jan
17
2012
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A “El Machete” ça bouge

Faux mariage gay et vrai rigolade

Il en faut peu pour Olivier et Jean Pierre pour déconner, mais là c’est du grand art, un moment extraordinaire de franche rigolade.

Bons potes depuis l’université, ils parcours une tranche de vie ensemble, depuis le Canada, jusqu’à San Cristobal en vélo. Sérieux lorsqu’il faut monter un projet comme ouvrir un petit restaurant en même temps qu’un atelier de réparation vélo où la conception de “Bici maquina”( voir l’article suivant), ils ont aussi ce côté imaginatif quand il s’agit de préparer un évènement comme un faux mariage.

uni pour la vie.... liés par les liens sacrés des antivols...

uni pour la vie.... liés par les liens sacrés des antivols...

Tout y est: les témoins, je serai celui d’Olivier, la proclamation devant l’église de Guadalupe avec invités, la plupart déguisés, le curé ( c’est Norah qui s’y collera), les bagues (de ma confection) et bien sur, les casseroles derrière les vélos. N’oublions pas le jeter de riz cuit, une autre idée farfelue! et bien sûr l’enterrement de vie de garçon.

Devant l'église de Guadalupe.... tout y est!!

Devant l'église de Guadalupe.... tout y est!!

départ de l'église, après le lancer de riz cuit!

départ de l'église, après le lancer de riz cuit!

On avait un peu peur de choquer les gens d’ici, portés comme ils sont sur le respect de la vierge de Guadalupe. pour la célébrer, ils n’hésitent pas, durant les quinze jours qui précèdent l’évènement de la date de l’apparition  de la vierge, à tirer des feux d’artifice et pétards par milliers. Au final, les badaud regarderont avec des yeux parfois amusés ou choqués, cette scène peu commune ici.

fiesta musical avec juste avant spectacle de marionnettes pour adulte!!!

fiesta musical avec juste avant spectacle de marionnettes pour adulte!!!

S’en suit alors une fiesta digne de ce nom, avec pétard là aussi par centaines qui exploseront nos tympans.

La soirée qui s’ensuit fut bien entendu épique. Un peu trop Rock’n roll à mon gout , mais cela fait du bien de faire n’importe  quoi de temps en temps.


Ecrit par Asso Kernunos in: El machete, Mexique, San Cristobal de las Casas |
jan
17
2012
0

A “El Machete”, ça bouge

Les “BICI MAQUINA”

Au 3b isabel la Catolica, l’effervescence règne. grâce à l’impulsion de Miguel, un ami qui habite un quartier non loin du nôtre, et qui développe avec son frère, au “Jaguar de madera” (le jaguar en bois), un lieu alternatif, les idées vont bon train.

L’atelier de réparation de  bicyclettes était tout approprié pour entretenir et réparer des outils conçus sur la base d’un vélo et qui servent aux populations des campagnes.

broyeur à maïs

broyeur à maïs

L’idée est toute simple, encore faut il y penser: utiliser l’énergie humaine pour faire fonctionner toutes sortes de machines. Mixeurs de fruits et légumes, broyeurs de maïs et de viande, séparateurs de café, générateur électrique et même une machine à laver!

séparateur à café

séparateur à café

Dans des lieux où l’électricité manque, dans des localités où les paysans n’ont pas les moyens d’acheter des machines et qui font tout à la main, le principe de la “bici maquina” est révolutionnaire et de peu de coût pour les communautés, qui pour moins de 50€ peuvent en acquérir une.

"liquador", mixeur à fruits

"liquador", mixeur à fruits

La maison se transforme alors, pendant un moment en centre d’essai. meuleuses, poste à souder, coups de marteau, donneront le ton pendant plusieurs jours. Les gens de passage, s’intéressent, certains prennent même commande. L’idée fait son chemin…

poste à souder et meuleuse sont de rigueur

poste à souder et meuleuse sont de rigueur

Miguel de la "Caza Feliz"

Miguel de la "Caza Feliz"

Pour moi, ça fait tilt! pourquoi ne pas  construire un générateur électrique, une fois revenu? chez moi, il n’y a pas d’électricité,  c’est l’outil parfait. J’imagine alors, tous ceux qui soucieux de leurs formes physique et qui sur des vélos de salons pourraient en plus générer leur propre courant! Ce n’est plus une révolution mais bien une vélorution!!!

Ecrit par Asso Kernunos in: El machete, Mexique, San Cristobal de las Casas, Velo |
déc
22
2011
0

Monte Azules, une jungle convoitée

Je laisse pour un moment mon fidèle compagnon “Takayan” et décide de partir vers la jungle Lacandon (selva Lacandona) qui est une réserve de biosphère, au sud de l’état du chiapas, près de la frontière avec le Guatemala. Mon intention est d’aller à la rencontre d’un peuple, qui sont d’après plusieurs articles les concernant, “les derniers mayas”

. Peu nombreux (environ 600 personnes), ils habitent trois villages aux portes de la réserve qui leur à été confié il y a quelques années : Metzbok, Naha et lacanja-Shansayab, tous trois situé à l’est de la réserve.img_0007

Arrivé par mini-bus à la ville de Palenque, située à 150km au nord du village de Naha que je compte visiter, je rencontre Paco, un contact donné. Il connait bien les Lacandons, et pour cause, il est guide touristique et organise des circuits vers les richesses que compose cette jungle. Malheureusement pour moi, je tombe sur quelqu’un de malhonnête qui me fait croire qu’il n’y a pas de service de mini-bus (collectivos, utilisés fréquemment par la population locale) et que le seul moyen pour accéder au petit village que j’ai choisis est de louer une voiture! Me doutant de l’arnaque, j’hésite à prendre ses services, mais lui faisant confiance j’accepte au moins l’aller, dont le prix est exorbitant pour le voyageur que je suis. Je m’apercevrai plus tard qu’il m’a bien évidemment menti.

J’arrive cependant dans le village des Lacandons et pour moi c’est le plus important. Je comprends que je suis également dans la famille de Shankin viejo, dernier shaman Lacandon, détenteur de l’histoire de son peuple. Celui-ci après la dernière guerre accompagna des scientifiques et journalistes vers une cité maya: Bonampak. En 1996, il s’éteignit, gardant avec lui une connaissance inestimable.

shan kin viejo

shan kin viejo

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Pendant une semaine, je parcours les montagnes aux alentours , sur les nombreux sentiers qui parcours la forêt. Enfin, j’y suis, j’attendais cette rencontre avec impatience. Je découvre alors, en compagnie de Shankin Obregon, cette jungle si familière à ce peuple. Bien que, petit à petit, l’utilisation de celle ci disparaît. La richesse de l’environnement saute aux yeux.

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img_03001L’eau coule de partout, depuis les sommets des ces courtes montagnes qui encerclent le village. Les lianes grimpent vers le ciel en s’accrochant aux arbres et rejoignent les orchidées et plantes épiphytes qui y sont déjà installées. Des fougères de toutes les tailles dont certaines mesures plus de 5m, couvrent le sous-bois. L’humidité moite ambiante fait remonter du sol les nombreuses effluves des mousses.img_0316

Il pleut depuis deux jours, rajoutant une atmosphère de jungle. Au loin, au crépuscule, le cris des singes « saragato » perce le silence de la forêt. La jungle Lacandon m’accueille dans un décor intemporel.

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Ce peuple se nomme « Hash Winik », les vrai hommes et le nom Lacandon vient en fait de la rivière Lacantun qui borde la réserve. Avant l’arrivé des conquistadors et de Cortes, ils vivaient dans la péninsule du Yucatan et dans la région de Péten, au Guatemala, qui était à l’époque inclus dans l’empire Maya. Fuyant les invasions et refusant tout contact avec l’extérieur, ils se sont regroupés au cœur de la jungle de l’actuel Montes Azules qui couvrait une superficie de deux millions d’hectares.

A partir du XXème siècle leur territoire s’amenuise de plus en plus, et, au milieu du siècle leur population menace de disparaître.

Je loge dans une grande cabane en face de la maison familiale, là où sont reçus les touristes de passage. La pièce est rustique et fraîche et les immenses tortillas de maïs traditionnelles de CoMaria sont un délice. A l’intérieur de la grand maison, les femmes s’affairent en discutant, tandis que les enfants jouent bruyamment autours d’elles. La cuisine se fait encore au feu de bois, sur des trépieds, à même le sol ou sur un socle de bois et de terre.img_0065

Mais rapidement je remarque que le niveau de vies des Lacandons est bien supérieur à celui de la plupart des indiens des communautés du Chiapas. Comme partout au Mexique, dans les villages, chaque familles possèdent une « milpa », des champs où sont cultivés maïs, haricots et plus d’une cinquantaines de plantes pour certaines communautés. Le maïs, base essentielle de l’alimentation pour confectionner une fois moulu en farine à tortillas.

Mais ici, je vois plus les gens acheter de la farine toute prête, boites de conserves et toutes sortes d’aliments industriel. Je m’ étonne même de voir autant de « police de l’environnement » aller et venir en quad ou en pick up. Plus bas dans le village, à quelques centaines de mètres de la lagune, se dressent plusieurs habitations « traditionnelles » de luxe. C’est le campement touristique avec chambres climatisées, restaurant et internet. Le site est en finition il va bientôt pouvoir accueillir son lot de touristes cherchant l’exotisme de la jungle Lacandon et en contrepartie d’un billet assistera à une cérémonie maya.

