3645Sur le retour l’oeil exerce de la Raia tombe sur des champignons de saule. L’exitation grandit. J’adore. Merci Dame Nature de ta generosite, elle nous rend heureux.

Le lendemain c’est Kolia, le mari de Raia qui mene la bande a la riviere. Il lui fallait bien un accolyte arme pour assurer la securite de notre effectif, vulnerabilise par notre presence.  Les pecheurs n’emportent pas que leur canne quand ils vont a la peche. Fusil en bandouillere, hors de son etui, pret a servir. Un homme devant, un autre derriere. Question de viande en premier lieu, puis de securite. Les Ours se cherchent ces temps-ci, et n’hesitent pas a attaquer. Tomber sur un Tigre est toujours probable, ici, ce n’est pas une legende. Mais surtout, on sait jamais, peut-etre un animal s’offrira a nos casseroles.

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Micha

La peche en riviere, c’est une vraie ballade. Le poisson n’est pas bete, si on l’attrappe pas du premier coup, autant migrer un peu plus loin. Avec leur experience, les gars remplissent bien vite leur nacelle de beaux xharius arc-en-ciel, celui qui aime les forts courants. Nous derriere on recolte ce qui reste de Galian, qui n’est pas deja en soi un gros poisson. Quelques jolis lenok finiront de garnir notre grillade du soir. Pour la pause tchai, au lieu d’ouvrir une concerve, Raia debite du poisson frais qu’on mangera cru en fines lamelles. Micha, lui, n’en veut pas. “T’es pas un vrai Udege, alors, na!” Faut dire qu’avant, le poisson servait meme a faire des vetements!

img_3646 p10300491 … euh, celui la c’est du gros, peche dans la grosse riviere, d’une toute autre facon.

juil
22
2010
0

Une ile

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Sous notre triple ciel bleu

Sous notre triple ciel bleu

Denis, notre anarchiste guide d'expe

Denis, notre anarchiste guide d'expe

Avant de vous parler des gens de Krasnii Iar, permettez-moi un petit “flash back” dans le futur, jusqu’a une ile de legende, perdue aux confins de ce bout du monde, sur la Mer du Japon. L’Ile de Petrov, en plus d’etre protegee par la mer, semble jalousement gardee par le zapovednik de Lazo, aupres duquel il nous faut obtenir les autorisations de camper quelques jours sur la baie, aupres de la base de la reserve. Il pleut. Les barques ne seront de sortie que 3 jours plus tard, en meme temps que nombre de touristes, pour une expedition expeditive sur l’ile. Apres toute la route parcourue  travers tant de contrees “devastees”, apres tant d’efforts sur les pistes ondulantes de la Primorie pour atteindre l’un de ces rares lieux sauvages (meme dans le Zapovednik, coupes et incendies sont venus a bout d’une grande partie de la vegetation d’origine),  les 2h qu’on nous alloue ressemblent a une peau de chagrin. Difficile de s’y inspirer suffisemment, afin de vous transmettre le meilleur. Mais malgre tout, on tente de mesurer la chance que nous avons de  survoler un tel endroit.

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Liane d'actinide

Liane d'actinide

L’ile est un vestige de toutes les richesses de la Primorie. Sur 36 hectares  se concentrent plus de 400 especes de plantes, qui vont du Pin de Coree au “Dimorfant“, cet arbre a la peau dur de la meme famille que le Gingseng, et qui donne un miel des plus delicieux. A peine debarques on penetre dans un sous bois a l’odeur fraiche… couvert d’Ifs! Grace a la resistance de son bois, des lianes d’Actinide (dont les baies kishmish ressemblent au kiwi), agees de plusieurs centaines d’annees, courent jusqu’au ciel ou elles perfectionnent la canopee si richement metissee. Metissage, voila bien le maitre mot qui caracterise les forets de la Primorie. Nulle part ailleurs on ne trouvera des edelweis pousser non loin de vignes sauvages, des Noyers cohabiter avec des Pins, ou bien encore des Tigres et des Leopards des neiges. Les noms latins le revelent: Chene de Mongolie, Tilleul de l’amour, Noyer de Mandchourie, Pin de Coree, Cerf du Japon, etc…

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If

If

p1030238La richesse de l’ile est aussi historique. Ici etaient implantes les Djourdjen, sedentaires venus des regions Est du Baikal, ayant forme un empire qui s’etendait jusqu’au centre nord-est de la Chine. Cette civilisation avancee avait son empereur, son premier ministre et son homme de loi, ses theatres, ses objets d’art, et boudhisme et chamanisme pour religions.  L’ile etait alors un sanctuaire habite par les moines. Vers 1200, les Mongols de Genggis Khan se sont allies aux Chinois (alors retenus derriere leur Grande Muraille), afin d’en finir avec l’Empire Dore. De plusieurs millions de personnes, la population de la Primorie s’est reduite a quelques 50 000 survivants, ayant reussi a fuir vers les sources et les montagnes sauvages du centre de la region. Apres avoir connu la vie d’une haute civilisation, les Djourdjen sont redevenus nomades chasseurs et pecheurs. C’est ainsi que sont nes les peuples Udeges, Orochis et quelques autres, grace aux Mongols, en quelque sorte… (c’est la Taiga toute entiere qui doit elle aussi les remercier!)

