août
11
2010
2

Dernier acte

Vladivostok, la où tant de voyages commencent, ou se terminent. Kernunos ne déroge pas a la règle, et comme a son habitude, amplifie le processus a son intensité maximum. Alors pour commencer, il faut déjà tout terminer…

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Les explorateurs de l’époque avaient bien choisi leur endroit: atteindre Vladivostok n’est pas chose facile, même une fois libérée de ses barrages militaires. 50km de grimpées sévères à répétition (on aurait pu choisir la grosse route aux courbes adoucies, mais le jour où on optera pour la facilité urbanisée,…) le long de la côte boisée, de plus en plus fréquentée. La route nous éprouve au point de craquer totale sans plus pouvoir y respirer (Marilia). Les camions crachant du noir, les enfilades de bagnoles qui ne se rendent pas compte du mal qu’elles font, la poussière sans cesse remuée par les hommes… tout ca nous est dégueulé en pleine figure sans aucune marge de manoeuvre, sans un mètre de bas cote pour espérer y échapper. Paradoxalement, c’est presque un soulagement d’arriver en pleine ville: le centre de Vladivostok, c’est son port, sa gare, sa plage, coinces sur d’étroits rivages, entre collines et mer brumeuse. Du vent, de l’air, et des gens qui nous aident a trouver du repos.

p1030325p1030369On débarque dans l’auberge-de-jeunesse-appartement ou la plupart des routards étrangers se ramènent, y régler leurs histoires d’enregistrement (les russes semblent de plus en plus pointilleux sur la question), de billet de train ou d’avion, de bateau pour la Corée ou le Japon, de contenaire pour leur vélos ou leurs motos, de retour, ou de départ, bref, les réalités que tout voyageur doit a un moment donne se coltiner. Pas drôle. D’autant plus que voila: Marilia décide de rester encore un temps en Primorié.

p1030278Ca a tout l’air d’un scoop, bien qu’on ne soit pas des stars… Ou d’une superbe action commerciale qui fera exploser les ventes du second tome de cette aventure, pour un peu qu’on parvienne a en écrire le premier… Mais rien de tout ca, ni même d’un coup de tête. Simplement le besoin de se poser un temps, la ou la taïga a garde ses mystères. Car a toujours parcourir, on (Marilia) ne s’apercoit plus de l’unicité magnifique de chaque monde. On jette un oeil furtif sur la vie de nos rencontres, on apprend, on écrit tout, comme un capital qui s’amasse sur des pages blanches. Mais on repart toujours trop vite, sans donner de nous tout ce qu’on a pu jusque-la récolter. Et de Tremargat à Krasnii-iar, sur quelques 16 000 km d’aventures, l’Eurasie nous a offert ses espoirs, ses visions d’avenir, mais aussi la conscience de ses impasses grandissantes.

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p1030344p1030327Billet de ferry Coreen pour Marilia, billet d’avion Canadien pour Christophe. Mais avant tout on s’offre un dernier billet commun pour un ile, encore une, au large de la ville. Le temps de réaliser qu’on s’est chacun emplis de la force de l’autre, qui nous sera nécessaire pour la suite du voyage. De quoi se dire aussi combien on s’est aidé à se réaliser à travers cette traversée Kernunosienne de tout un continent.

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Nos chemins continuent a suivre  la voie des rêves, quant à l’aventure à la rencontre des forets du monde, elle se poursuit, avec pour prochaine destination la foret du Grand Ours, en Colombie Britannique….

A suivre!

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août
04
2010
0

Sixhote-Aline, de bas en haut…

p1030291La Primorié, c’est aussi une épreuve physique. Le centre-bretagne puissance 10. Une enfilade de hautes collines et de vallées, sur lesquelles viennent jouer les nuages, engloutissant parfois des montagnes entières. On bénit les rivières d’eau pure et fraiche, si nombreuses et si claires, qui nous sauvent bien souvent de l’implosion cocotte-minute: à plusieurs reprises il nous faut pousser- et c’est dur-, lever le poids d’un an et demi accumulé dans nos sacoches, au delà de mini-cols trop abruptes.

p1030128 Un type patauge dans un ruisseau qui ressemble à une grande mare. Il passe et passe son épuisette, comme s’il récoltait des algues vertes. “Vous cherchez quoi - Attend, je vais vous montrer“. Des mini poissons à grande bouche. De grands voraces, capables de bouffer en une fois l’équivalent de leur propre poids. Valentin en bon pêcheur, régule leur population, pour que la voie soit libre et que Xharius et Lenok aient une chance d’atteindre les hauteurs, où ils deviendront bien gros et bien bons.

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récoltes...

Une fois encore les gens sont là pour nous pousser et nous faire profiter des richesses de

... pour tous les goûts

... pour tous les goûts

la Primorié… A Lazo, à défaut de

... et si gracieusement présentés!

... et si gracieusement présentés!

pouvoir passer quelques jours en pleine taïga-zapovednik (il faut pour ça mobiliser un garde-du-corps, et vu la paye ridicule- 5000 roubles par mois, quant on pense qu’un forestier peut engagner 20 000 en une semaine!- l’effectif n’est pas suffisant pour se le permettre),  Olessia du zapovednik, nous arrange l’expédition jusqu’à l’île de Petrov. Une pluie de plusieurs jours, puis une journée de soleil nous vaudra le plaisir de rencontrer de ces cèpes que rien qu’à les sentir on tombe de plaisir.