Il faut dire que la cité mystique de Palenque n’est pas loin. Et quelle cité ! Véritable témoin de l’ancienne civilisation, elle constitue un des joyaux archéologiques de la région. Le temple de Bonampak découvert lui gràce aux Lacandons et à Shan kin viejo est d’une remarquable beauté, du fait de ses peintures intérieures encore intactes. D’autres cité, au coeur de la forêt peuvent être visiter et les agences de tourisme se font une joie d’organiser des circuits « éclairs » pour visiter chrono en mains les richesses de la région.

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Le temple de Bonampak

Le temple de Bonampak

Dans le village de Lacanja shansayab, que je visite par la suite, je constate que toutes les maisons du centre du village se sont transformées en gite, restaurant, et boutique de souvenirs, cases « traditionnelles » en béton pour des logements. Tout est en chantier et on construit même des trottoirs de chaque côté de la route ! Qu’elle intérêt ici ? Certainement pour faire plus « traditionnel »!

Le gouvernement depuis quelques années soutient une politique d »écotourisme » dans la région de Montes Azules et sur les grands sites archéologiques avec l’appui de la communautés internationale dont l’Europe, avec le programme PRODESIS visant à soutenir l’écotourisme. L’état se sert des Lacandons comme une image pour faire plus authentique.

Le touriste paie pour ça, alors on demande aux hommes de porter plus souvent leurs tuniques blanches. Les villages reçoivent des subventions qu’ils distribuent aux familles. Mais cela s’arrête là, car les dividendes de l’afflux touristique ne leurs revient certainement pas.

Pour le jeune Ephraïm, lui aussi de la famille Shan kin, les aides du gouvernement ne le concerne pas. Vivant avec sa seule grand mère à l’extérieur du village, il doit se débrouiller pour vivre. Chaque semaine, il part à la chasse. Connait les plantes comestibles et médicinales, non pas pour faire le guide, car cette connaissance il l’a vraiment en lui, et lorsque je l’accompagne pour deux jours de randonnées dans la jungle, je reconnais sont instinct de chasseur à sa manière de marcher et d’écouter autour de lui. Il regrettera même de ne pas avoir emmener son fusil, lorsqu’il s’apercevra que je ne suis pas un touriste comme les autres!s1130003

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Que restera t il du peuple Lacandon dans quelques années ? Avec les enjeux financiers que représente cette forêt (et l’écotourisme en est qu’une partie immergé), quelle poids pourra avoir une communauté de quelques centaines d’individus, dépendants des ressources de l’état ?

Car ce joyau de biodiversité renferme bien des intérêts pour les firmes pharmaceutiques et de bio-technologie. Monsanto entre autres est sur les rangs et installe dans le sud de la forêt d’immenses serres pour y étudier et y reproduire les plantes médicinales connut par les peuples anciens. A des fin commerciales bien sûre, puisque le tout sera breveté. La valeur commercial des arbres rentre bien entendu en ligne de compte. Le sous sol, quand à lui, est riche en minerai et en pétrole, et comme le gouvernement est propriétaire de celui-ci et que le terme « réserve de biosphère » n’est qu’un mot dans un décret, il peut facilement dans les années à venir faire machine arrière ; Que serait alors les protestations internationales faces aux bénéfices engrangés par de telles exploitations ?

On comprends alors que le seul intérêt n’est pas la protection de la biodiversité mais bien la main mise sur les richesses d’une région, qui par le mouvement Zapatiste désire une plus grande autonomie et un pouvoir de décision sur leurs terres.

Ecrit par Asso Kernunos in: Jungle Lacandon, Mexique |
déc
08
2011
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Chiapas, une réalité bien sombre

Le Chiapas est un des riches états du Mexique en termes de ressources. Forêts en abondances, montagnes donnant naissance a de nombreuses rivières, fournit à lui seul, 35% de l’électricité hydraulique du pays. Mais il regorge aussi de minerais, de pétrole et de gaz.
L’agriculture prends une part importante également avec la production du café (35%) et du Maïs.
Depuis quelques années, le Chiapas se vante d’être le premier producteur de bio-carburant du pays, avec 50 000ha de cultures.
Utilisé pour la fabrication de bio-diesel, les cultures de palmiers africains sont une vraie catastrophe pour l’environnement. Nécessitant engrais et pesticides qui contamine par la suite l’eau et le sol et apporte maladie a ceux qui les utilisent, elles supplantent les cultures destinés à la consommations des communautés et est responsable de se fait d’une augmentation des prix des produits de base de + de 50%. Des pans entiers de forêts (dont en partie la réserve de biosphère) partent en fumée pour laisser la place à ces cultures. Le gouvernement Mexicain souhaite d’ailleurs poursuivre dans ce sens en augmentant la surface de production à 900 000ha dans les vingt prochaines années.
En Janvier 2010, le congrès de l’état du Chiapas à approuvé le financement de la construction d’une usine servant à la transformation de l’huile.
En février 2010, un communiqué de la RECOMA (Réseau Latino Américain contre la monoculture d’arbres), dénonce les graves atteintes que subissent les communautés de la Selva Lacandona dans la zone de la réserve.
Des dizaines de familles ont été expulsé violemment par des forces militaires et gouvernementale, puis relogés dans des « cases » en bétons dans la ville de Palenque situé à quelques kilomètres de là.Leurs terres seront affectés à la production d’huile de palme.
La forêt Lacandon n’est pas seulement menacés par ces cultures…

L’état du Chiapas à grand renfort de publicité attire les compagnies de tourisme sur son territoire.
Une jungle intact et protégée, les eaux limpides des cascades et un tourisme solidaire fait cacher la réalité de l’enjeu que génère cette forêt.,
En 2004 avec le soutient de la France et de l’Union Européenne avec le programme PRODESIS (projet de développement social intégral et soutenable de la jungle Lacandon), le Chiapas lance un programme d’éco-tourisme dans la réserve et sur tous les monuments archéologique et naturels.

Mais qu’est ce que cela veut dire ?
Dans nos têtes, le mot écotourisme est une bonne chose. Un tourisme différent, qui permet à des familles et structures locales de mieux vivre. Cela fait jouer le commerce locale et évite le tourisme de masse en respectant l’environnement.
En théorie…
Dans la réalité du Chiapas, il en est tout autre. Ce mot devient synonyme de gros profits et d’utilisation du concept pour diviser les ethnies et mener ainsi une guerre dite « de basse intensité » visant les communautés Zapatistes ou non. Le gouvernement attise les discordes en « offrant » aux villages qui ne suivraient pas la voix de l’auto-détermination, subventions et services.

C’est ce qu’il a fait en donnant aux Lacandons, peuples minoritaire au Chiapas, la réserve de Monte Azules.

En 1972 grâce aux démarches d’un couple, Franz et Gertrude Blom, qui ont consacré une partie de leur vie a aider ce peuple, et face à la pression internationale pour préserver la dernière jungle encore intacte de la région, le gouvernement Mexicain confie la gestion de 600 000ha de forêt aux 66 familles Lacandons restantes. Mais pour cela expulse 2000 familles qui y vivaient depuis des décennies.

Depuis ce jour et jusqu’à l ’année dernière ses expulsions se multiplient, prétextant une dégradation de la réserve ! Les lacandons eux aussi usent de se prétexte pour faire valoir leurs droits sur ces terres et accusent les autres peuples de tous les maux.
Les projets touristiques appuyés par la France n’ont rien d’écologique. Dans l’un des villages (le plus touristique des trois), on peut voir le résultat d’une telle politique.

A Lacanja-Shansayab, le village est en pleine émulsion et presque chaque maison est en rénovation pour y accueillir le flot de touriste qui chaque année, passe par ce village avec les tours opérators.
Petit à petit il se transforme et devient une sorte de « club méd » de la jungle.
Maisons en béton et toit de paille (traditionnelle) sanitaires (sans assainissement), climatisation des chambres, internet…
On distribue gratuitement des outils de jardins à chaque famille pour qu’elles entretiennent les plantes mises en terre. On y installe même des trottoirs, pensant semble t il à une fréquentation importantes des voitures dans l’avenir. Les conseillers aux tourisme incite bien sur le habitants à porter leurs tuniques blanches traditionnelles « Parce que le touriste veut de l’exotisme et qu’il paie pour ça ».
Des mégas projets sont en cours de réalisation (ou dans les cartons), dans tous les sites archéologiques du Chiapas. Sites sacrés, cascades et lacs azurés font l’objet d’infrastructures touristiques visant une clientèle riche et aisées.

Certains organisme dénonce le manque de consultations avec la population locale. Les projets ne sont pas adaptés pour que les familles en tire un quelconque revenu et les structures n’ont plus rien à voir avec le label d’éco-tourisme.
Orchestré par l’état et les multinationales, on fait mains basses sur les richesses de cette région exceptionnelle.

Le tourisme n’est qu’un des quatre grands axes de la région. Le pétrole, le gaz et le minerais en sont les trois autres. Mais un autre intérêt attire les multinationales : la biodiversité que renferme cette jungle. Les plantes, utilisés depuis des générations pour l’usage de la médecine traditionnelle, intéresse les firmes pharmaceutiques. Dans le sud de la réserve, de gigantesques serres sont installés pour étudier, cultiver et breveter les trésors que renferme ce biotope.

