sept
07
2009
0

Flirt avec les Kamaz

On aura jamais autant été encouragés par les Camions qu’au Kazakhstan. On roule avec, on apprend leur langage. Dans cette partie du monde, le Kamaz est roi… et ses conducteurs de vrais mécanos… pas de direction assistée sur ces engins vrombissants, et quand ça crève faut savoir (et pouvoir) démonter un pneu avec ses biscotaux (voilà pourquoi, à l’origine, le camionneur est baraqué…) Par vent latéral gauche, l’attraction est quasi irrésistible lorsque l’un d’entre eux nous frôle de si près… Flirter avec ce genre d’engin est un exercice bien périlleux… qui vaudra une belle gamelle à Marilia.p1000496

p1000507img_1763mod3 égratinures, le porte-bagage en vrac, et les nerfs à bout, on atteint tout de même le village routier suivant où recoit réparation: une bonne bouffe pour les nerfs, un melon de 3kg offert par un beau camionneur pour les 3 égratinures, et un soudeur-artisanal pour le porte-bagage… En attendant on fait la rencontre de Cherif qui convoie des pastèques vers le Nord… Une semaine plus tard, on le retrouvera sur la route, chargé de patates pour le Sud… Comme on refuse toujours de grimper les vélos dans son camion, il nous demande de l’appeller, une fois arrivés à Almaty… ce ne sera pas la dernière fois qu’on se croisera…

Ecrit par Asso Kernunos in: Kazakhstan, Velo |
sept
07
2009
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Le mystère de la Cité Perdue…

p1000482Parfois notre aventure prend des tournures inattendues… A Karaganda (grosse ville minière), on toque à la porte d’une église (cathos, évangélistes, orthos ou luthériens, les portes finissent souvent par s’ouvrir quand on demande l’hospitalité)… L’évèque Allemand nous prend en charge, en même temps qu’un vieux Père  Etasunien d’origine Belge…(quand au Père séminariste, il est Espagnol) Le Vieux Père a un prénom qu’on n’invente pas et qu’on retient pour toujours: Raymond Connard. Voilà maintenant des années qu’il vit dans cette partie du monde, entre le Kyrgyztan et le Kazakhstan, avec pour principale mission, une enquête sur une ancienne cité, posée au beau milieu de ce Continent Asiatique… Armalek…Comme un coeur, comme un soleil, d’elle partaient des routes vers les plus grands empires… des milliers de marchands sur la route de la Soie ont du la traverser. Quelque chose d’enfoui sous terre y demeure encore (hormis les fondations d’une cathédrale catholique, objet précis de son enquête…).

Raymond Connard nous met sur la piste de cette cité perdue. Il a travaillé avec des archéologues pour retrouver la ville détruite en 1339 par la bande Musulmane de Tamerlane de Samarkand. Aujourd’hui côté Chinois, les ruines intéressent quelques archéologues, dont l’un est Français, spécialiste d’Asie Centrale, et vit à Bichkek, capitale Kyrgyze, où nous devons nous rendre… Comme pour nous faire pénètrer plus profondément dans notre voyage au Coeur du Continent, Raymond nous confie un document sur cette cité perdue, à remettre en mains propres au fameux René Cagnat…

campement-steppe

Ecrit par Asso Kernunos in: Kazakhstan |
sept
07
2009
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Steppe

Faite pour le Voyage…

p1000429

Celui du Vent, d’abord, que plus rien n’arrête. L’étendue immense des herbes doréees devient les vagues d’un océan sous sa caresse… Qu’il nous pousse ou nous retienne, toujours il souffle, emporte, déporte, ou reporte nos avancées si relatives, dans cette immensité… A perte de vue, RIEN que la Terre et ses herbes dansantes et odorantes… RIEN que le Ciel et ses mouvements en profondeur…p1000408Voyage…

…Celui des nuages, des lumières, des arcs-en-ciel et des averses à peine tombées qu’elles sont déjà loin… Sur la steppe, tous passent, sans s’y arrêter bien longtemps. Les hommes aussi, à cheval, en train, en voiture et en camion… les véhicules s’adaptent à l’époque, mais toujours n’ont fait que passer. Quand on nous encourage, quand les gens, ébahis, nous offrent quelque chose, c’est sur le pouce, sans nous retenir, sans nous retarder, pour nous aider plutôt, à avancer, à pas traîner: la route de la steppe est longue, ses oasis s’y égrènent, à chaque fois plus éloignés les uns des autres…Pourtant, on ne manque de rien: en apprenant à les reconnaitre de loin, on peut les trouver, le filet d’eau en pointillé sur la carte, un lit de rivière asséché, où des arbustes ont poussé et nous offrent le bois et l’abri anti-vent pour passer nos 1eres nuits sous les étoiles (filantes elles aussi!)