Sur les hauteurs de Lazo

Sur les hauteurs de Lazo

Dans les bas de l’histoire, on nous conte encore oh combien c’est dur de préserver un endroit du braconnage, des incendies (au début du 19eme, une invasion Chinoise s’est mise à défricher des terres, mettant le feu à la forêt. N’ont repoussé que des chênes), et des riches chasseurs organisés en groupes armés. Tous les employés du zapovednik (des vrais amoureux de la nature!) doivent se créer d’autres activités pour obtenir de quoi vivre. Quand on entend le témoignage de certains garde-forestiers qu’ont terminé à l’hopital après les représailles de braconniers mécontentés, on comprend qu’il s’agit d’une vraie guerre… armée. Un scientifique passant presque tout son temps en forêt a étudier les serpents, nous dira: “Que j’élève une veau ou un cochon pour le manger, soit, si c’est moi qui l’a nourri, j’ai le droit de décider de sa mort. Mais de quel droit puis-je me permettre de prendre la vie d’un animal sauvage?

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août
04
2010
0

Jusqu’au bout d’un bout du monde

p1030203Les départs, c’est toujours un peu dur. Les hommes s’échangent leurs couteaux, les filles colliers d’os de poisson et pots d’écorce de bouleau, et tous fortes embrassades. Un petit goût d’échec teinte notre départ: les hauteurs sauvages de la Bikin gardent leurs secrets… Mais il nous faut toujours continuer, telle est la première des conditions d’un long voyage.

p1030146p1030199Après quelques jours de demi-tour, on bifurque une nouvelle fois pour s’enfoncer vers les monts verts du Sixhote-Aline. Parait-il qu’elles sont bourrées de métaux de toute sorte (Liosha disait: toute la table de Mendeleïev!), de sources minérales, acides ou ferreuses, guérisseuses et visitées par pleins d’éclopés qui finissent par repartir du bon pied rejoindre leur mégapole. L’océan n’est plus très loin, mais la route, toujours, nous réserve toutes ses embuches…

Bivouak solitaire

Bivouak solitaire

Déjà, elle redevient piste très rapidement. Il pleut et il fait lourd. A plusieurs reprises on se retrouve coinçés sous la pluie à attendre qu’elle passe: impossible de coller ces maudites rustines quand tout est archi mouillé. Mais la perfidie d’Iléonord va plus loin encore: toutes les anciennes rustines se décollent une à une!!! Et pour de malheureux grains de sable, les nouvelles se percent après quelques coups de pompe… et quand elles arrivent enfin à tenir, c’est la valve entière qui s’arrache! Sans parler de la jante déjà bien abîmée qui rend son âme pour de bon. A l’évidence, Iléonord ne peut plus continuer. On se quitte un matin sous la pluie, Christophe continue vers la mer, Marilia fait demi-tour avec son éclopé (s’il lui suffisait de boire un peu d’eau de source pour que ses roues s’remettent à tourner…), trouver de quoi le réparer.

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Une semaine plus tard on arrive a se retrouver dans le port d’Olga, après avoir chacun respiré l’air iodé de la mer du Japon. Toucher un autre bout du bout du monde, après un an et 4 mois de voyage, nous bouleverse tout autant que la tournure que prend notre aventure, qui nous dépasse…

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août
02
2010
0

Et au-dela, qui survivra?

img_3721C’est sur le bassin moyen de la Bikin, sur quelques 200km en amont, qu’ Udeges et Nanaï se partagent leurs territoires de chasse. Pour conserver ce droit, ils ont du repousser les assauts de plusieurs entreprises d’exploitation, puis les élans d’organisations écologistes comme Greenpeace qui aurait bien fait de toute la zone un zapovednik doublé d’un titre UNESCO. Mais les gens de Krasnii-iar ne veulent pas être mis sous cloche.

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Gingseng replante

Gingseng replante

Pour la defense des Chevreuils...

Pour la defense des Chevreuils...

Si le bassin de la Bikin est encore intact, c’est parce qu’aucune route (ou presque) n’y accede. Mais au-delà des cols, les engins d’exploitation oeuvrent, venant soit de la mer, soit du pays de Xhabarovsk, le long de l’unique route asphaltee qui traverse la Taiga, et se termine sur un pont, au-dessus de la Bikin. Par faute de sous et de marecages a repetition l’artere gouderonnee n’a pu aller plus loin, mais sert de tapis rouge a la venue de toutes sortes de profiteurs.  

"viens dans mes bras, mon petit..."

"viens dans mes bras, mon petit..."

L’alternative actuelle s’appelle “Tigr”. Elle se veut être une association locale (…branche dérivée de l’administration forestière) dont le but est de conserver la culture indigène et la biodiversité de la Bikin. Soutenue par WWF, elle loue a l’Etat sur du long terme les territoires traditionnels de chasse. Mais le fric injecté n’empêche ni les coupes,  ni les privilèges, ni le braconnage…  D’ailleurs des Russes nous ont dit: “Nous sommes tous braconniers. Il nous est interdit par les lois de pêcher sur nos propres terres. Mais les dirigeants, eux, ne se privent pas, et survolent en hélico leurs proies du jour. Pour un peu qu’un garde-peche appercoive un touriste dans la barque d’un chasseur, il vient direct chercher sa part. Les pires ce sont bien ceux du fond de conservation de l’environnement: pour des éoliennes ils te taxeraient, prétendant que tu voles le vent!!”