DÉMOCRATIE ! LIBERTÉ ! JUSTICE !

Caracol V, Roberto Barrios,
le 8 avril 2005

Article publié dans le n° 32 de CQFD, mars 2006.
http://www.cequilfautdetruire.org/spip.php?article959

Le Caracol Roberto Barrios
dénonce

AUPRÈS DE L’OPINION PUBLIQUE,
Auprès de la société civile mexicaine et internationale,

Les faits suivants :

Tout au long des dernières années, divers organismes gouvernementaux tels que l’INI, le SEDESOL, le SEMARNAP, le ministère du Tourisme et le conseil municipal de Palenque, entre autres, ont tenté de faire construire un complexe touristique aux abords de la rivière Bascán, située sur le territoire de la commune rebelle de Roberto Barrios.
À plusieurs reprises, le refus opposé par notre communauté est parvenu à paralyser ce projet mais, une fois de plus, les promoteurs de ce projet d’exploitation reviennent à la charge, avec les mêmes arguments, en répétant les sempiternels mensonges du discours démagogique des entreprises. Nous savons pertinemment à quel point les entreprises du secteur hôtelier, de la restauration et du tourisme convoitent nos terres et la taille des intérêts en jeu. Ce sont eux, les chefs d’entreprise, les principaux bénéficiaires de l’exploitation de nos ressources naturelles, quoi qu’ils disent en nous rebattant les oreilles avec leurs belles promesses de développement et de confort pour nos communautés.
Nous connaissons les problèmes qui ont surgi partout où ce type de projet a été réalisé, comme aux cascades de Agua Azul, de Misol-ha et autres, où les inégalités et les affrontements inter-communautés sont évidents. Et aucun organisme n’intervient pour tenter de résoudre de tels problèmes, on cherche uniquement à les occulter et à prétendre que tout va bien. La construction de locaux et l’aménagement du territoire ne répond en rien aux besoins des habitants des villages affectés et nous ne croyons pas non plus que nous allions tirer quelque bénéfice que ce soit de ce projet.
Les divers gouvernements, fédéraux ou locaux, savent pertinemment que de semblables projets ne sont faits que pour créer une belle image aux yeux du reste du monde, de belles cartes postales et de belles photos pour illustrer livres et revues s’adressant aux gens argentés qui viennent jouir de nos ressources naturelles, tandis que la réalité profonde de la misère et de l’exploitation ne sortent pas sur les photos ni dans les journaux : nous n’y figurerons qu’en tant que curiosité exotique menacée de disparition.

Nos coutumes et nos traditions, nos chants et nos danses, nos langues et nos costumes traditionnels ne vont servir qu’à amuser et à rendre plus gais les fêtes et les réunions de ceux qui peuvent payer en pesos, en dollars ou en euros. Une façon d’entretenir et d’augmenter encore la situation d’exclusion, d’exploitation et de pauvreté chez nous, dans nos propres demeures.
Dans le même temps, on va aussi ravager un patrimoine que nous avons hérité de nos ancêtres, qui avaient su le préserver jusqu’à nos jours pour que nos peuples puissent en jouir et en profiter sans surexploitation ni exagération. Ce patrimoine, on veut maintenant l’endommager, en transformant en vile marchandise tout ce qui peut être vendu.
La destruction arrive et avec elle les arbres sont abattus. Le vice, les drogues, les maladies l’accompagnent et les eaux sont polluées, alors que nous y puisons quotidiennement selon nos besoins.
Le 20 juin 2003, le conseil des terres communales avait déjà dénoncé les mêmes problèmes et montré que l’intention est la même, que tous ces projets de complexe touristique dans ces cascades ne sont qu’une provocation visant à déstabiliser, à diviser et à faire s’affronter les communautés zapatistes et non zapatistes.
Nous voulons nous adresser à certains de nos frères indigènes qui, éblouis par la richesse, ont cédé à la tentation du pouvoir et contribuent à promouvoir le signe de la mort au sein de nos villages, sans que leur importent les conséquences immédiates et futures. Nous les informons que désormais non seulement la communauté en résistance s’y oppose, mais que nous ont rejoints nos frères qui croyaient auparavant aux partis politiques, ce qui montre suffisamment la vérité de notre refus. Au vu de tout ce qui arrive, ceux qui ne croyaient pas que cela pouvait se passer prennent conscience aujourd’hui de la réalité.
Nous exigeons le respect de nos communautés, de leurs ressources naturelles et de leur territoire. Nous exigeons de paralyser immédiatement ce projet. Nous exigeons le retrait définitif du projet dénommé Écotourisme sur nos terres. Nous exigeons le respect de notre vie communautaire.

Ecrit par Asso Kernunos in: Chiapas, monte azules | Mots-clefs :, , ,
nov
19
2011
0

Les komis

Première partie de l’épisode Russe en forme de rétrospective. Visite d’un des plus grands parc National de Russie, situé a l’ouest de l’Oural.

Ecrit par Asso Kernunos in: Komis, Non classé, Russie, video |
nov
19
2011
0

La primorié

Dernière partie de l’épisode de Kernunos sur le continent.
“Au bout du monde la Primorié”, relate la rencontre avec une des dernières Taiga Russe encore intacte et la rencontre du peuple Udeges. Un tournant pour Christophe et Marilia.

Ecrit par Asso Kernunos in: Russie, video |
nov
18
2011
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Pause a San Cristobal, Chiapas

Au 3b Isabel la Catolica, a San Cristobal de las casas au Chiapas, la vie s’organise. Dans la petite chambre que je loue pour deux mois, je m installe du mieux que je peux avec les moyens du bord. Un bureau de fortune est improvise afin de commencer rapidement le montage du film sur les foret d’Amerique du nord. Toujours ce decalage. Il faut penser a la fois au reportage precedent et en faire un court metrage, et penser a celui a venir. Recherche d’infos sur le lieu, comment y acceder et tourner des images.  Le temps passe si vite qu il ne faut pas trainer et monter un film prends du temps.  Un probleme cependant demeure, le materiel n a pas resiste a cette longue descente vers le sud, l’ordinateur a son ecran de casse et une grosse tache  m’empeche de travailler correctement. En ville, impossible pour l’instant d’en trouver un a louer ou a me faire preter, alors je commence quand meme le montage tant bien que mal. J’essaierai plus tard, pour la finalisation de m’en procurer un. Jean-Pierre et Olivier ont decide de me donner un coup de main et decident de traduire un des films en Espagnol( celui des Komis , premiere partie Russe): Il sera diffuser plus tard a la maison pour les gens du quartier. Une chance pour moi egalement de les connaitre car ils pourront m’aider pour la traduction des interviews realises lors du prochain documentaire sur le Chiapas et le peuple Lacandons.

nouvel appartement pour Kernunos

nouvel appartement pour Kernunos

 Des mon arrivee je decide de cuisiner ( j’adore ca) et leurs raconte le voyage et ce pays qui m’a tant fascine: La Russie. pour joindre le gout a la parole, je tente la recette des pierogis ( pate fourree avec au choix, mixture de poivrons,oignons, choux ou  pommes de terre ail. Tout le monde est ravi de gouter a ce plat et je promet des que possible de recommencer.

 

Essais reussis pour des pierogis qui nous  regalent

Essais reussis pour des pierogis qui nous regalent

San Cristobal est une petite ville touristique ou bon nombre de touriste affluent de toutes parts.  C’est l’endroit “in” pour tout ceux qui viennent au Chiapas, et dans les rues dediees aux touristes, tout est fait pour que ceux ci depensent leur argent pendant les quelques semaines de leurs precieuses vacances. Aussi, certains quartiers ressemblent plus aux villes occidentales et s’il n’y avait pas le style coloniale espagnol, on pourrait se croire n’importe ou dans le sud de l’Europe. Les Eglises y sont bien sur nombreuses et rappelent ce temps ou l’empire hiberique tenait une place predominante dans le nouveau monde. Tout est fait pour que l’on oublie le veritable probleme qui se joue dans cette partie du monde, celui des peuples  en lutte pour le droit a l’auto-determination et a la conservation de leurs cultures et de leurs terres.img_1494

Une des nombreuses eglises temoin du passe colonial
Une des nombreuses eglises temoin du passe colonial

    Jean-Pierre et Olivier ont donc decide de rester un moment, ici a San Cristobal et d’y creer un projet: Un atelier velo ou chacun pourra grace a leurs competence en matiere de reparation et de debrouillardise, de reparer sa “petite reine”. Dedier principalement pour aider les gens des quartiers, cette petite boutique fonctionnera sous le regime de la donation. Les voyageurs comme moi, pourront y trouver un lieu pour se reposer et entretenir leurs montures. Par la suite, un petit restau vegetarien sera egalement cree, et un jardin sera meme installe sur le toit plat de la maison. L’inauguration de la ” Bici Cocina comunitaria” (la cuisine pour velo communautaire) El Machete vient d etre inauguree.