takayan Enfin, cette steppe nous propulse vers le Coeur d’un continent, vers un centre du monde, un oeil de montagne où tout se rejoint, et tout se disperse… entre les grandes cultures de Chine, d’Inde, d’Orient, d’Europe et de Russie. Sur cette steppe le temps a lui aussi voyagé, les montagnes arrondies ont des milliers d’années, elle a vu des forêts luxuriantes, des océans, des apocalypses, des recommencements, et puis des gens, de passage…

Ecrit par Asso Kernunos in: Kazakhstan |
sept
07
2009
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Altaïn Adam, l’Homme Doré

p1000359Ce fier prince nomade d’une ancienne tribu du Sud est devenu le symbole du pays. Il tient un aigle sur son poing et est porté par un félin ailé… Rencontrer un de ces hommes, galopant dans la steppe, ou perché au sommet d’une montagne (du sud…) est un rêve à faire revivre!!!

cavalier-bergerAujourd’hui, les yourtes pourrissent derrière les cafés routiers construit en dur, et les troupeaux (déstinés à alimenter les abatoirs) sont gardés par des cavaliers spécialisés. Les 1ers villages de la steppe dépendent totalement des usines à gaz, des mines de charbon et des fabriques de produits agro-alimentaires que la plupart des gens ne peuvent même pas se payer.

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Nous on aimerait goûter de la barback locale, des patates du bled, de ce que les gens savent faire pour eux-même… comme le “kurt” par exemple, ce lait caillé sèché moulé à la main, leur fromage national… Non, non… ça ce sont les galettes des bouses de vache qui sèchent au soleil pour devenir du combustible. Dans ce pays sans arbres et à l’hiver pourtant très rude, telle était l’alternative. Aujourd’hui, meme les rares yourtes qui restent se chauffent au charbon.

troupeau_vachesAu Nord du pays l’élevage de grands troupeaux de vaches et de chevaux prédomine. Au sud, près des montagnes: culture de fruits et légumes. A l’Est, gaz et minerais. A l’Ouest et partout ailleurs, charbon, gaz. La route nous mène du Nord au Sud, les 1eres montagnes sont des terrils de charbon, et petit à petit les troupeaux disparaissent alors que la terre se fait de plus en plus aride. A mesure que nous avançons, la steppe déjà immense nous immerge dans son infinitude déserte… Encore une fois, nous suivons une bande de goudron, seule ressource pour les quelques villages-routiers qui profitent des nomades des temps modernes: les Camions…

dans-lapoussiere

Ecrit par Asso Kernunos in: Kazakhstan |
sept
07
2009
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“Dostik”, à l’Amitié!

1er village et 1ère belle surprise: un journaliste nous attrape à la sortie de la banque (où on a changé nos roubles contre des tengis). Il s’eclipse 5min le temps d’aller chercher un “officiel” de l’administration, qui nous mène dans sa Lada (avec chauffeur) jusqu’à la Mairie, puis à travers des couloirs, et des bureaux, jusqu’au Maire et son adjoint, photo-cadeau-serrage de pogne…Le Maire avait des “courtisans” à recevoir, il nous assermente donc son “officiel”, chargé d’honnorer la tradition kazakhe qui veut qu’on accueille au mieux les voyageurs lors de leur premiers pas dans le pays…

p1000362 On pouvait décider de rester 3 jours, ou 1semaine, ils nous auraient offert gîte et couvert (peut-être pas aussi luxueux que la bouffe bien arrosée que on a du engloutir, dans la pièce réservée aux hôtes de marque dans le resto du village).Porter des toasts à la vodka, ça c’est une tradition Russe bien adoptée par les Kazakhes! On a donc porté des toasts à l’amitié entre les Peuples, à la Terre et à nos anciennes connaissances.