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Champignons en or...

Ira et Raia, avec d’autres femmes du village, fabriquent des souvenirs pour le compte de Tigr. Leur atelier finance par WWF compte une bonne demi-dizaine de machines a coudre. Mais elles doivent encore quemander leur paye. “Si je pouvait partir en ville, bien sur qu’je le ferais. Ici, pas de travail pour les femmes, a part l’ecole, le dispensaire, la poste et 3 magasins. - Et les cueillettes de saison, ca aussi c’est du travail, non? Tigr vous achete tout ca aussi, non? - Oui mais ca dure jamais longtemps. Les fougeres par exemple: 2 semaines, et c’est fini! Nous on cherche un travail permanent. La securite, quoi…”

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Kolia et sa fille

Une version de mec, toute differente. C’etait apres la vodka sur la greve. On a continue chez Jenia, un de ces type taille dans une armoise a glace (style Nanai). La conversation a propos d’hommes et de femmes le laissait plutot muet, jusqu’a ce que la Liberte vienne tout emporter. “Nous sommes les derniers chasseurs de ce monde. Russes et gouvernement voudraient nous transformer en paysans ou forestiers, en bons chretiens civilises. - Jenia ouvre ses yeux revoltes- Je suis chasseur, et sans ca plus rien! Si tu savais la-haut, a 200-300km sur la riviere, comme c’est BEAU!- et il ouvre ses bras et se renverse, comme terrasse par la grandeur du monde sauvage- Mais voila, d’ici 10 ans y’aura plus rien. Il ne nous reste aujourd’hui que de quoi faire vivre nos propres enfants, mais apres qui seront-ils, eux? Ils ne connaitront jamais la Liberte. Tu vois, c’est comme les Indiens, en Amerique, on nous encule litteralement. On nous prive de notre vie, on nous laisse survivre et crever dans ce village pendant qu’on construit des routes de tous cotes pour venir chercher les arbres a fric!”

p1030041p1030108Nous sommes alles a l’ecole. La taiga, ils la connaissent, aiment leur riviere, et savent bien que tout ca doit etre protege. Une jeune fille nous a demande: “Si vous etiez president, qu’est-ce que vous feriez pour ameliorer le monde?” Apres reflexion, je donnerais la responsabilite a tous les peuples, de decider pour eux-meme et pour la terre de leurs  enfants…

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juil
31
2010
1

Du “Kedr” au Tigre

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C'est pas un Kedr mais c'est beau quand meme...

Parmis la grande richesse de la taiga de la Bikin (et de toute la Primorie), l’element le plus important semble etre ses Kedr (le Pin de Coree), pourvoyeurs de Pignes… et pas de ces shishki rikiki de Siberie! Non, de belles grosses pignes delicieuses, mais qui ne viennent malheureusement qu’une fois tous les 4 ou 5 ans.

A ce sujet un conte Udege: Un Chasseur a 3 femmes (chose presque indispensable a l’epoque). Alorsqu’il doit partir a la guerre pour une longue periode, il va cacher ses femmes en foret. Il mene sa premiere femme (pas tres aimee) dans un bois de Noyers de Mandchourie. Sa 2eme epouse herite d’un bois de chene. Pour la 3eme, sa preferee, il reserve le bois img_3761de Kedr… Quelques annees plus tard le voila de retour. Il accourt sous les Kedr, presse de retrouver sa bien aimee… Malheureusement il ne reste d’elle que des os, la belle etant depuis longtemps morte de faim. Sous les Chenes il retrouve sa 2eme femme, qui trepasse dans ses bras. Sous les Noyers par contre, sa megere l’attend de pied ferme, bien grasse et reluisante d’avoir mange des noix en abondance chaque annee, aussi dure soient-elles a decortiquer.

Meme les araignees sont "tigrees"

Meme les araignees sont "tigrees"

Conclusion, une bien-aimee ne se nourrit pas que de pignes, mais les pignes ne nourrissent pas que les bien-aimees: une foule de petits animaux (ecureuils, souris, burunduk, oiseaux, etc…) leur doivent leur survie, afin de nourrir une foule de plus gros animaux (renards, lynx, blaireau et gros oiseaux, …), qui seront eux-meme la proie de plus gros, jusqu’au bout de la chaine… le fameux Tigre, evidemment. Mais on peut aussi remonter la chaine du cote des herbivores: le Tigre aime la viande de cerf et de chevreuil, qui doivent certainement leur bon gout a la diversite incroyable de plantes dont ils peuvent se nourrir.  Le Kedr concoure directement a cette diversite a cause de sa grande longevite, ce qui cree des conditions uniques a ses propres pieds, favorables a certaines plantes en particulier.

Quand tout est lié...

Quand tout est lié...