La Machete, petit atelier de reparation velo

La Machete, petit atelier de reparation velo

Avec un brin d'astuce tout peut se faire

Avec un brin d'astuce tout peut se faire

J-P et Olivier, remonte de vieux velos jetes et recuperes

J-P et Olivier, remonte de vieux velos jetes et recuperes

l'inauguration attire un peu de monde, premier succes

l'inauguration attire un peu de monde, premier succes

     

 C’est l’occasion pour moi de connaitre une tradition Mexicaine: La piñata (prononcez Piniata). Cela consiste, lors d’une fete a accrocher  une grande poupee sur une corde, celle ci est remplie de sucrerie et une personne les yeux bandes est charge de la briser avec un baton. Evidemment on fait tourner la personne pour qu’elle soit desoriantee et on fait bouger la poupee sur la corde. Ce soir la c’est Fernanda, la petite amie d’Olivier qui s’y colle. J-P bien sure a rajouter sa petite touche d’humour et la remplie de jus de betteraves! effet assure.

La pinata est accrochee, la fete commence

La pinata est accrochee, la fete commence

                                                                                                                                                    

Fernanda s'y colle avec plaisir

Fernanda s'y colle avec plaisir

Apres ca se corse pour la briser

Apres ca se corse pour la briser

 

 

 

fou rire assure grace a J-P

fou rire assure grace a J-P

 

 

 

 

 

 

Pour moi, apres deux semaines passees a travailler sur le montage, il est temps de penser a la suite du voyage. La visite de la foret de Montes Azules  et la foret des Lacandones. Je pars bientot pour le petit village de Naha, ou l’un des dernier Chaman detenteur du savoir et de la connaissance Maya c’est eteint en 1996. Que reste t il de leurs cultures et que renferme cette jungle qui dit on est une des plus riche en biodiverstite d’Amerique du nord? c’est ce que je vais tenter de decouvrir prochainement, je laisse Takayan pour un moment et decide de prendre le bus, le collectivo locale, pour une visite de plusieurs semaines.

Ecrit par Asso Kernunos in: Chiapas, Mexique | Mots-clefs :
oct
25
2011
1

PLEIN SUD

(Desole certaines photos ne passent pas, mise a jour des que possible)

Après une nuit de traversée, l’ancien ferry de la SNCM racheté par le Mexique me dépose à Maztlan, une ville portuaire située sur la côte Pacifique. A bord, parmi les chauffeurs de camions et familles Mexicaines, je fais la connaissance d’un Français, bourguignon et tailleur de pierre, Jean Pierre,en route pour San Cristobal de las Casas, au Chiapas. Il est lui aussi en vélo, et doit rejoindre un ami dans la grande ville de Guadalajara plus au sud. Nous roulons ensemble quelques jours et nous nous séparons avec la promesse de se revoir à San Cristobal.

le Maztlan star débarque son lot de passagers

le Maztlan star débarque son lot de passagers

Une rencontre de taille... Jean Pierre, bourguignon, sculpteur

Une rencontre de taille... Jean Pierre, bourguignon, sculpteur

 

 

 

 

 

 

Un peu plus de 2400km de route me sépare encore de la forêt Lacandones, il me tarde d’y être, et de m’y imprégner. Mais la route est longue pour accéder à ces mondes, toujours de plus en plus reculés et inaccessibles. Elle suit une fois de plus l’océan , me permettant d’apprécier de temps en temps un camping « de luxe » lorsqu’une plage du littorale m’accueille. Tout est différent dans cette partie du Mexique, en dessous des tropiques du cancer , où tout n’est que verdure luxuriante. Un choc et à la fois un bonheur, après 18 jours de traversée de désert.

un peu de "luxe" sur la route

un peu de "luxe" sur la route

Du vert ! Mais aussi de l’eau ! Outre les nombreux ruisseaux et rivières qui descendent des montagnes, c’est aussi la saison des pluies. On devrait dire des orages. Certains peuvent être destructeurs, les fortes pluies entrainent des coulées de boues, détruisant des villages. La végétation change encore, me présentant la diversité climatique du Mexique. J’ai l’impression de me retrouver quelques part en Europe. Grandes pâtures et bovins, routes bordées de talus de feuillus, cultures. Mais la chaleur humide est bien présente et me rappelle où je suis. Comme les moustiques d’ailleurs qui deviennent plus nombreux chaque jours.

Les camions quand à eux ne dérogent pas à la règle et sont eux, les maîtres incontestés de la route. Bien qu’ils se font de moins en moins nombreux, ils vous remettent à chaque fois à votre place : En vélo, on est vulnérable et fragile, leur souffle peut vous déséquilibrer et vous envoyer dans le décor en moins de deux, ceux qui viennent de face, sont autant de mur de vent à franchir. Et lorsque la route se fait sinueuse et grimpante, il vous inonde de colère, lorsqu’il vous double, par des jets de fumées noires sortant des pots d’échappement sur-dimensionnés. Je peste alors contre les constructeurs qui n’ont pas pensés à les installer à gauche.Oui, je suis bien au Mexique, par le trafic tout du moins. Il y a bien entendu la musique, présente partout. Des quartiers des petites villes aux maisons isolées, il y a toujours de la musique dans l’air. Pas de la bouillie Anglophones, mais plutôt musique du pays.

Les contrôles militaires ponctuent eux aussi de temps en temps les journées. Cela me fait toujours un peu bizarre de voir des hommes en armes, avoir le pouvoir et l’autorité. A l’image des différentes police circulant dans le pays, vêtue « à la GIGN », fusils d’assault à la main , traquant le crime ! Les cartels font la loi et s’entredéchirent le pays, et tout ce déploiement de force militaires ne changera rien au problème.

L’odeur des charognes sur le bas coté de la voie ne change quand à elle pas non plus. Là ce sont des tatous, serpents, chiens, et toutes sortes d’animaux, écrasés lors de leur tentative de franchir le cordon maudit ! Certains font le régal des vautours qui prolifères aisément. Plus tard, les carcasses restent à pourrir pour des mois. Les détritus, malgré une campagne de sensibilisation naissante, font parties irrémédiablement du paysage, à mon grand regret.

Je rentre à présent dans l’un des nombreux « états unis du Mexique, le Michoacan. Le vélo fatigue et moi aussi. Les montagnes de la « Sierra madré del sur » nous est fatale. Takayan casse la chaîne, après le porte bagage, et je me fais un tour de reins ! Stop, il faut marquer une pause…img_1437

Avec une réparation de fortune, j’atteins la ville de Lazaro Cardena. Une journée au calme dans un motel, et un passage à une boutique pour la réparation du vélo, nous met tous les deux d’aplomb pour continuer le voyage.

Une fois les montagnes passées, de grandes plaines cultivées les remplacent. Cocotiers, bananiers, papayers, citronniers et manguiers prédominent. Tout le monde travaillent au champs. Par pick-up bondés de monde. Les enfants profitent de ce moyen de locomotion pour rejoindre leurs écoles.

culture de bananiers et cocotiers en mélange

culture de bananiers et cocotiers en mélange

Sur le parcoure, un obstacle, un gros : Acapulco. Ce nom pourtant raisonne comme luxe et belles plages ; En partie surement, mais incroyablement dangereuse ces temps ci. Je reçois un mail de Jean Pierre, il vient de se faire racketter avec son pote par la police. Une amende de 500$, pour soit disant une route interdite aux vélos ! Et cela aurait put être pire apparemment, il valait mieux payer !

Je franchis quelques jours plus tard avec un peu de stress cette ville maudite. Se frayer un chemin à travers la ville, le trafic, les coups d’œil aux flics qui patrouillent parmi les coccinelles Volkswagen recyclées en taxi, grimper une colline qui n’en finit pas, et puis j’en sort enfin….

Acapulco, verrue sur le parcour

Acapulco, verrue sur le parcour

Heureusement dans toute cette polluante noirceur, il y a les rencontres. Brèves et furtives comme la rencontre un jour d’un python, tentant de traverser la route. Un bonjour, un regard, une conversation qui commence, et on m’offre des galettes de maïs, un café ou on me roule à la main des feuilles de tabac, le « Pourou », petit cigare local. Il y a la beauté des lieux aussi.

lesbébés tortues à peine sortis iront rejoindre l'océan

lesbébés tortues à peine sortis iront rejoindre l'océan

Plages de sable fin, parfois désertes où les dernières espèces de tortues marines viennent pondre leurs précieuses progéniture sous l’oeil expert des scientifiques.

protégé et répertorié, les oeufs de tortues recoivent tous les soins

protégé et répertorié, les oeufs de tortues recoivent tous les soins

Montagnes et forêts verdoyantes et fleuries où les colibri et perruches virevoltent dans tous les sens , laissant la place, la nuit venue au lucioles qui m’offrent une chorégraphie connue d’elles seules. Je sais pourtant que tout est déjà transformé à l’image de l’homme. Les anciennes forêts ont été rasées pour laisser la place au bétail et à la culture du maïs et autres cultures.

culture de Papayes

culture de Papayes

 Il y a 60 ou 80 ans, il y avait encore, dit-on, des jaguars dans les parages et les arbres étaient bien plus imposants.img_1347

Les journées s’enchainent, les unes après les autres et seul mon agenda me permet de me rappeler la date du jour. L’avantage du voyage à vélo, je vis au rythme de la terre, avec la course du soleil. . Une sensation d’immense liberté m’envahit, contrastant avec la fatigue des journées de pédalage accumulées.