invite-policePour le midi du lendemain, c’est un flic qui nous récupère, et nous escorte sur 3km avant d’entrer en ville, girophare allumé. Faizulla avait recu l’ordre par la douane rencontrée l’avant veille, de nous aider. Le repas servi dans la “stalovaïa” est tout autant calant (Faizulla nous fourre presque les piroguis dans la bouche), voyez de par vous même comme on est bien nourris!! Faizulla nous donne son numéro de tel. “Ou que vous soyez au Kazakhstan; si vous avez un problème, appellez-moi, et je ferai tout ce que je peux pour vous.”

p1000387 Le lendemain soir, on se pose sur le terrain de jeu d’un petit village nommé Dostik. Des gamins sont arrivés, au début timides, puis de plus en plus causants, et de plus en plus nombreux!!! Ils ont tous défilé (une bonne 30aine!), se sont regroupés autour de nous, trop heureux de voir une tente pour la 1ere fois, des Francais pour la 1ere fois, et des vélos-routards aussi, ça va de soi. Ils nous apprennent que “Dostik” signifie Amitié en Kazakh, que leur langue (bien que tous parlent russe) fait partie de la famille des langues Turques, et aussi comment on dit Bonjour (Saliémietsèsbé), Bon Voyage (Jalom baloïem), Merci (Rac’hmiet), Je t’Aime (Mencenisuiémin) et Bonne Nuit (Khaïrletun)…

Ecrit par Asso Kernunos in: Kazakhstan |
sept
07
2009
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Transition Russo-kazakhe

Dernière rencontre en terre Russe...

Dernière rencontre en terre Russe...

On arrête pas les nouveaux départs… Quitter déjà la Russie, et les Russes surtout, nous pince un peu le coeur, eux qui savent si bien l’ouvrir aux voyageurs, eux qui savent faire des rencontres des instants si forts ou on se donnerait tout… On quitte la Russie en la remerciant, pour ses forêts si présentent encore, qui continuent de nous offrir (même parcimonieusement)de l’ombre, du bois sec, des champignons et des baies de Sibérie (dont je ne connais pas le nom)…

Andreï (ukrainien) dans la steppe

Andreï (ukrainien) dans la steppe

On la quitte en disant “merci” a ces gens tellement désintéressés par l’argent, juste curieux de comprendre Qui on peut bien être, et Pourquoi donc on fait autant les braves à parcourir ces terres à bicyclette…

Regards croisés avec un 1er cavalier Kazakhe

Regards croisés avec un 1er cavalier Kazakh

Le nouveau pays que l’on aborde nous est totalement inconnu…On y pénètre sans y avoir réfléchi… ce sera la grande surprise…  Du côté Kazakhe de la douane, les visages sont tous typés asiatique… ca rigole dur en nous voyant, détendus, éberlués et concernés. Que nous réserve ce peuple d’anciens nomades, sédentarisé à coup de communisme-socialisme? Que va bien pouvoir nous apporter cette ligne droite qui se perd déjà au loin, dans la plaine de l’Irtich ? (merci à lui aussi pour la transition en douceur…)

croise-train

Ecrit par Asso Kernunos in: Kazakhstan |
sept
07
2009
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Can(ic)ulard…

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p1000528p1000542 Chameaux, sable et station balnéaire, “Agadir”, canicule, chech et lunettes de soleil… mais ou sommes-nous donc arrivés??? (Le froid Sibérien nous aurait si fait peur que ça qu’on aurait prit un avion pour le Maroc???)

Non, non, non… bon, un instant, et on vous explique tout…

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Ecrit par Asso Kernunos in: Kazakhstan |
sept
05
2009
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Des galeres pour des rencontres (suite)

p1000300 Donc on en etait arrive au point ou la reparation artisanale necessitait un reajustement toutes les 10min… 100km a ce rythme compromettait notre challenge: arriver dans la journee a Ichim y attraper notre pro du stade…

p1000301 Mais les pouces tendus en Russie trouvent toujours un echo, meme entiches de 2 velos hyper charges. 2 remorques vides, on en demandait pas tant!