Quant au Tigre, il semble rendre la pareille a sa Taiga nourriciere, en faisant flotter sous les bois la force de sa presence invisible… Tous les chercheurs de Ginseng, tous les chasseurs de viande fraiche, gardent au fond de leurs tripes un respect teinte de peur pour ce gros chat qui les regarde, tel un esprit temoin qui prendra part au jugement de l’humanite…

Pour les Udeges, le Tigre est sacre. Interdiction de le tuer. Une autre histoire raconte meme que leur peuple est ne du tigre, un peu comme les Nanai viendrait de l’Ours et les Mongols du Loup. Mais c’est surtout qu’ils craignent son intelligence. Le Tigre laisse des traces, mais se montre tres rarement. Il est capable de retourner sur celles d’un chasseur lui voulant du mal, jusqu’a sa cabane, et de lui bouffer tous ses chiens en guise de vengeance.  Mais les valeurs se perdent, et certains “coqs” nous diront, que pour du fric on peut toujours oublier la couronne de sa Majeste…

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juil
23
2010
0

Expedition

img_3591N’empeche que c’est pas avec 3 galian et 5 fougeres qu’on allait nourrir la famille. A son retour d’expedition, le Liosha de Ira pose sur la table un sac entier de gros poissons. “Et de la viande??” Ils etaient partis a 4, a quelques centaines de km en amont de la Bikin. Le cerf (izubre) qu’ils ont tue le premier jour les a nourris sur les 2 semaines. Ils ont bien croise un ours sur le retour, qui traversait a la nage, mais leurs armes etaient restees en foret.

A defaut de pouvoir payer une barque pour nous aussi remonter la riviere, on demande a Liosha de nous emmener a pied sur quelques 20km, jusqu’a une barak de chasse. Liosha n’est pas proprietaire. Juste tolere sur le territoire d’un autre chasseur qui passe l’automne et l’hiver en foret. L’ete tout le monde est sence laisser les animaux tranquilles et s’occper plutot de son jardin, de peche ou de tourisme. img_3743Chacun enfile sa cuirasse, ses chaussettes russes qui evitent les cloques, son sac a dos avec le minimum (the, vodka,  sel, sucre, farine et levure, tout le reste se trouvera sur place). Le sac de Liosha est fabrique avec une fourche en bois, une toile de jute et de la ficelle. Il porte la hache qui lui servira a tout faire (meme fabriquer des harpons avec 3 clous pour une chasse nocturne au poisson), et son canonnier illegal.

img_3695Ce n’est pas souvent qu’un chasseur ramene quelque chose. Pour Liosha, ca fait maintenant plus d’un an. Mais cette fois la Taiga lui a sourit. Lui et Ira sont revenu un matin, un bouquet de champignons dans le chale, et une charge dans le sac a dos. Sans revelations prealables, ils nous montrent. Des pattes d’Ours. Sa machoire inferieure. Et la vesicule biliaire. Tout le reste est reste sur place, la viande de ce vieil Ours deja verreuse, mutilee pour des dollards chinois. Les revendeurs de Krasnii-iar n’en prennent pas lourd, 200 dollards a peine. Mais un de ces doigts seront vendus 100 dollards dans un restaurant Pekinois.  img_3777

p1030057Dur d’en etre temoins. Mais de retour au village, ils ont pu se rendre direct au magasin, payer leurs dettes, et remplir pour la premiere fois depuis 3 semaines les placards de nourriture. Ira se paye une robe, la premiere de toute sa vie. Et on fete sur le champs la chance, a la maniere Russe, histoire qu’elle ne se sente pas vexee.

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juil
23
2010
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… Etre Mange!

p1030058L’Homme a-t-il des predateurs naturels??? A Krasnii-iar, on n’en doute plus: oui, et bien oui. Ce sont evidemment les moustiques, mais on a trouve pire: les moucherolles de toutes les tailles qui se partagent intelligemment les crenaux-horaires et s’infiltrent absoluement partout. A peine visibles, elles t’arrachent des micro-bouts de peau et finissent par nous rendre tous a moitie fous. Les taons aussi gros soient-ils ne nous effraient plus. Quant aux tiques, en foret ils sont legion. Pas besoin de se pencher pour faire de belles recoltes!

Le remede le plus efficace, c’est la “Dimacour“.

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Baba Jenia

Il y a tres longtemps vivait une princesse Udege tres riche. Dans ses coffres des piles de vetements brodes. Le jour ou elle est morte, on l’a posee sur un bucher, comme le veut la tradition, avec tous ses effets personnels. Les piles de riches vetements se sont mits a fumer, tellement que la princesse a ete epargnee des piqures de toutes sortes, alors que tous les assistants se sont fait sucer le sang. Voila comment les Udeges ont decouvert la Dimacour.

Autrement dit faut s’enfumer quasi continuellement. Devant les portes des cuisines tronent des seaux remplis de debrits de bois et des mauvaises herbes du jardin. Ca fume, mais ca marche que pour ceux qui restent a la maison. Quand on part en foret, faut trouver d’autres solutions. Baba Jenia, la grand -mere, nous raconte comment ils s’en sortaient dans le temps… une couronne a bout pointu sur la tete, fiche d’une meche de tissu torcadee.  Interessant de savoir aussi qu’ici beaucoup de femmes fument, aujourd’hui des cigarettes, a l’epoque de ces pipes allongees…

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juil
23
2010
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Manger…

Ira, Kolia, Raia, Jenia, notre petite famille de Krasnii-iar

Ira, Kolia, Raia, Jenia, notre petite famille de Krasnii-iar

“Touristes sauvages”, nous voila bien nommes! En plus de se pointer sans prevenir, seuls guides par la vie, ils veulent travailler!! La chose tombe a pic: Ira propose de nous loger en echange d’un coup de main au jardin. Son homme est parti pour 10 jours en amont de la riviere, et c’est le moment de tout semer. Sans oublier le cagnard qui oblige a faire de nombreux aller-retours pour chercher de l’eau au puit des voisins.