San Cristobal et l’état du Chiapas ne sont plus très loin, il faut tenir. Là bas, les choses se mettent petit à petit en place. Jean-Pierre et Olivier décide de rester dans la ville pour un moment et loue une maison, il y a des chambres de libres, je suis le bienvenue. Une première porte vient de s’ouvrir, celle d’un endroit fixe où je vais pouvoir m’organiser pour travailler sur le film de la « rainforest » et visiter la jungle Lacandones. Je prends contact avec un ami Français, Karl, qui vit au Mexique et travail comme guide touristique. Il est de passage à San Cristobal avec un groupe, la date de son passage est précise, je ne veux pas le manquer, motivation de plus pour avancer. Il peut m’aider dans la découverte de cette région et me donner des contacts pour mon prochain reportage.

Je quitte à présent l’état de l’Oaxaca et rentre enfin dans le Chiapas. Les nuits sont toujours aussi chaudes et humides, et les orages éclatent maintenant régulièrement dès la tente posée. Fini les bonne poêlée de légumes, tortillas et crudités sont au menu du soir.

Un jour, enfin se dresse devant moi la dernière barrière avant l’arrivée. Une chaine de moyennes montagnes me sépare de mon but. Je veux impérativement arriver le jour même. Mais la route est longue, grimpante et sinueuse, ponctuée par de faibles descentes. Comme une dernière épreuve, j’avance trop doucement, roulant au pas d’un homme. J’abandonne très vite l’idée d’arriver en milieu d’après midi et espère pouvoir atteindre la ville avant la nuit. Il me faut encore trouver internet et noter l’adresse de Jean Pierre et bien sure, trouver la maison dans une ville de 200 000 habitants.

Les heures défilent, mais pas les kilomètres; Sur les routes sinueuses les paysans vendent des épis de maïs cuit au feu qui font mon régal. Et puis, enfin, un dernier panneau routier m’indique les vingt derniers kilomètres restant à faire. Pour mon grand bonheur, San Cristobal de las Casas est dans une cuvette. Le dernier tronçon se fera en partit en descente. Tout s’enchaine alors très vite, et trouve sans trop de problèmes, la nuit venue et sous un crachin soutenu, je frappe au N°3b de la rue Isabel la Catolica. Je suis arrivé, Jean Pierre et Olivier m’accueillent chaleureusement. Le voyage marque une pause, j’en suis content, les 54 jours de traversée du Mexique s’achèvent. La découverte des montagnes du Chiapas et de la réserve de monté Azules dans la selva Lacandones commence!

 

Ecrit par Asso Kernunos in: Mexique | Mots-clefs :,
sept
13
2011
0

“Ptites” infos

Si vous voulez voir  plus précisément le trajet de Bella- Coola à San Diégo, la rubrique cartes et itinéraires est à jour pour l’Amérique du nord, il va falloir attendre un peu, par contre pour le Mexique…

On a un petit soucis de compatibilité d’ordi afin de vous montrer les deux derniers courts métrages racontant la forêt des Komis (première étape Russe en 2009), et celui de la Primorié (dernière étape). Mais elles sont visibles sur le site du Conseil Général des Côtes d’Armor en rubrique vidéo ( cliquez sur le lien un peu plus bas!).

Dans l’article suivant, j’y ai mis de la musique, imaginer parcourir cet univers de “silence”

Ecrit par Asso Kernunos in: Non classé |
sept
13
2011
0

Dans la fournaise de la Baja-California, Mexique

Bryan me propose de me pousser en voiture jusqu’à l’embranchent de la route qui me conduit vers le Mexique et une petite ville frontalière du nom de Técaté. J’accepte volontiers, ce nouveau coup de pousse me permet de quitter la ville et de m’épargner plusieurs kilomètres.

dernier coup de pouce

dernier coup de pouce

Malgré cette heure matinale, il fait déjà très chaud. Les quelques 30 km qui me sépare de ce nouveau pays sont déjà éprouvants, il va falloir s’adapter à ce nouveau changement extrême. Pendant deux jours, mal de crane et pointe de côté vont ponctuer ma route. Mais côté positif, je bénéficie d’un visa de 6 mois en payant une petite taxe, Au service d’immigration, le préposer à juger  qu’il me fallait au moins ce temps pour traverser son pays! Magnifique, le stress d’arriver au plus vite à san Cristobal, au sud , disparaît.

Je met le cap au sud, m’enfonçant dans cette longue  bande de terre entourée par la mer.Le nord  est d’abord plus vallonné, un peut boisé, de ci de là par des chênes vert et les premiers cactus apparaissent. Je découvre alors, d’un coup, la vrai chaleur, celle qui cogne et qui fait mal,  aussi chaud qu’une sweat lodge (hutte de sudation). Il y a l’adaptation à cette bande goudronnée avec dessus un autre style de conduite de ceux qui l’utilisent.

Difficile premiers kilomètres, voitures et camions n’ont pas l’habitude de voir un voyageur à vélo parcourir  cette route même si je ne suis pas le seul à l’emprunter.  Parfois, c’est juste, les  lourds et bruyants semi-remorques me frôlent mais ça passe.

Tu n'es que poussière et tu roulera dans la poussière

Tu n'es que poussière et tu roulera dans la poussière

Ils sont à la fois mes pires ennemis et mes plus fervents supporters! Les odeurs des plantes me rappellent la steppe du Kazksthan, la chaleur et les détritus innombrables le long de cette bande goudronnée, plutôt l’Afrique. L’odeur! c’est l’avantage du vélo que d’avoir le nez à l’air et de tout sentir, le bon comme le mauvais. De nombreux cadavres d’animaux ponctuent les journées, à même la berge, frais ou séchés par le soleil depuis des mois. Des tronçons  sont en réparation, souvent sur plusieurs kilomètres, il faut “jouer des coudes” pour pouvoir passer.

longues lignes droites infinies

longues lignes droites infinies

Heureusement pour moi, c’est de courte durer, dans l’ensemble la route est neuve, un vrai billard. Je pense alors aux cyclistes qui ont empruntés cette route il y a 5 ou 10 ans, cela devait être quelque chose! Au fur et à mesure mon corps s’adapte à cette fournaise, la température grimpe, dès les premières heures de la journée. Chaleur étouffante qui me fait lever de bonne heure pour pouvoir rouler un peu “à la fraîche”, juste quelques heures… Lors d’une pause matinale dans une des petites boutique faisant office de restau-routiers, le thermomètre indique 35° à l’ombre, il est 8h30! il fait bien 50° sous le soleil de midi et l’idée de m’arrêter lors de ce moment et d’éviter le pire est vite oublié. Pas beaucoup d’ombre parmi les cactus et les rares arbustes qui peuvent m’en apporter.  Pédaler permet de toute façon d’avoir un peu d’air et d’éviter les mouches!

La Baja-California est un vaste désert, et le parcourir est une expérience fascinante. Les journées se succèdent, inlassablement, il faut prendre le rythme. Lors des bivouacs, j’apprends à utiliser et à choisir le bon cactus ou arbuste sec qui me permettra de cuisiner.

attention, ça pique!!!

attention, ça pique!!!

Le sol est jonché de piquants de toutes sortes et ils n’est pas bon de s’y balader sans chaussures! attention aussi aux roues de Takayan, qui, bien que “chausser” de pneus increvables, n’apprécie guère ce genre de piquants! Les nuits sont elles aussi chaudes, trop chaudes. Les mouches et moustiques, quand à eux sont ravis d’avoir un hôte et les fourmis, reines de la terre et omniprésentes, prennent leurs part. Il faut dire que dans ce genre d’environnement, c’est la survie pour tout le monde, et un corps chargé de sel et de sang chaud est un don pour les petites bêtes ailés.

Pour ma part, je dois faire attention à l’eau! un bien plus que sacré. Les échopes et fermes se font rares, et quand on campe dans le désert, il faut un minimum. 6 litres me suffisent pour cuisiner le soir, boire un thé et avoir suffisamment d’eau pour le lendemain, jusqu’au prochain point de ravitaillement. Inutile de dire alors, qu’il à peu pour se laver, même si après 6 jours, je me charge un peu plus et me réserve un litre pour la toilette et le rasage, ça fait du bien…

Les kilomètres défilent,  voilà 15 jours, que je roule dans la fournaise, ça ne s’arrête pas! On me dis que c’est le mois le plus chaud de l’année, je veux bien le croire! j’avance cependant, musique dans les oreilles et contemple avec émerveillement les trésors de Gaïa. Un peu de musique, le silence en dit long parfois…

Clip audio : Le lecteur Adobe Flash (version 9 ou plus) est nécessaire pour la lecture de ce clip audio. Téléchargez la dernière version ici. Vous devez aussi avoir JavaScript activé dans votre navigateur.

Invitation au voyage à travers le désert central de la Baja California

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Impression de remonter le temps, à l’origine des choses, lorsque la terre devait peut être ressembler à cet environnement de roches et de plantes grasses. Les arbres ne sont pas encore des arbres… Univers torride  mais tellement beau et puissant!

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C’est dans ce milieu extrême, que je fais la connaissance de Shoen, Un américain apparut comme un fantôme sur la route, sur une longue ligne droite de plusieurs kilomètres. Il marche depuis des jours, un chaton dans les bras. Il fait du stop depuis Cabo San  Lucas au sud, mais ça ne marche pas, les gens ont peur de lui, peur de son “look”. Il n’a rien avec lui, mis à part un sac contenant un gros livre sur la naissance des civilisation et un pull. On lui a tout voler, tout pris, carte d’identité et argent compris. Il doit remonter à Tijuana pour  refaire des papiers US. Je lui donne le peut que j’ai. Quelques tomates, concombres et tortillas. Manger lui fait du bien. Je lui laisse un peu d’eau, nous discutons de l’humanité pendant qu’il se restaure un peu! il n’en reviens pas d’être laisser tomber en plein désert par les gens qui le croisent en voiture. même les camions ne s’arrêtent pas, humanité peureuse dans des boites en fer!!!

