nov
01
2009
0

Recoltes innattendues

p1000950p1000957Au dela de Tach-kumir (l’endroit le plus chaud du pays), commence le monde des cultivateurs. Les animaux se font moins libres (meme les anes sont a l’attache!). C’est le temps des recoltes. Des paysans nous ouvrent la pasteque, d’autres nous tranchent le melon… Mais surtout on s’attendait pas a rencontrer de ces femmes toutes voilees, emmaillotee de la tete aux pieds, attellees a la recolte du coton! He oui, avant de profiter de la douceur d’une ouate fraiche, il faut se frotter a ses epines… Alors pour p1000951meriter le the qu’on nous p1000959offre une fois encore, on se penche 5min a la tache… Une jeune Ouzbek venue aider sa famille (la frontiere se fait toute proche, on a meme failli faire la pause-pipi du mauvais cote du fosse) nous apprend qu’au Kirghizstan, l’Etat met a disposition des familles de la terre, a raison de 0,8ha par personne. Ici, du producteur au consommateur, il n’y a qu’un pas et un seul tour de bras…

p1010199p1000998Mais certaines recoltes demandent un minimum de transformation… A meme la route on fait secher le riz… certains passent 15 jours a surveiller jour et nuit leur tresor, a l’aerer, avant qu’il ne se fasse decortiquer pour enfin etre cuisine a la mode Kirghize (a l’huile, avec de la viande et 3 bouts de carotte=”plov”). Des meules de paille de riz depassent parfois les maisons, quand ce ne sont pas les gerbes en fagots des plans de mais. Et sur les murs des maisons, en plus des bouses de vaches et des p1010200piments, on fait secher le tabac p1010049en colliers… Chacun s’avere donc avoir sa specialite, et tente de trouver le meilleur moment pour vendre ses tonnes d’oignons ou de patates au meilleur prix… Tout pousse dans les vallees du Ferghana, mais les gens ont bien du mal a trouver preneur. La richesse des Kirghizes se trouve dans leur terre et leur savoir-faire, qui leur permettent de bien manger toute l’annee, de ces produits “auto-produits” pleins d’energie dont ils nous font profiter avec plaisir. La difficulte: trouver de l’argent pour les vetements, les noces, les deces, et tous les a-cotes qui rendent la vie meilleure (mp3, telephone portable, belle voiture, etc…)

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Ecrit par admin_kernunos in: Kyrgyzstan, Trucs de saison |
oct
22
2009
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Sar-tchelek, histoire d’un Paradis trop petit (?)

img_2345img_2395Enfin, nous on se dit “Mais il est ou le Zapoviednik?” Les animaux sauvages y sont chasses, les troupeaux y paturent en liberte, les forestiers viennent y prelever des poutres pour construire les maisons de la famille qui ne secce de s’aggrandir, en plus des noix le bois mort est aussi recolte, et personne ne nous a encore parle de re-plantations. Akenaly, le directeur-scientifique de la reserve, nous raconte un peu plus sur l’histoire de ce lieu si particulier.

En 1925 deja, suite a une expedition menee par un frofesseur Russe (D.N. Kachkarovim), ce dernier ecrivit: ” L’observation du secteur presente des paysages uniques, un beaute unique d’un grande importance scientifique. Ici existent de telles cohabitations entre animaux et vegetqaux, une telle abondance de vie (…) que l’endroit merite de devenir une reserve.” Mais a l’epoque deja, le village d’Arkit lui aussi existait. Pendant la 2eme guerre mondiale, tous les noyers de la region sont coupes pour faire des armes et autres outils necessaires. Apres la guerre, plusieurs vagues de img_2434img_2463replantation permettent de tout reboiser. Des vergers sont crees, en plus des forets de noyers qui ne depassent donc pas 60 ans! En 1959 les Russes nomment la region “zapoviednik” et deplacent 30% dese gens du village dans ceux d’a-cote pour ne garder a l’interieur que les familles qui travaillent dans le zapoviednik. Ces familles se sont multipliees, pour atteindre aujourd’hui le nombre de 240.

Loupe de base

Loupe de base

Apres le depart des Russes, faune et foret n’ont plus represente qu’un potentiel pecunier. Le Noyer, tres prise pour son bois d’une excellente qualite, fait l’objet d’un trafic illegal ravageur pour ces forets. Les loupes de la base des troncs peuvent etre vendues tres cheres aux meubliers de luxe. D’apres Akenaly, sur les 9 zapoviedniks du Kyrgyzstan, Sar-tchelek presente la situation la plus difficile, a cause de la presence directe du village d’Arkit. Selon lui, 3 facteurs compromettent la protection d’un tel environnement: 1- Le kyrgyzstan est un pays pauvre, sans mines ni industries, ni rien qui offre du travail. Les gens ne peuvent compter que sur les ressources naturelles, qui sont elle-memes reduites (6% de forets!). 2- La mentalite des kyrgyzes. Anciens nomades, ils se sont toujours deplaces la ou y’avait de quoi prendre, et n’ont aucunement l’intention de bosser comme des Chinois! Beaucoup boivent et tous mangent beaucoup de viande et de produits laitiers, et n’ont donc aucunement l’intention de cultiver des jardins et de reduire le nombre d’animaux. Dans un pays transit pour les contrebandes de toutes sortes, la corruption est un fait de tous les jours et atteint tous les niveaux hierarchiques. 3- Enfin, le niveau d’education a l’environnement est nul.