Ira ne s’emmerde pas avec les sentiments. Il lui faut vivre, avec ses 3 enfants, et les nourrir tous les jours. Pas de quoi s’emouvoir sde sang verse. “Y’a tout un tas de trucs que les gens ne veulent pas faire… les chats par ecemple: les gens veulent des chats, et puis le jour ou ils en ont trop et qu’ils ne peuvent plus les assumer, ben ils ne veulent pas non plus les tuer! Moi ca me derange pas, du moment qu’on me paye!”

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Muguet

Toute leur vie pourrait tourner autour de la quete de nourriture si l’argent n’avait pas tout detrone. Mais chez les Udeges, pour obtenir de l’argent, il faut d’abord savoir ramener de quoi manger.  La saison des fougeres est en train de se terminer, mais Ira et sa soeur Raia nous embarquent pour une derniere cueillette, avant que les jeunes crosses ne s’ouvrent trop et deviennent immangeables. Ira n’y croyait pas trop, mais une fois les pieds dans les hautes herbes, on ne peut plus y sortir le nez. Des fougeres on en a trouve, plus que necessaire pour faire un bon diner. On aurait pu en ramasser de quoi remplir quelques bocaux (une fois les fougeres salees), mais a quoi bon se’embeter si ca suffit pour aujourd’hui?! Y’avait aussi de l’angelique et du kuretchka, bon a bouillir pour des soupes ou des salades. Mais pour le coup Ira prefere jeter son devolu sur le muguet et quelques autres fleurs a la bonne odeur. Apres les fougeres fallait trouver de la viande. Elles auraient bien egorge le bouc d’une voisine (qui nous offre pourtant genereusement lait, the, pain et miel de saison). “Du bouc?? - Ben quoi, on mange de tout. ici, je t’ai dis!” Leurs yeux brillent quand elles evoquent ce moment ou le gibier tombe, et se ramene en morceaux a la maison.

img_3645Sur le retour l’oeil exerce de la Raia tombe sur des champignons de saule. L’exitation grandit. J’adore. Merci Dame Nature de ta generosite, elle nous rend heureux.

Le lendemain c’est Kolia, le mari de Raia qui mene la bande a la riviere. Il lui fallait bien un accolyte arme pour assurer la securite de notre effectif, vulnerabilise par notre presence.  Les pecheurs n’emportent pas que leur canne quand ils vont a la peche. Fusil en bandouillere, hors de son etui, pret a servir. Un homme devant, un autre derriere. Question de viande en premier lieu, puis de securite. Les Ours se cherchent ces temps-ci, et n’hesitent pas a attaquer. Tomber sur un Tigre est toujours probable, ici, ce n’est pas une legende. Mais surtout, on sait jamais, peut-etre un animal s’offrira a nos casseroles.

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Micha

La peche en riviere, c’est une vraie ballade. Le poisson n’est pas bete, si on l’attrappe pas du premier coup, autant migrer un peu plus loin. Avec leur experience, les gars remplissent bien vite leur nacelle de beaux xharius arc-en-ciel, celui qui aime les forts courants. Nous derriere on recolte ce qui reste de Galian, qui n’est pas deja en soi un gros poisson. Quelques jolis lenok finiront de garnir notre grillade du soir. Pour la pause tchai, au lieu d’ouvrir une concerve, Raia debite du poisson frais qu’on mangera cru en fines lamelles. Micha, lui, n’en veut pas. “T’es pas un vrai Udege, alors, na!” Faut dire qu’avant, le poisson servait meme a faire des vetements!

img_3646 p10300491 … euh, celui la c’est du gros, peche dans la grosse riviere, d’une toute autre facon.

juil
22
2010
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Les Survivants de la Bikin

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"Xhatal" traditionnel

img_36611Nous voila donc a Krasnii Iar, sur cette ” falaise rouge” (a cause de la couleur de la terre, ou des sovietiques de l’epoque pour quoi chaque nouvelle creation ne pouvait etre que rouge) au dessus de la Bikin, ou se sont refugies Udeges et Nanai, annuellement assaillis par les crues de la riviere lorsqu’ils vivaient de l’autre cote du pont… Depuis l’epoque ou tout leur peuple nomadisait le long de la Bikin par petits clans, d’autres “fleaux” sont apparus… (russes ukrainiens, sovietiques, commercants chinois, defricheurs, constructeurs de route, exploitants forestiers…)  refaisant d’eux des sedentaires, pour la plupart concentres dans ce village multi-ethnique livre a lui-meme.

Qui sont alors les Udeges d’aujourd’hui? Malgre le mixage ethique, les livres disent “2000″. (le chiffre a aoudainement augmente lorsque le gouvernement a bien voulu offrir quelques privileges aux peuples minoritaires). Mais plus personne quasiment ne parle la langue, homis quelques ferus Japonais qui viennent regulierement l’etudier, a la recherche de leurs propres racines. Les danses et les costumes ne survivent que pour la fete des peuples indigenes du 9 aout. Certains vieux se souviennent de leurs fetes de saison, celle de l’automne surtout ou on servait de grands banquets garnis de lard d’Ours et de baies. Quant a la spiritualite “paienne”, elle img_3683s’est transformee en une vieillerie incomprise des moins de 40 ans. Comme partout ailleurs, la necessite de survivre dans un monde chacal pousse les gens a la recherche constante d’argent. Mais comme a Krasnii Iar ca ne court pas la rue, la premiere des chose, c’est se nourrir.