Après 18 jours de route, j’atteins, fatigués mais heureux d’avoir traverser cette épreuve,  la ville de La Paz où je dois prendre le ferry pour Mazatlan, situé sur le continent. Il me reste 2400 kilomètres à parcourir avant d’atteindre la forêt que je vise. Là encore, il a fallut passer par un désert avant d’atteindre le but. Comme à travers les steppes du Kazaksthan pour atteindre le Kirghiztan, le désert de Gobi et la Chine avant la primorié en Russie, je devais passer par cette route qui m’a fait prendre conscience de ce bien précieux et vitale qu’est l’eau.

Ecrit par Asso Kernunos in: Mexique, baja california |
août
24
2011
0

Itinéraire “Bis”

Petit à petit, au fur et à mesure que je descends vers le sud, le soleil montre gentiment le bout de ses rayons bienfaisants. J’ai beau me dire que c’est nécessaire et vitale pour la redwood forest, je suis bien content d’avoir chaud. Mais ce n’est quand même pas les grosses chaleurs, et me dit que c’est plus facile pour rouler. ah! vivement le cancer! enfin pas celui qui me guette à force de fumer, mais l’autre, celui des tropiques. Mais je ferai moins le malin une fois arriver au Mexique en traversant le désert du Sonora, là il fera vraiment très, très chaud.
La route appelé “l’allée des géants”, est encore un moment jalonnée de séquoias, preuve que ces “seigneurs” de la forêt étaient présent à une époque pas si lointaine que ça sur une bonne partie de la côte ouest. A un moment donné, je me suis demandé si je n’allais pas rendre visite à leurs cousins les séquoias géant de la Sierra Névada, mais le temps me manque et n’ai pas envie d’avoir le cœur brisé de voir une nouvelle fois ce cortège de touristes attirés par l’envie de se faire prendre en photo à leurs pieds où passer en voiture à travers l’un d’entre eux, comme le montre cette célèbre photo que l’on connait tous.

bifurcation sur itinéraire bis

bifurcation sur itinéraire bis

La route devient un peu plus tranquille lorsqu’elle bifurque , pour longer au plus près la côte ouest pacifique. Je me rapproche cependant d’une grande ville: San Fransisco. Bien qu’habituer depuis de long mois passés en Colombie Britannique, cela me fait toujours un peu drôle d’être obligé de  tout calculer: Les miles en km, les gallons en litres, les kilos en livres, les centimètres en pouces,  les millimètres en pieds… Je fais donc très souvent des “pieds et des mains ” pour tout convertir! d’ailleurs petits jeux, je me suis pesé avec mon vélo sur une balance de camion histoire de voir combien je trimbale; Sachant que  une livre fait 0,40 kg, je pèse avec mon vélo et sacoche: 300 livre (le vélo seul avec bagages 160), à vous de jouer.

attention, piège, ce ne sont pas des km!!!

attention, piège, ce ne sont pas des km!!!

Beaucoup de lieux portent des noms Russes comme “fort Ross”, qui vient de  Rossia (Russie), qui jadis installaient des comptoirs sur la côtes pour traiter les fourrures. C’était lorsqu’ils possédaient l’Alaska. A mes yeux c’est comme à chaque fois un bonjour de la Russie. Je ne manquerais pas d’aller jeter un petit “Priviet” (bonjour), au cimetière du fort.

San Fransisco, grosse ville sur ma route. Avec le trafic, c’est pour moi stress on the city, mais heureusement l’itinéraire vélo est bien fait, et me fait passer par les villas bourgeoises, un luxe qui ressemble plus à des maisons barbies qu’autres choses. Sur le fameux pont de la “porte d’or”, c’est la cohue de touristes japonais, asiatiques ou autres venue se faire photographier sur ce monument mythique.

le golden gate dans son éternel brouillard

le golden gate dans son éternel brouillard

Je le traverse sans sourciller, pour moi c’est juste un pont! et je perds du temps à slalommer entre les badeaux

Puis les villes s’enchainent les unes après les autres: Santa barbara, qui me rappel se feuilleton débile qui passait dans ma jeunesse, Santa cruz, avec un air déjà mexicain, mais faussement bourgeois et touristique, à la vue de bons nombres de sans abris et de “zonard” qui trainent le long des faubourgs.

Santa Cruz, faussement propre

Santa Cruz, faussement propre

Puis, avant Los Angeles, autre grosse ville qui m’érisse les poils: Malibu ( encore un feuilleton débile) sans heureusement d’alerte, puisque je traverse les plages tôt le matin et qui sont du fait désertes.

Plage à Malibu, de toute façon, je préfère une bière fraîche!!!

Plage à Malibu, de toute façon, je préfère une bière fraîche!!!

Pavillons bourgeois,  même pas peur des tsunamis!!

Pavillons bourgeois, même pas peur des tsunamis!!

Heureusement, il y à des rencontres, et particulièrement Kenneth. Musicien et prof de tennis pour des cours particuliers, il associe le yoga et le tennis pour donner un coup de souffle nouveau à ses élèves. Sur la route depuis plusieurs années maintenant il à choisit ce mode de vie qui, dit il lui  convient  mieux. Besoin de peu de choses, une vie plus seine et sans stress.

Kenneth, chouette, il fume!!!

Kenneth, chouette, il fume!!!

Il aimerait quand même devenir célèbre dans cette région où les riches abondent. Nous roulons ensembles deux journées, cela me convient, il connait tout les plans camping ou dormir, prendre des douches gratuitement. Il a cependant du mal à vouloir camper en pleine nature à mon grand regret, et quand je l’ai vu manger froid des boites de conserves, je lui ai proposer un ptit gueuleton.

double foyer, je devient un pro de la cuisine au feu de bois!

double foyer, je devient un pro de la cuisine au feu de bois!

dernière grosse ville sur ma route "la cité des Anges" Los angeles envers du décor!

dernière grosse ville sur ma route "la cité des Anges" Los angeles envers du décor!

Puis c’est la ville de Los Angeles qui une fois de plus me fait grincer des dents et tousser plus qu’un paquet de clop. Après les plages et les villas bourgeoises, le port avec ses millions de conteneurs attendant d’être expédier pour la surconsommation à outrance, ce sont les raffineries et quartiers industriels qu’il faut traverser. Camper dans la nature est une douce utopie et seul un parc national fait d’arbustes rabougris replantés me permettra de me poser sans pouvoir y faire de feu de peur d’être repéré. Tout d’ailleurs autour de moi sur ma route est artificiel. Autour des routes, villes ou villas arrosés en permanence par des réseaux de tuyaux d’eau permet aux parterre de fleurir, alors que dans les collines ce sont les cactus et les arbustes secs qui poussent. La région devient plus sèche, pas les villes.

Les habitants en sont très content de vivre dans cet univers de faux semblant, cachant leurs craintes d’être agressés où cambriolés. alors on veille!!!

"Attention les voisins surveillent!" indique le panneau, bonjour l'ambiance!

"Attention les voisins surveillent!" indique le panneau, bonjour l'ambiance!

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Les kilomètres défilent et me voilà dans la dernière grande ville avant la frontière Mexicaine: San Diego.

img_11431 Sans trop y croire j’envoie un mail à un contact rencontré au  tout début des US, Bryan, qui en fin de virée à vélo dans les environs de l’Olympic National Parc m’avait croisé. A ce moment je m’étais dis que je ne comptais pas m’y arrêter dans cette ville frontalière. Mais au final, une bonne pause, histoire de préparer la suite du voyage est plus que nécessaire. Bryan est prof de science et sa femme Elizabeth trompettiste en freelance et également prof. Ils sont chez eux et sont heureux de m’accueillir. Ils font vraiment tout pour que je puisse me sentir comme chez moi, me conduisant même à travers la ville y trouver banque, poste et magasin vélo.

Une pause bénéfique chez un couple en or, une amitié se créer

Une pause bénéfique chez un couple en or, une amitié se créer

Une amitié se créer, des  moments forts  partagés me font changer mon idée sur les américains, même si je me doutais que tous ne sont pas avec un gros camping car où dans des maisons bourgeoises entretenues par des Mexicains qu’ils craignent. Je les remercie comme je le peux, en cuisinant des petits plats à ma façon où en leurs offrants les films du voyage et une aquarelle. Bryan me promet qu’à ses prochaine vacances il me rejoindra pour rouler ensemble en Amérique Centrale.

Il est temps pour moi de reprendre la route, même si je pouvais rester encore plus longtemps, la suite du voyage m’appelle. nous nous reverrons, c’est sûr. J’espère pouvoir un jour les accueillir dans mon village et leurs rendre la pareille. Un autre monde m’attend à présent. Tout, je le sais va être différent, climat, population, niveau de vie et ambiance. C’est bien le tour des mondes que je réalise, Au revoir les US, bonjour le Mexique!!!