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Ecrit par Asso Kernunos in: Non classé, Primorie | Mots-clefs :, , , , , , , ,
juil
01
2010
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Guyane Russe

Rafik, Azeri d'Oussouriisk

Rafik, Azeri d'Oussouriisk

"Plantage" de la tente dans "la cour"

"Plantage" de la tente dans "la cour"

A la frontiere Chinoise, on nous oblige a grimper dans un de ces bus russes qui passent les faiseurs mensuels de bonnes affaires. Le no-mans-land a traverser sont 15km en pleine montagne toute verte d’une epaisse foret. Dans le bus une dame nous invite au Bania, un type nous file son adresse a Seattle, au poste un douanier s’emporte en rigolade, au village suivant un jeune gars nous offre des concerves lestees d’un bon kilo de sucre…A Oussouri c’est Rafik qui nous accueille, malgre ses 5 enfants, son manque de place, et sa pauvrete pecuniere. Pour la route, lui et sa femme nous offre un poulet entier bouilli, et des patates. Ils nous auraient presque bordes comme pour leurs propres enfants.

On retrouve grands gaillards blonds et cantinieres maternelles (celles-la nous offrent du Bortch), bouffe de base (avec mayonnaise) et magasins degarnis (avec Pain et beurre, ce qui n’est pas negligeable). On retrouve surtout cette immensite de nature laissee a elle-meme. O comme ca fait du bien d’embrasser du regard des espaces verts, des collines aux formes normales, et de l’eau qui en coule… Encore une fois, le contraste avec la Chine nous rappelle que l’etat de l’environnement est directement lie a la volonte politique du pays.

p1030021La route qui mene a Ussuriisk est infestee de militaires. Chars, Kamaz verts, helicos… qui a notre grande surprise, nous doublent sans klaxonner. La Primorie nous fait penser a la Guyane, version Russe: dans les annees 30 ce sont bagnards et aventuriers volontaires qu’en a envoyer defricher et construire les villes, essentiellement destinees a heberger ouvriers forestiers et militaires. La foret de la primorie, avec ses chenes a larges feuilles, ses Pins de Japon, ses noyers de Mandchourie, est la plus riche de toute la russie. 15 ans ont suffit pour qu’elle soit completement exploitee autour des axes de circulation.

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Sieste-camoufflage anti-moucherolles

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p1030031p1030033350km plus au nord on bifurque sur une piste. Une armee de taons nous escorte (chacun la sienne). On traverse une premiere fois la riviere Bikin. C’est en remontant sa rive que nous esperons rencontrer les heritiers des Udeges et des Nanais, les dernieres chasseurs-pecheurs des forets de la Primorie. Si la piste existe encore, c’est pour la derniere entreprise forestiere rescapee (sur 6 ou 7 de l’epoque). 80km de montees et de descentes plus loin, aux portes du village de Krasnii Iar, nous rencontrons notre premier “Dersou Uzala”, qui nous offre un bout de gibier congele (mais aussi du poisson frit tout frais sorti de la riviere, une bouteille de lait, des spirales anti-moustique, de la vodka et des sirniki). La bete d’ou provient le gibier a un nom de bison, depasse la taille du cerf, mais pas celle de l’Elan. Quant aux animaux specifiques de la region, l’un a un visage de lievre sur un corps de chevreuil, et l’autre, s’appelle le Tigre, evidemment. (Ca ressemble completement a de la fantasmagorie Chinoise, tout cela!!)

Liosha et Kolia sont forestiers. Leur base jouxte celle des Chinois. Tous nous le disent, aussi riche soit-elle, la Primorie est bientot toute deplumee. La ou des forets incomparables abritaient des betes fabuleuses, il ne reste plus que des marais , bons a planter du riz… Mais Chinoiseries que tout cela…

Ecrit par Asso Kernunos in: Primorie | Mots-clefs :, , , , , , , , ,
avr
23
2010
0

A la rencontre des forêts du kirghistan | 1ère partie

Sar-Shelek - Un joyau au cœur des montagnes

Découverte de Sar-Shelek et ses forêts de noyers.

Ecrit par Asso Kernunos in: video | Mots-clefs :, , , , , ,
mar
31
2010
1

Requiem pour Bialowieza

Petit retour en arrière…

Après plusieurs péripéties, voici enfin le premier film retraçant notre parcours.

C’était au début de notre tour du monde : première étape et retour dans la forêt de Bialowieza pour présenter le film Glaz aux habitants de la forêt…

Ecrit par Asso Kernunos in: video | Mots-clefs :, , , , , , , , , ,
fév
12
2009
0

visite TOULGOULIC

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apprentissage vidéo vendredi 23 janvier 2009

en visitant le chaos de Toulgoulic

Ecrit par franck in: Préparation du voyage | Mots-clefs :, , ,

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