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Et pour ca, pour eux et leurs enfants, il y a la riviere Bikin, et sa taiga encore vierge. De nombreuses fois on a tente de les deposseder de leur plus precieuse richesse mais ce n’est pas encore fait… ici survivent encore chasseurs pecheurs et cueilleurs. C’est la Taiga et la Bikin qui font d’eux ce qu’ils sont. Et Udege veut bien dire “Les gens de la foret“.

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juil
22
2010
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Une ile

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Sous notre triple ciel bleu

Sous notre triple ciel bleu

Denis, notre anarchiste guide d'expe

Denis, notre anarchiste guide d'expe

Avant de vous parler des gens de Krasnii Iar, permettez-moi un petit “flash back” dans le futur, jusqu’a une ile de legende, perdue aux confins de ce bout du monde, sur la Mer du Japon. L’Ile de Petrov, en plus d’etre protegee par la mer, semble jalousement gardee par le zapovednik de Lazo, aupres duquel il nous faut obtenir les autorisations de camper quelques jours sur la baie, aupres de la base de la reserve. Il pleut. Les barques ne seront de sortie que 3 jours plus tard, en meme temps que nombre de touristes, pour une expedition expeditive sur l’ile. Apres toute la route parcourue  travers tant de contrees “devastees”, apres tant d’efforts sur les pistes ondulantes de la Primorie pour atteindre l’un de ces rares lieux sauvages (meme dans le Zapovednik, coupes et incendies sont venus a bout d’une grande partie de la vegetation d’origine),  les 2h qu’on nous alloue ressemblent a une peau de chagrin. Difficile de s’y inspirer suffisemment, afin de vous transmettre le meilleur. Mais malgre tout, on tente de mesurer la chance que nous avons de  survoler un tel endroit.

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Liane d'actinide

Liane d'actinide

L’ile est un vestige de toutes les richesses de la Primorie. Sur 36 hectares  se concentrent plus de 400 especes de plantes, qui vont du Pin de Coree au “Dimorfant“, cet arbre a la peau dur de la meme famille que le Gingseng, et qui donne un miel des plus delicieux. A peine debarques on penetre dans un sous bois a l’odeur fraiche… couvert d’Ifs! Grace a la resistance de son bois, des lianes d’Actinide (dont les baies kishmish ressemblent au kiwi), agees de plusieurs centaines d’annees, courent jusqu’au ciel ou elles perfectionnent la canopee si richement metissee. Metissage, voila bien le maitre mot qui caracterise les forets de la Primorie. Nulle part ailleurs on ne trouvera des edelweis pousser non loin de vignes sauvages, des Noyers cohabiter avec des Pins, ou bien encore des Tigres et des Leopards des neiges. Les noms latins le revelent: Chene de Mongolie, Tilleul de l’amour, Noyer de Mandchourie, Pin de Coree, Cerf du Japon, etc…

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If

If

p1030238La richesse de l’ile est aussi historique. Ici etaient implantes les Djourdjen, sedentaires venus des regions Est du Baikal, ayant forme un empire qui s’etendait jusqu’au centre nord-est de la Chine. Cette civilisation avancee avait son empereur, son premier ministre et son homme de loi, ses theatres, ses objets d’art, et boudhisme et chamanisme pour religions.  L’ile etait alors un sanctuaire habite par les moines. Vers 1200, les Mongols de Genggis Khan se sont allies aux Chinois (alors retenus derriere leur Grande Muraille), afin d’en finir avec l’Empire Dore. De plusieurs millions de personnes, la population de la Primorie s’est reduite a quelques 50 000 survivants, ayant reussi a fuir vers les sources et les montagnes sauvages du centre de la region. Apres avoir connu la vie d’une haute civilisation, les Djourdjen sont redevenus nomades chasseurs et pecheurs. C’est ainsi que sont nes les peuples Udeges, Orochis et quelques autres, grace aux Mongols, en quelque sorte… (c’est la Taiga toute entiere qui doit elle aussi les remercier!)

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juil
01
2010
0

Guyane Russe

Rafik, Azeri d'Oussouriisk

Rafik, Azeri d'Oussouriisk

"Plantage" de la tente dans "la cour"

"Plantage" de la tente dans "la cour"

A la frontiere Chinoise, on nous oblige a grimper dans un de ces bus russes qui passent les faiseurs mensuels de bonnes affaires. Le no-mans-land a traverser sont 15km en pleine montagne toute verte d’une epaisse foret. Dans le bus une dame nous invite au Bania, un type nous file son adresse a Seattle, au poste un douanier s’emporte en rigolade, au village suivant un jeune gars nous offre des concerves lestees d’un bon kilo de sucre…A Oussouri c’est Rafik qui nous accueille, malgre ses 5 enfants, son manque de place, et sa pauvrete pecuniere. Pour la route, lui et sa femme nous offre un poulet entier bouilli, et des patates. Ils nous auraient presque bordes comme pour leurs propres enfants.