p1000304Arrives a Ichim en tempete, notre “Master-cyclo”, prit en otage bichonne Takayan pendant 3 heures, mais termine par nous assurer qu’on ira pas jusqu’a Omsk avec une jante d’une si pietre qualite (meme neuve). J’ai tente 30sec de lui mettre Ileonord entre les pattes, mais Vadim n’a d’yeux que pour Takayan. “Le tien tout va bien… c’est un bon p1000303 velo, y’a juste l’ellipse a re-equilibrer/pas grave, quoi”. Entre temps une ribambelle de gamines se sont amassees autour de nous… veulent parler anglais, savoir combien ca coute, comment les gens s’habillent par chez nous. On nous prend pour des fous: faut dire qu’on leur annonce qu’on part pour un tour du monde, en sandales, en jupette et en velo deglingues, vieux et terreux. ais on repart presque sereins:

p1000307on peut de nouveau rouler, malgre des cotes a 55% dans la plaine siberienne (!!!) et des vents de face a 200km/h qui ne faiblissent pas (he oui, je me permet l’exageration, a la Russe, quoi!)… jusqu’a ce matin du 9 aout ou tout s’annonce a merveille puisqu’il ne nous reste que 95km a parcourir pour atteindre la ville. On aurait du se douter que quelque chose se tramait quand un fourgon s’est arrete et nous a propose de nous pousser plus loin en stop.10min plus tard, Ileonord creve. Reparation, on repart. 10min plus loin rebelote. “L’ellipse, m’avait-on dit…” J’ai donc apprit a regonfler un pneu tout en equilibrant au mieux l’ellipse. Ca n’empechera pas Ileonord de se degonffler jusqu’a l’ultime km.

p1000312 Takayan, jaloux, fera de meme. Et nous, abasourdis, on finit par en rire, de nos galeres continuelles, de ces 40km qui ne veulent pas se terminer. Au final on a atteint la ville, au 1er cafe on fait la pause. C’est le cafe des routiers. 3 d’entre eux nous invitent a leur table. Pour des routiers, c’est comme s’ils nous invitaient chez eux. C’est “le resto” qu’on attendait.Mais la mission “mecanique” n’est pas terminee: nos velos ont besoin de se refaire une sante.affaire.

p1000336 Trouver les pieces speciales qu’il leur faut, puis LE “master-cyclo” de la ville, c’est jamais une mince affaire. Faut demander 3x plutot qu’une. Pedaler de part et d’autre de la ville, de conseils qui tombent a l’eau en tuyaux qui s’averent valables. On nous guide finalement jusque dans des sous-sols obscures qui sentent la graisse de chaine, la clope et la bidouille. Un atelier, des roues renversees… oui. cette fois c’est bien la. On leur a laisse nos montures sur les bras.

p1000341Vous verrez peut-etre pas la difference, mais quand on est revenu le lendemain, les gars super ponctuels (a la Russe) et professionnels, z’avaient tout demonte, tout nettoye, tout remonte… et nos velos tout beaux, comme neufs, tellement qu’on osait a peine les re-enfourcher! En meilleure forme qu’a notre depart de Tremargat! On va pouvoir repartir confiants, et voyager avec PLAISIR, sans se stresser a cause du risque que quelque chose lache toutes les 10min.

En route, donc, pour une traversee Nord-Sud du Kazakhstan!

Ecrit par Asso Kernunos in: Oural et Siberie centrale, Velo |
août
27
2009
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Des galeres pour des rencontres

On s’etait dit “si on atteint Omsk pour le 9 aout”, Marilia paye le resto. Mais c’etait sans compter sur nos chers velos, qui nous demandent constemment de l’attention… Pas un jour sans une crevaison. Quand on nous demande “vous faites ca pour un record?”, je ne vois pas quel a quel record on peut concourrir mit a part celui de plus grand nombre de reparation… et de rencontres-reparateurs…

p1000214Axe et roulement pour Ileonord a Kounkour. Sacha, le patron, finira par tout nous offrir, en plus de nouvelle chambres a air, de pneux, de derailleur, de cles, de tablettes e chocolat, de fric!!!… Il nous aurait bien offert 2 nouveaux velos mais la, il n’en etait pas question!

p1000280Jante defoncee pour Takayan. Une premiere reparation a l’ecorce de bouleau ne suffit pas… il faut employer les grands moyens:

p1000282Marilia part en stop dans l’espoir de trouver une nouvelle jante dans la ville d’Ichim, a 100km de la. A Ichim, le maitre du stade (un pro) m’annonce qu’il ne peut rien y faire… Mais la peche n’est pas bredouille puisqu’au retour des routiers Bielorusees me ramassent, et….

p1000294reparation de bord de route, avec du pneu, de la ficelle, de quoi tenir jusqu’a Vladivostok, parait-il…

p1000298… ce qui s’avere plutot difficile puisque des le lendemain on prefere l’alternative auto-stop pour atteindre de nouveau Ichim ou on exigera de notre pro du stade de l’aide.