Ecrit par Asso Kernunos in: Non classé, Usa côtes ouest, californie, route 101 |
août
09
2011
0

Sur la route

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Je longe toujours la côte pacifique, et entre en Californie. un nom bien connu chez nous, car fredonné par un chanteur Français, à une époque où le “rêve américain” était sublimé. un nom synonyme de soleil, de plages et de sable fin… Pour l’instant pour moi, ce n’est pas le cas. En fait, c’est plutôt brouillard pluvieux le matin, deux heures de soleil l’après midi, ( encore avec un peu de chance)  et un vent souvent présent qui me fait rouler en pull régulièrement. La côte est cependant sauvage et magnifique. On peut admirer le travail de l’océan grignotant depuis des millénaires  les falaises. Peut de gens s’y baignent du fait de la température froide , et seuls quelques surfeurs jouent avec les vagues déferlantes.

au fil du temps les vagues sculptent la côte Californienne

au fil du temps les vagues sculptent la côte Californienne

La saison est estivale et le flot incessant des voitures et camions met mon morale à rude épreuve. Bruyante et extravagante, tel est mon impression de l’Amérique. Ici, rien ne compte plus que l’apparence et le fric, déballé l’espace d’un instant par toute une population qui vit à crédit. Tout est fait d’ailleurs pour les voitures, et les “drive-in” et drive-thru” (fastfood et boutiques en tout genre où l’on reste dans sa voiture pour commander et consommer), se comptent par centaines. La mal-bouffe, une vérité terrifiante et bien présente qui condamne cette société . On m’affirmera un jour que 80% de la population est en sur-poids et que 50% d’entre eux sont obèses! Je m’amuse, lors des poses courses à compter les individus faisant les leurs  et constate cette triste vérité avec effroi.

Dans cette virée Américaine, je rencontre beaucoup de cyclistes. il faut dire que cette route est très réputer, et chacun à sa raison pour l’emprunter. Le plus souvent pour les vacances et rarement pour un long voyage comme le mien. alors, dans les arrêt camping, je fais office de baroudeur au long cours et détient le record de distance et de temps passé sur un vélo. Ce qui impressionne’ également c’est ma façon de cuisiner, au feu de bois, bien sûr. Alors que la majeure partie d’entre eux mangent lyophilisée, je déballe légumes, épices, viandes (difficile de m’en passer!!!) pâtes ou riz. Et puis, je raconte mes aventures, la traversée de la Russie et de l’Asie Centrale, ma séparation avec Marilia qui décide de rester dans la taïga sauvage et bien entendue l’épisode Canadien avec la crue de la Bella-Coola.

pour l’instant je roule seul, même si il m’est arrivé pendant deux jours, d’accompagner Darby , un homme de 61 ans qui décide de changer de vie après des années de labeurs et de vie “normale”. il souhaite faire un tour du monde l’année prochaine et tente un test. Il est heureux de rouler avec moi et j’essaie de lui montrer que la route peu, si on le souhaite nous donner le meilleur. avant de se quitter je cuisine un petit repas de fête, une paëla aux fruits de mer qui le fera complètement halluciner. J’espère le voir en France lorsqu’il y passera.

crevaison, pour Darby, le lot quotidien d'un véloroutard

crevaison, pour Darby, le lot quotidien d'un véloroutard

les côtes, une épreuve qui s'affronte

les côtes, une épreuve qui s'affronte

Sur cette route, il y a beaucoup de cyclistes alors voici un petit aperçu des gens que je croise:

Melvin, avec en poche du café et un kit de réparation

Melvin, avec en poche du café et un kit de réparation

les vacanciers, pour une petite ou moyenne distance.

les vacanciers, pour une petite ou moyenne distance.

Dublin traverse les states et cherche sur la côte à acheter unvoilier pour y vivre

Dublin traverse les states et cherche sur la côte à acheter unvoilier pour y vivre

Lucas, un Allemand partit d'Alaska et qui rallie la terre de feu

Lucas, un Allemand partit d'Alaska et qui rallie la terre de feu

la palme, revient à ce couple qui décide de prouver que l’on peut partir au tour du monde à vélo avec quatre enfants (cela me rappelle la Thaïlande et zoé)

une famille avec 4 bouts de choux pour un tour du monde

une famille avec 4 bouts de choux pour un tour du monde

grande expérience, pour ces enfants le dernier est encore au sein avec maman

grande expérience, pour ces enfants le dernier est encore au sein avec maman

Ces moments de rencontres sont pour moi des comme des petits bonheur sur cette route, somme toute bien triste.  Je ne vois qu ‘exploitation intensive, des forêts ou des vallées. Je me demande comment est le reste du pays! En réponse, on me dit qu’ici c’est la plus belle partie; dans les anciennes plaines où régnaient les bisons, on peut conduire pendant 12 heures sans quitter le même champs de maïs!!

tractosaure

tractosaure

incroyable. Qu’on t il fait de ce pays, qui autrefois devait être si merveilleux, si riche en diversité!

Mais je dois faire abstraction, continuer à rouler et malgré moi je me sens comme un animal sauvage parmi les humains qui sont mes semblables mais que je finis par détester.

Même les camping des parcs nationaux pourtant peux cher, ne sont pas adaptés à mon mode de vie, et lorsque je trouve un petit bosquet, je me sens plus à l’aise, presque chez moi et quand un coyote vient me voir, curieux, je me dis que j’ai fait le bon choix. Je me dis qu’heureusement Marilia n’est pas là, dans ce monde de fou, elle aurait craquée, elle si sensible à la vie sauvage; elle à fait le bon choix en restant de l’autre côté, dans cette taïga si magnifique pour y faire sa vie.

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Ecrit par Asso Kernunos in: Autour du voyage |
août
09
2011
0

Survivante de la préhistoire et mémoire de la terre : La Redwood forest

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Tout au long de la côte Nord-Ouest des Etats Unis, du Sud de l’Oregon, au Nord de la Californie, s’étend une forêt des plus exceptionnelle. Apparue au cours du Jurassique, il y plus de cent millions d’années sur tout hémisphère nord du globe, elle fut contemporaine des dinosaures. Avec la dernière glaciation et les changements de température, elle fut retranchée à cette étroite bande océanique au relief montagneux.

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C’est en 1794, qu’un scientifique du nom de Archibald Menzies décrit cette espèce et lui donne le nom de Séquoia Sempervirens. Séquoia en l’honneur d’un chef de tribu Cherokee: « Sequoyah » et sempervirens qui veut dire toujours vivant. Avec plus de 100m de hauteur ils font partis des arbres les plus haut au monde,peuvent vivre plus de 2000 ans et peser plus de 50 tonnes. Résistants aux insectes et aux feux et ayant la faculté d’émettre des rejets par leurs racines et leurs troncs, ils méritent bien leur nom.

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Dans sa famille, il a deux cousins. Le Sequoiadendron giganteum ou Séquoia géant vit lui dans la Sierra Nevada, à l’Est de la Californie dans les montagnes. Là, vivent les plus gros et plus massifs arbres au monde. Certains comme le « Général Sherman » à une hauteur de 83m pour une circonférence de 30m, un volume de 1400m3 et une masse estimée à 1200 tonnes!

un séquoia tombé à terre reste impressionant

un séquoia tombé à terre reste impressionant

Le second, le………… (métasequoia glyptostropoïde), vit quand à lui dans le Sichuan, une province de Chine.

Lorsque l’on parcours cette forêt de séquoia, on est non seulement frappé par l’imposante stature de ces géants, mais aussi par l’incroyable diversité de fougères, de mousses et d’arbustes qui tapissent le sol. Certaines fougères (épiphytes) colonisent la canopée offrant gite à une myriade d’insectes, de grenouilles et d’oiseaux.img_0722

Lorsque l’on mesure sa biomasse (c’est à dire l’ensemble du vivant dans un espace donné), elle est 5 fois supérieure au m2 que la forêt tropicale ! L’atmosphère ambiant explique cette incroyable biodiversité. La confrontation entre l’air froid venu de l’océan et la chaleur de la terre, créer un brouillard quasi permanent pendant l’été et un temps doux et pluvieux pendant l’hiver.img_1012



Les cerfs et chevreuils abondent, mais les ours et les cougars se font rare. Les rivières et l’océan regorgent de poissons et de mollusques dont raffolent les « lions de mers ».

C’est dans cet univers que vivaient les Yorok, les Tolowa ou les Chilula depuis près de 10 000ans. Vivants en parfaite collaboration avec leur environnement, ils tiraient du séquoia la majeur partie de leurs bien matériel. Maisons, canoës, vêtements et ustensiles divers venaient de cet arbre incroyable.

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Ce sont les Russes qui les premiers s’installèrent dans la région vers 1812, et installèrent un comptoir où ils commerçaient les peaux de loutres de mer et autres mammifères. En 1800, la forêt côtière couvrait probablement 1 million d’ha, lorsque les premiers colons Américains prirent possession des lieux. A leurs contact, les tribus native furent décimées, la porte était grande ouverte pour l’exploitation en tout genre. De l’or fut trouvé et les mines commencèrent à creuser, puis les industries forestières s’intéressèrent au potentiel que représentaient les qualités du séquoia. Lorsqu’un tremblement de terre, suivit d’un incendie dévasta San Fransisco en 1906, les coupes de bois redoublèrent, réduisant encore la surface de forêts primaire. Au début du vingtième siècles, plusieurs botanistes et des personnes de renom s’alarmèrent et fondèrent la ligue « sauvons les séquoias » . Aidés par plusieurs mécènes dont Rocquefeller, ils purent acquérir des centaines d’ha de cette ancienne forêt.