On retrouve grands gaillards blonds et cantinieres maternelles (celles-la nous offrent du Bortch), bouffe de base (avec mayonnaise) et magasins degarnis (avec Pain et beurre, ce qui n’est pas negligeable). On retrouve surtout cette immensite de nature laissee a elle-meme. O comme ca fait du bien d’embrasser du regard des espaces verts, des collines aux formes normales, et de l’eau qui en coule… Encore une fois, le contraste avec la Chine nous rappelle que l’etat de l’environnement est directement lie a la volonte politique du pays.

p1030021La route qui mene a Ussuriisk est infestee de militaires. Chars, Kamaz verts, helicos… qui a notre grande surprise, nous doublent sans klaxonner. La Primorie nous fait penser a la Guyane, version Russe: dans les annees 30 ce sont bagnards et aventuriers volontaires qu’en a envoyer defricher et construire les villes, essentiellement destinees a heberger ouvriers forestiers et militaires. La foret de la primorie, avec ses chenes a larges feuilles, ses Pins de Japon, ses noyers de Mandchourie, est la plus riche de toute la russie. 15 ans ont suffit pour qu’elle soit completement exploitee autour des axes de circulation.

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Sieste-camoufflage anti-moucherolles

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p1030031p1030033350km plus au nord on bifurque sur une piste. Une armee de taons nous escorte (chacun la sienne). On traverse une premiere fois la riviere Bikin. C’est en remontant sa rive que nous esperons rencontrer les heritiers des Udeges et des Nanais, les dernieres chasseurs-pecheurs des forets de la Primorie. Si la piste existe encore, c’est pour la derniere entreprise forestiere rescapee (sur 6 ou 7 de l’epoque). 80km de montees et de descentes plus loin, aux portes du village de Krasnii Iar, nous rencontrons notre premier “Dersou Uzala”, qui nous offre un bout de gibier congele (mais aussi du poisson frit tout frais sorti de la riviere, une bouteille de lait, des spirales anti-moustique, de la vodka et des sirniki). La bete d’ou provient le gibier a un nom de bison, depasse la taille du cerf, mais pas celle de l’Elan. Quant aux animaux specifiques de la region, l’un a un visage de lievre sur un corps de chevreuil, et l’autre, s’appelle le Tigre, evidemment. (Ca ressemble completement a de la fantasmagorie Chinoise, tout cela!!)

Liosha et Kolia sont forestiers. Leur base jouxte celle des Chinois. Tous nous le disent, aussi riche soit-elle, la Primorie est bientot toute deplumee. La ou des forets incomparables abritaient des betes fabuleuses, il ne reste plus que des marais , bons a planter du riz… Mais Chinoiseries que tout cela…

Ecrit par Asso Kernunos in: Primorie | Mots-clefs :, , , , , , , , ,
juin
06
2010
0

En images…

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… histoire de vous epargner des ambiances sonores: le pays du milieu, c’est surtout l’empire du BRUIT. Visas russes en poche, nous reprenons le pedalage intensif en direction du nord-est, a travers les provinces de Mandchouries, qui s’averent un petit peu plus “nature” que celle de Mongolie Interieure. Petit florilege d’images pour mieux extrimer les contrastes internes de ce pays en bouleversement…

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p1020819p1020912Et puis malgre la peur suscite par les lois concernant les etrangers (TOUJOURS cette interdiction de resider dans de petits hotels chinois), nous faisons enfin plusieurs rencontres de gens avenants, le temps d’un repas, d’un petit repos, ou d’une reparation… Notre premiere pangyo (amie) nous demande meme de l’appeller une fois revenus chez nous, pour qu’elle soit rassuree. Partout ou nous nous arretons, en 3min une foule compacte de curieux s’amasse. Les femmes de 50 ans n’hestient pas a toucher Marilia, de gestes maternels bienveillants.

p1020865p1020860p1020969Un groupe de cyclistes organisent toute une rencontre aupres du directeur de leur centre sportif, avant meme que nous soyons au courant. Ils viendront en velo a notre rencontre, et nous pousseront pour arriver plus vite au repas de frites au sucre, omelette, poisson et soupe de fruits, servi sur table tournante. La derniere rencontre sonne comme un au-revoir de bon augure: le jour meme de notre passage en russie, nous croisons LE velo-routard national, 61 ans, celebre dans tout le pays pour faire un pelerinage par an d’une frontiere quelconque au Tibet.

Enfin, les derniers jours de pedalage nous font traverser des montagnes boisees, qui nous donnent un petit apercu de ce qui nous attend, de l’autre cote… p1020979Nos connaissances en botaniques sont trop maigres pour savoir nommer tous les arbres que nous rencontrons, alors on les invente: il y a le chene a larges feuilles, le bouleau a larges feuilles, le noyer a larges feuilles et a longs (tres longs) chatons, le noisettier a larges feuilles, etc… et meme un individu tout special: “l’arbre a pluie”!!! Il faisait grand ciel bleu, pourtant, mais des gouttes perlaient en dessous. Les sous bois sont tous parcourus (RIEN, ici, ne se perd) pour du bois mort ou la recolte des pousses de fougeres, ensuite vendues en salade dans les petits restos.