Ecrit par Asso Kernunos in: Non classé |
août
27
2009
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Plaine en Siberie

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Passe l’Oural, la foret prend ses distances, et ne devient au loin qu’un mince filet de verdure… Place a la plaine cerealiere, notre Bauce a nous, mais en 10 fois plus grand, evidemment. Les villes sont des poles industriels enormes, de metallurgie, de fonderies, de carrieres et d’agro-alimentaire. La terre est noire (tchernosol), riche, et les troupeaux de vache a l’echelle de la surface… Le transsiberien passe avec frequence, des trains longs de dizaines et de dizaines de wagons. Longues caravanes de Gaz, Petrole, etc…

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un midi avec les ouvriers d'une usine agroaloimentaire

un midi avec les ouvriers d'une usine agroaloimentaire

Le vent nous souffle dans la figure, et sur, on galere dur… La pluie est de mise, et nous pousse a demander quelques abris de fortune pour secher nos os humides, meme pour la pause de midi, qui s’avere d’une chaleur humaine regonflante a bloc… Voila ou les Russes (qu’ils soient Azeris, Armeniens, Bielorusses, ou Ukrainiens) trouvent leur chaleur: dans leur coeur…

 

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Ecrit par Asso Kernunos in: Oural et Siberie centrale |
août
27
2009
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Nos premiers veloroutards

On roule donc sur le grand axe Moscou-Irkoutsk. On arrete pas de nous parler du Baikal, de ses beautes, que c’est la-bas qu’on devrait aller, si on aime la Taiga.

p1000240Avec la rencontre de Kristian, un allemand lui aussi entiche de tournesol, on prend conscience que la route du nord de la russie etait vraiment deserte et interesse peu de monde. Pour s’alleger Kristian a decide de renvoyer sa tente au pays et de se passe de rechaud et de cuisine… On lui offre donc le gite et le couvert, c’est quand meme la classe, pour des velo-routards, d’avoir des invites “a la maison”. p1000308

 

 

Plus loin on rencontre un velo-routard a la Russe: sans tente ni rechaud, sans sacoches ni rien d’autre qu’un sac militaire coice a l’arriere de son petit mini-velo de ville. De Kurgan a Moscou… un type qui a du en voir des pires…

Ecrit par Asso Kernunos in: Oural et Siberie centrale |
août
27
2009
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On dirait le Sud

Nous voila donc repartis vers l’Est… Soleil radieux, asphalte reluisant, bivouaks pres de rivieres ou se baignent des enfants… On dirait le Sud, et c’est vachement bien!p1000233

p1000232p1000249Comme on est tout de meme presses par le temps, on prend les grands axes, et on profite des stands de bord de route pour faire nos courses sans se demonter! Le soir il suffit de se pencher pour trouver a ses pieds le dessert du jour: myrtilles au miel de sarrasin, le voila le luxe du “poutichesnik” (explorateur).

Ecrit par Asso Kernunos in: Oural et Siberie centrale, Trucs de saison |
août
27
2009
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Bilan Komi et pause articulatoire

Avec leurs 2 600 000 ha reunis, le P.N. de Yugud-Va et le Zapoviednik de Petchora Ilitch rassemblent la plus grande foret vierge d’Europe. La richesse naturelle de la Taiga de l’Oural se trouve 1- dans son immensite, 2- dans la purete de son eau et les reservoirs d’eau douce constitues par d’immenses marais de sphaignes, 3- dans la rencontre d’especes europeennes et siberiennes.

Ces territoires rudes et eloignes n’ont cependant jamais cesses d’etre parcourus par les hommes. Le peuple Mansi avait la zone du zapoviednik pour territoire de chasse et faisait brouter leurs Rennes dans la Taiga de la Petchora. Plus au Nord, la ou la Toundra prend le dessus sur la Taiga, les Nenets etaient installes. Le peuple Komi, sedentaire, occupait les terres a l’Ouest de la Petchora.