img_1990Bref, a Sar-tchelek, les barrieres existent seulement pour faire payer les entrees aux etrangers, et taxer les recoltes des villageois sans droits. Ils connaissent leur nature sur le bout des doigts parce qu’ils en vivent depuis toujours, et n’ont aucunement l’intention d’arreter la leurs activites, ou de seulement les reduire. Les barrieres leur permettent de jouir des richesses de leur vallee en ecartant toute concurrence venant des villages voisins qui n’ont pas la chance de vivre dans le meme paradis.

img_2414Mais que veux-tu repondre a cela? Pourquoi ne pas considerer cette evolution et la pression que l’homme impose a cet environnement comme un “processus naturel”, au meme titre que les scolytes ravageurs d’Epiceas, ou que les feux de foret dans la Taiga? La difference que moi j’y vois, c’est que l’Homme est capable d’avoir conscience de l’impact qu’il provoque. Il choisi de nuire ou de ne pas nuire. Il est aujourd’hui entierement responsable des consequences futures sur la Nature qui l’entoure, et plus globalement, sur la planete Terre toute entiere. Mais comment faire prendre conscience a chaque peuple, deja interieurement si morcele et bourre de conflits inter-familles et inter-villages, qu’il est membre de l’Especes Humaine, et qu’au nom de toutes les autres nous sommes celle qui va choisir la direction evolutive du monde de demain?! Comment leur faire sentir qu’ils ne sont pas seuls isoles dans leur vallee magique, deconnectes du monde, mais que les richesses qui s’y trouvent sont des germes de vie pour les generations futures Terrestres? Ils en profitent, eux, aujourd’hui, mais leurs enfants seulement pourront-ils en jouir?

Des exemples d’alternatives, il en existent, plus au sud, dans la region de Djalal-abad. On decide donc de continuer vers d’autres forets de Noyers ou une collaboration  Suisse-Kirghize a dynamise un systeme de gestion durable de la ressource forestiere… img_2498

Ecrit par Asso Kernunos in: Kyrgyzstan |
oct
22
2009
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Les Secoueurs de Noyers

img_1998img_2401Septembre-octobre a Sar-tchelek, c’est la recolte des noix. En journee le village d’Arkit se fait desert (seuls quelques grands-peres et grands-meres restent pour garder la marmaille), les ecoliers eux aussi ont rejoint les branchages encore buissonneux… Tous les dos susceptibles de se charger par kilos sont mobilises. Toutes les mains capables de ramasser sont envoyees en foret. Des les premieres heures du jour la montagne se peuple de fouineurs qui s’empressent de preceder les sangliers, qui en plus des villages voisins et des voisins tout court, s’inscrivent a la liste des concurrents. Pour avoir un ordre d’idee: 100 noix= 1kg. Pour qu’une famille normale (4-5 enfants) subvienne a tous ses besoins (farine, huile, sucre, the, riz, pates), il lui faut recolter 1 tonne, et la vendre au meilleur prix.

img_2445Certaines mesures de la reserve tentent de freiner les cueilleurs inensifs: ils sont senses attendre que les noix tombent d’elles meme, par le vent ou la pluie. Mais quand on se balade en foret, on peut entendre un peu partout les Secoueurs d’Arbres qui oeuvrent… Comme des Singes ils grimpent le long de troncs sans branches, comme des ecureuils ils sautent d’une branche a l’autre, les secouant toutes du bout des pied, ou bien tout entier accroche. Souplesse de felin. C’est magnifique de les voir aussi agiles et hauts perches… sans une corde, sans un harnais, sans un seul fil de securite.

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img_2393img_2485Une fois toutes a terre, il faut les deboguer. Les “puristes” attandront qu’elles sechent toutes seules au sol, avant de les ramasser sans se noircir les doigts. Mais la pression est telle, qu’on les rassemble en gros tas pour esperer atteindre le quota. Ceux qui battent tous les records sont les forestiers de la reserve. Ils sont senses proteger leur zone des secoueurs d’arbres et des cueilleurs sans permis, venant des villages voisins. La seule chose qu’il font a coups surs, c’est de prelever la moitie de la recolte de ceux qu’ils trouvent en travers de leur chemin. Lors d’une balade avec le directeur du zapoviednik, fallait voir la tronche des jeunes qu’on a croise quand ils appercevaient le costume d’officiel!! C’est la loi de la jungle. Et la situation de Zapoviednik ne semble pas arranger les choses.