C’est apres 2200km en 20 jours (les montagnes deja russes de la chine  nous vaudront quelques douleurs articulaires…) que nous quittons la Chine (le 31 mai), pour retrouver de vieilles connaissances russes… les moustiques! (qui prennent bien soin de ne pas traverser la frontiere…)

Ecrit par Asso Kernunos in: Chine, Non classé, Trucs de saison, Velo | Mots-clefs :, , , , , ,
mai
06
2010
0

Premières fleur

p1020707p1020709Si y’en a une qui n’a pas résisté aux rigueurs de l’hiver sibérien, c’est la flûte en bambou, la musicienne de l’équipée. Alors, au premier bosquet prêt à sortir ses feuilles, nous l’abandonnons au vent, peut-être lui il saura encore la faire chanter! (ou tant qu’on y est le printemps aura peut-être l’idée de faire pousser des flûtes sur les peupliers…)

p1020739C’est par un jour gris-ciel que nous passons les denrières montagnes avant Pékin. La descente en zig-zag le long des pentes abruptes nous fait tourner la tête: la route est obstruée de camions-molosses (qui usent de leur klaxon comme il se doit), mais tout autour les montagnes fleurissent, si bien qu’on tente la descente le nez en l’air, histoire d’n capter les formes qui sortente de la brûme, et les ordeurs fortes de fleurs à peine nées. A côté de ça (ou au-dessus), l’auto-route perce les montagnes, passe au-dessus en de long ponts bétonnés, ou bien justifie le découpage littéral de ces pentes boisées de cerisiers, genevriers et merisiers…

 

p1020741Après un tunnel noir (personne n’allume ses feux), on bifurque sur un chemin qui descend vers la rivière… une vallée étroite, rose et blanche, embrûmée de mystère. On s’y enfonce comme des réfugiers qui demandent asile, jusqu’à ne plus entendre les vociférations de la route, jusqu’à ne plus senti le gasoil des camions, juste le parfum de ces fleurs enivrantes. Mais là encore, des hommes PARTOUT sont venus planter, fauiller, récolter…

Le bonheur que procurent ces premières fleurs est de bien courte durée, quand on voit de quoi elles sont entourées… 50km plus loin, nous étions déjà arrivés à Pékin.

Ecrit par Asso Kernunos in: Chine | Mots-clefs :, ,
avr
23
2010
0

A la rencontre des forêts du kirghistan | 1ère partie

Sar-Shelek - Un joyau au cœur des montagnes

Découverte de Sar-Shelek et ses forêts de noyers.

Ecrit par Asso Kernunos in: video | Mots-clefs :, , , , , ,
avr
01
2010
0

Quitter un monde d’Humanité.

p1020315La neige vient de tomber. Dans notre bout de monde tellement ailleurs, on se demande si quelqu’un, qui plus est en voiture, peut vraiment y parvenir pour nous emmener vers un monde un peu plus “moderne” qu’on a déjà oublié.

Comme Chimbator et Bulganchideg, les 2 jeunes petits-enfants, on appartient déjà à cet ailleurs protégé… Libres de la course effrénée du progrès moderne… Libres de marcher à un rythme qu’aucune horloge ne dicte, ni aucun planning ou agenda décalé. Hors du souci de l’argent. Rien qu’avec les lois de la Nature, et des valeurs à suivre qui font de nous des êtres Humains.

img_3432La voiture est arrivée. C’est Jimmi qui la conduit. Un gars plein d’enthousiasme. On a embarqué les 2 mômes attristés, on les a propulsé vers une réalité (l’école, l’internat, le village), qu’ils aimeraient effacer. Ils ne voulaient pas quitter leur famille, leur troupeau, leur belle vie de liberté.

Jimmi traduit nos au-revoir à notre famille d’accueil. Leurs visages sont plein de sourire et d’affection. On semble les avoir marqué. Ils nous invitent à revenir. Nous avons partagé, sans paroles, leurs valeurs d’Humanité: entraide, écoute, bonnes volontés, simplicité, etc… pour cela nous sommes devenu des frères, des frères Humains. C’est aujourd’hui, en quelques minutes, qu’on prend conscience des liens tissés, en silence. Après qu’on ai embarqué, la grand-mère a lancé au ciel le lait blanc (et donc sacré) de la bonne fortune…

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Jimmi nous parle de sa terre, de sa famille: “Il y a 10 ans, quand le 1er touriste est arrivé, personne ne parlait anglais, tout le monde était berger-pêcheur-éleveur, et personne ne parlait anglais. On a d’abord prit pour un espion Etazunien! Le 1er à parler anglais dans la région a été mon frère. Depuis tout le monde envoyait les étranger chez nous.

les voisins au grand sourire (toujours), avec les moutons

les voisins au grand sourire (toujours), avec les moutons

Renards en attente d'être tannés.

Renards en attente d'être tannés.

Mon père est mort il y a 1 an. Il nous a enseigné ce qu’est l’Humanité, et pourquoi les Hommes ont un coeur. il nous a donné les valeurs qui font de nous des êtres Humains. Aujourd’hui dans les villes il n’y a plus de vrais Humains. Il faut aller dans les campagnes pour les trouver. Ici on connait la réelle liberté: ici on peut encore vivre sans argent. Pour ça il faut  connaitre son monde, la nature d’ici, et vivre selon ses lois. Mon père connaissait parfaitement sa Terre. Il la respectait. Il était un vrai bon chasseur, géologue de surcroit. Il nous a raconté toutes les légendes qu’il connaissait, celles de chaque montagne, chaque ruisseau, chaque plante ou animal. Maintenant on peut à notre tour les raconter aux touristes intéressés. Tu sais, mon père, je l’aime. Il me manque, tu comprends….”

Liberté, Humanité, ces 2 mots riment, ne vont pas l’un sans l’autre. A chacun, après, de définir les valeurs que ces 2 mots comprennent…

sur la piste du retour

sur la piste du retour

Ecrit par Asso Kernunos in: Mongolie | Mots-clefs :, , , , ,

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