C’est via le cours des rivieres que les Russes sont arrives vers la fin du 18eme siecle, et qu’ils ont commence a utiliser les ressources abondantes de la Taiga (peche, chasse, commerce de la fourrure surtout). De nombreux villages appraissent alors le long de la Petchora, comme celui de Yaksha (environ 1780) qui devient un veritable carrefour commercial entre les cours d’eaux se jettant dans la mer de Barentz et ceux descendant vers la Caspienne. Mais la ressource s’epuise vite et de nombreuses especes se font rares. En 1931, la reserve est alors creee en reponse a cette pression, mais provoque un conflit entre les partisans du zapoviednik et le peuple Mansi a qui on veut interdire la chasse et d’y faire paitre leurs grands troupeaux. Chasses de leurs terres ancestrales, les Mansis se retirent plus au Nord-Est, et doivent abandonner leurs Rennes. Des villages de 80 habitations implantes sur la Petchora se desertifient, pour ne garder que quelques maisons ou vivent actuellement les forestiers de la reserve.

Aujourd’hui, l’existence du zapoviednik assure le salaire d’un petit nobre de privilegies pour la plupart installes au village de Yaksha. Au-dela de la frontiere de la reserve, l’industrie forestiere termine de s’epuiser, apres avoir tout exploite. Il faudra 150 ans a la foret pour se reconstituer un minimum. Un peuple de la Nature a donc ete chasse pour mettre sous cloche un bout de foret autour de laquelle l’homme moderne n’a su que detruire… Quand et comment saurons-nous vivre de la foret sans l’epuiser irremediablement?

Le projet de Silver Taiga semble aller dans ce sens. 4 800 000ha de Taiga sont encore vierges en Rep. des Komis (soit 23% des forets). Certaines mesures de protection en preserve 3 800 000 le long des rivieres, et des entreprises ont accepte de proteger certains massifs ecologiquement tres important (3 500 000 au total). Un travail de “reeducation” est aussi a realiser aupres des exploitant forestiers et des habitants des villages Komis, dont les traditions renforcees ne pourraient que valoriser a long terme les richesses de la Taiga.

Et nos petits coeurs dans tout ca? Comment vous traduire ce qu’ils ont bien pu ressentir, a chaque fois, a chaque pas un peu plus profond dans l’univers si vivant et mysterieux de LA TAIGA? Ours, Elan, Loups, Lynxs, Poissons, Oiseaux ou autres poilus a 4 pattes, ils sont tous la c’est certains, et a defaut de les voir, on peut sentir leur omnipresence envahir les sous-bois… Sous l’ombre des epiceas, on se sent rentrer sous-terre, et meme perches sur un rocher, avec la vue qui s’ouvre, on a du mal a percevoir l’immensite qui nous entoure. Les rencontres avec les habitants de la Taiga nous ont aussi renforcees… C’est un monde rude dans lequel il faut apprendre a vivre, mais une fois adaptes, la Taiga offre a ses gens des merveilles: champignons, baies en abondance, poissons, gibier, plantes aux usages multiples (le bouleau bat tous les records quant a la multiplicite de ses usages)

La Taiga…! Il nous a fallu croire en elle et en notre reve, jusqu’au bout, pour atteindre ses profondeurs… Il nous a fallu lui parler et la remercier pour qu’elle nous laisse en sortir. Tout comme Bialowieza, la taiga de la Petchora restera pour nous un des perles de notre voyage, un de ces lieux qu’on aime parce que la vie y abonde, une de ces forces qui nous rappellera toujours a notre condition de bipede terrestre et denude, une de ces Racines ou nous pourrons toujours nous sentir “a la maison”…

A quelques km de Perm on marque la pause. Il nous faut dessiner la suite de notre route. Trouver la bonne direction, et le bon objectif. Malgre le proverbe Russe qui dit “Tsar daleko, Bog visoko”, le Tsar est loin, mais Dieu est juste au-dessus, on a decide de sortir du pays comme nous l’exigent nos visas. Il nous faut donc nous rendre a Omsk, en Siberie, demander des visas pour le Kazakhstan… Par la meme occasion, on decide de continuer jusqu’au Kirgizstan, ce petit pays en plein centre de l’asie, niche dans les montagnes du Pamir… Dima, de Silver Taiga, nous avait parle d’une foret modele exclusivement faite de Noyers… Pas de doutes, donc, elle sera notre prochaine aventure.