Aujourd’hui, seul 5% (47000ha) de la forêt originelle subsiste et est sous le contrôle des parcs Nationaux, où l’on peut recenser 80% des plus vieux sujets.Cependant, 750 000ha de seconde repousse (c’est à dire d’arbres qui peuvent atteindre l’âge de 200 ans), sont en majeur partie soumis aux exploitations forestières. Même au sein des parcs Nationaux, la « protection » de ces espaces sensibles ne me semblent pas suffisante pour la conservation de la dernière forêt humide de séquoias.img_0711

Un des facteurs les plus alarmant à mon avis est le climat. Le réchauffement climatique global planétaire, entraine une diminution des brouillards côtiers pendant la saison estivale. A la grande joie des touristes qui affluent, mais au détriment de cet environnement, qui avec un climat plus sec verra disparaître ces ancêtres, mémoire de la terre.

Le second problème à mon sens est l’impact touristique. Certe, informer et sensibiliser est important et permet d’éveiller les esprits, mais il faut prendre garde. Des routes récemment refaites qui traversent des zones d’anciennes forêts, à travers les parcs, les campings et divers boutiques à souvenir et les chemins de randonnées qui la parcours de long en large, la met en péril et menace sont équilibre.Les milliers de pas des touristes curieux tassent le sol, les voitures et énormes camping cars polluent à tout va, là où devrait exister une réserve stricte. On m’assurera cependant qu’il en existe, « plus au sud »

les "cerfs de Roosevelt" ne craignent plus les humains

les "cerfs de Roosevelt" ne craignent plus les humains

Que reste t-il donc de la réelle énergie d’une forêt ancienne sans la vie sauvage et de cette complexe symbiose qui y règne ? On nous met en garde contre l’ours noir ou le cougar, mais avec tout ce vacarme, pas un ne s’approchera à des km à la ronde. Seul le « cerf de Roosevelt » vient brouter tranquillement dans une prairie qui jouxte un parc qui porte son nom : Il s’est fait aux touristes, mais reste méfiant. Je m’étonne même de voir si peu de moustiques. Je me sens plus en visite dans un musée, dans un temple à vastes colonnes. Je m’y promène avec respect et humilité,. J’ai malheureusement l’impression de voir disparaître ce lieu et une profonde émotion m’envahit.

La encore il faudrait prendre des mesures draconiennes pour permettre d’étendre la superficie des parcs et préserver l’ensemble de la forêt de séquoia, l’ancienne comme la nouvelle, et permettre aux générations future d’admirer, comme nous en avons la chance, ce que pouvait être l’origine du monde. img_0503

Ecrit par Asso Kernunos in: Usa côtes ouest, redwood forest, sequoia |
juil
22
2011
0

Etat de Washington: la route de la désolation

Débarqué à Port Angeles, je roule à présent sur le continent. La route longe cette fois ci la côte Ouest et ne devrait plus quitter l’océan pacifique pendant de long mois.

Les formalités douanières sont expédié d’une façon plus que rapide à mon grand étonnement: pas de fouille de sacs ni de questions à tout va. Ne m’attardant pas dans cette petite ville, j’entame les premiers km sur la nationale 101, très connue des véloroutards et touristes en tout genre qui descende vers le sud. lorsque je m’étais renseigné pour la route à suivre et descendre au Mexique, tout le monde me l’avait conseillé.” La côte pacifique, tu verra, c’est beau et c’est un vrai bonheur!!!”;

Ces premiers jours de route se feront, malgré la pluie  (rainforest  oblige), sous le signe de l’Olympic National Parc. Un parc magnifique renfermant des épicéa magnifique, gigantesque, avec en sous bois, une végétation de fougères et d’arbustes des plus luxuriants.

luxuriante rainforest!

luxuriante rainforest! dans l'Olympic Parc

Cependant, dès que l’on quitte les parcs, mon cœur et mon âme prennent un coup d’électrochoc. Je suis une fois de plus bouleversé par le spectacle des coupes rases. Les montagnes sont littéralement pelées. Les camions de bois incessant vont et viennent chargés de leurs funeste butin. J’en suis écœuré. Ici par contre, pas de détail, on ne prends même pas la peine de laisser une bande boisée, on exploite tout.img_0920 J’ai beau me dire qu’il faut du bois pour construire le monde que l’homme s’est fait, je ne peux qu’avoir un sentiment de tristesse et à la fois de révolte; Quand bien même tout est replanté, cela ne deviendra jamais une vrai forêt avec toute cette vie qui y est connecté. Camper devient même difficile. Trop de végétation abondes après les coupes et les replantation et lorsque j’aperçois une bande forestière, c’est pour découvrir un jeune boisement d’une trentaine d’année avec en dessous, souches et branches sans dessus dessous datant des premières coupes. Alors, je trouve malgré tout de quoi m’installer sur les chemins d’exploitations caillouteux.

le pays des montagnes pelées

le pays des montagnes pelées

toujours et encore des coupes rases

toujours et encore des coupes rases

Le temps est toujours à la pluie mettant mes nerfs un peu à l’épreuve, mais me console quand on m’informe que l’état de Washington veut protéger le reste des forêts anciennes et passer ainsi à 50% de son territoire en Parc Nationaux. Les habitants manifestent, râlent pour les emplois manquant, les villes étant depuis longtemps tournées vers l’industrie du bois, et ne comprennent pas que le tourisme peut lui aussi être une source de revenue.

j’implose de rage lorsque sur ma route, je croise la mort. Une chouette vient juste d’être abattue par une voiture. Moi qui parlais des touristes, eux aussi, avec leurs gros trucks remorques et caravanes toutes plus grosses les unes que les autres font des dégâts sur l’environnement. A croire que c’est devenue une compétition national pour les retraités d’avoir ce genre d’appartement roulant coutant trois tours du monde pour moi. Insolence de la sur-consommation.

la mort sur la route, presqu'un quotidien

la mort sur la route, presqu'un quotidien

bus caravane, et ça c'est un petit!

bus caravane, et ça c'est un petit!

Bientôt je rentre dans l’état de l’Oregon, j’espère y trouver autre chose que le signe pour moi de la mort. Mais ça veut dire également qu’il est temps de faire quelque chose pour notre planète. Réveiller le cœur des gens et leurs faire comprendre qu’il suffit de peu de chose pour inverser le processus et de vivre dans un monde plus agréable. Faite le test: Après la pluie, la forêt inonde de parfums de toutes sortes, respirez après le goudron de la route, avec les voitures et camions polluants qui la parcours, c’est une horreur!! Je suis bien placé pour en parler.

Mais je suis optimiste, je sais que les rencontres peuvent être belles, tant au niveau humain que forestier, le prochain état traversé ne me démentira pas…

Ecrit par Asso Kernunos in: Usa côtes ouest, etat de washington |
juil
22
2011
0

Réadaptation à la route, surl’île de Vancouver

Le départ est lancé, me revoilà de nouveau sur les routes après de longs mois d’absence et de repos. Prochain objectif: la Selva Lacandones au sud du Mexique, à plus de 6200km. Je compte cependant faire une étape dans la mythique forêt de Séquoïa géant, en Californie afin d’y terminer mon reportage sur la “Rainforest”, commencer au Canada et en Alaska. Je part de la vallée gonflé à bloc, avec dans mes sacoches, un cadeau de Dave: lard salé et saucisses sèches, qui feront mon bonheur sur tout le trajet de l’île.

Le ferry me dépose après plusieurs heures de navigation sur l’île de Vancouver, à Port Hardy, où j’entame mes premiers tours de roues.  On m’avait informé que le nord de l’île était plus boisé que le sud. En fait, la personne devait certainement rouler en voiture, car du haut de mon vélo et à la vitesse où je vais, je n’ai pas la même perception des choses. Les coupes rases sont bien là, partout, dans les vallées comme dans les montagnes, et seule une bande boisé demeure de part et d’autres de la routes afin de ne pas traumatiser le touriste, qui à 100km/h, ne s’aperçoit de rien.  mais je temporise et me dis que “peut être” sur la côte nord ouest, là où il y a peu de routes, la forêt est plus présente, plus belle aussi.

"aménagement forestier" sur lîle, qui s'en soucis?

"aménagement forestier" sur lîle, qui s'en soucis?

Je prends mon temps afin de me réadapter à la route et au vélo chargé différemment,il ne me faut cependant que quelques jours pour atteindre le sud de l’île et la petite ville de Victoria où un autre ferry doit m’emmener sur le continent et le premier état des USA, celui de Washington.

la route principale longe la côte Est de l'île

la route principale longe la côte Est de l'île

En attendant ce dernier je profite de me balader dans la ville qui regorge de touristes. C’est une aubaine pour bon nombre de sculpteurs et artistes des premières nations qui sur le pavé exercent  leurs arts. Au détour d’une rue je tombe sur un “Dark Vador” plus vrai que nature, qui se recycle après avoir été battue par le “dernier des jedei”

artiste sculpteur, la connaissance n'est pas oublié

artiste sculpteur, la connaissance n'est pas oublié

un "méchant" se recycle

un "méchant" se recycle

Ecrit par Asso Kernunos in: Canada |

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