Cap au Sud, voila qui sonne tout drole…

Ecrit par Asso Kernunos in: Komis |
août
26
2009
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Sortie par la petite porte de derriere…

Donc on nous avait bien dit: au-dela de Yaksha, pas de route, meme sableuse, meme trouee, meme rabotee a coup de troncs (ce qui ne fait pas peur aux bus locaux). On nous avait dit “vous etes fous, entre Yaksha et Petretsovo c’est la Taiga, ours loups et brigans, il vous faut 3 hommes et porter les velos sur 30km!” p1000169

Mais!… on nous avait dit aussi qu’un tracteur y etait passe en plus d’un espagnol l’an passe. Impossible alors de ne pas nous aussi essayer. De toutes manieres, pas le choix, le temps nous est compte, il nous faut vite atteindre une frontiere russe pour sortir du pays. Detour et demi-tour par Syktyvkar, pas question!

p1000172p1000173On etait prets au pire, 3jours de poussette a travers des bourbiers defonces par le passage de gros engins… Le plus dur dans cette histoire, ca reste les nuages de moustiques et de taons incessants. On en aura donne du sang, pour cette derniere expedition dans la Taiga des Komis (pas vierge celle-la)! A l’issue de ce Bourbier Geant, la vie nous offre quelques secondes de gloire (une descente vers la grande riviere, un village, et quelques kilometres de retour vers la civilisation)

p1000176p1000195Mais bien vite on tombe sur un nouvel os: le monde qu’on a atteint, de l’autre cote, est lui aussi au bout du monde… les ponts n’existent plus, les pistes se sont elles aussi transformees en marais… Un long detour de 150km comme seule altenative nous relance a l’assaut des montagnes… Au menu: ornieres de glaise (encore plus inextricable), reparation des sandales a repetition (je finirai pieds-nus), plus rien dans les bras pour pousser,… ca commence a etre dur. On a oublie le temps compte, juste il faut encore avancer…

p1000199p1000198

Et puis un matin, quand on se dit “maintenant c’est bon, Help SVP”, pouf y’a un Iman qui debarque, Le Corbeau qui ravitaille le village qu’on a laisse derriere nous. Un proverbe Russe dit ” Tiem Bogaty,tchiem i rady” (de quoi nous sommes riches nous sommes contents…) Sortant de la bouche de ce commercant en parlant de son horrible camion brinqueballant (vide), sonne a nos oreilles tel un miracle. On grimpe avec nos velos… On regarde defiler la taiga, les ponts rafistoles, on s’fait secouer le long d’encore 40km d’ornieres qu’on aura evite… On y croit pas… Iman nous emmene jusque la ou l’asphalte redemarre. On change tous de vehicule, on troque le Pepere Vert pour un Fourgon blanc qui passe un peu plus dans le decors… et on roule sur 400km a travers le pays de Perm ou la foret petit a petit disparait, laisse place aux mines immenses, aux montagnes, aux lacs autour desquels de belles maisons se construisent…

Ecrit par Asso Kernunos in: Komis |
août
13
2009
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Chansons d’au revoir

A nous cette fois d’avoir des invites! Pour l’occasion on leur cuisine des “aladie”, des mini-crepes faites avec du Kefir a la place du lait. bouffe-andrei

On se prepare pour un nouveau depart, pour une derniere expedition, avec nos fideles velos cette fois a travers la taiga, afin de rejoindre la region de Perm sans faire le grand detour de 1000km… Le temps nous presse et ne nous laisse pas d’autre choix que d’oser l’aventure…

Chanson pour nous donner du courage (chantee par les sportifs sovietiques avant la competition, en honneur a leur stade)…

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Chanson de Lioube, juste parce que c’est beau…

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Chanson russe pour entendre une derniere fois la si douce voix de Lioussa…

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L’au-revoir devant la porte du “comptoir” du Zapoviednik est rapide, mais pas moins fort, a cause de l’affection dans le regard d’Inna, de la presence de Boris le directeur, de la bibliothequaire, et d’Andrei surtout, qui nous accompagne jusqu’a la riviere. Comme un grand-pere il nous demande de passer un coup de fil une fois arrives de l’autre cote. Merci a ces gens nous ont ouvert toutes les portes.

p1000154

Ecrit par Asso Kernunos in: Komis, Sons |

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