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Cote pratique, on s’est aussi adonne au debogage des noix, pleines de iode, ce qui rend les doigts de tout cueilleur, noirs.

On peut maintenant saluer qui que ce soit, et faire sourire tous les visages du village.

Ecrit par Asso Kernunos in: Kyrgyzstan, Trucs de saison |
oct
22
2009
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Les Bergers de Sar-tchelek

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Djanat fait de la confiture de mure

Nos montures restees au village, on a endosse nos effets pour une viree vers les sommets. Heureusement, avant les vraies grimpees, on a rencontre les Bergers.

Apres avoir passe l’ete dans les hauteurs, ils viennent tout juste de s’installer au creu des 3 vallees, pour la fin de saison. (7-10 chevaux qu’il leur faut, pour tout demenager!) En novembre ils regagneront le village, avec les 659 moutons qu’on leur a confie. “1 tete=2kg de noix”. Voila le prix a payer quand on a laisse ses betes dans la montagne tout l’ete. Des moutons contre des noix, des noix contre des sous, des sous contre de la farine, du sucre, et du the.

 

 

img_2232img_2112Tout le reste ils le font eux-meme. 8 vaches sont traites matin et soir. Le lait de suite ecreme, on en fait de la creme, du beurre, du kefir, du petit lait qui devient une fois pret, le fameux “kurut”.

Quand on est arrive, les hommes installaient le sechoir. La pate etait prete a etre moulee. Damira se met au travail. Yzyrali me montre comment former 2 boules de la bonne taille, 2 a la fois. “Togolok (rond en Kyrgyze), c’est important, si on veut pouvoir en vendre, apres…” Temirkul reste sceptique, mais apres quelques rates, j’ai pu etre fiere de moi.

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img_2099Le coin cuisine est constitue de pierres qui forment 2 foyers. Dans le 1er on chauffe l’eau pour le the. Sur le 2eme trone l’immense wauk en fonte, qui sert absolument pour tout, meme de four a cuire les lipiochkas, une fois retourne. Une tente de toile sert de chambre collective. Les traditionnels futons y sont empiles comme dans toutes les maisons Kyrghyzes. Mais surtout, a chaque poutre sechent des bouquets de plantes sauvages, des cynorrhodons, des racines, dont ils connaissent tous les ressorts. Les vallees et les hauteurs en regorgent. Ici, beaucoup de plantes fleurissent encore. Une diversite dingue. Odeurs fortes et multiples, a s’y enivrer en une demie-journee. L’ete sert donc aussi a preparer les thes-medecine, dont ils s’abreuvent deja sans retenue… “10 jours de racine de celeri, 10 jours de millepertuis, etc…”  

 

img_2190img_2165Yzyrali a bien comprit, des qu’il trouve une nouvelle plante a nous montrer, il s’execute. Il nous embarque pour une grimpette jusqu’aux cretes. Il a prit son fusil de 22, et nous fait jurer de ne montrer aucune photo de lui avec, a personne. “he, j’suis un braconnier!” En tous cas il s’avere avoir le regard percant d’un chasseur confirme. Une fois sur la crete, il a repere au loin un troupeau de chevres sauvages, sans les jumelles. Des aigles s’envolent, les marmottes se carapattent, un nuage se pointe, de la grele, un arc-en-ciel, et les montagnes de Talas, de Toktogul ou de  Kara-kol qui s’etirent, au loin, en plusieurs horizons. Il nous a laisse descendre a travers les bois pendant que lui empruntait les sentier scabreux dignes des chevres des montagnes de son espece. On a fini par arriver synchro au campement, au prix d’une descente a travers les framboisiers qu’a ressemble en tous points a une descente a ski d’une piste noire glacee ou trop enneigee. La nuit etait deja tombee. On a dormi tous ensemble, eux, la famille venue de la vallee, et nous sur la table transformee en couchette.img_2202

24h chez les Bergers… quand le lendemain, on a entamme la descente, c’etait comme de revenir de loin, d’un nuage, d’un monde a l’abri du temps qui passe… Tout la-haut vivent de vrais gens, heureux… Portraits:

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Ecrit par admin_kernunos in: Kyrgyzstan, Sons, Trucs de saison |
oct
21
2009
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Les richesses de Sar-tchelek

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Noyer (Juglans regia)

img_1929img_1944Trop heureux de retrouver des arbres. Leur energie fraiche et douce. Des arbres pour l’automne, qu’il devienne beau et haut en couleurs. Des arbres pour le vent, qu’il emporte les feuilles a danser, et fasse chanter celles restees accrochees. Des arbres pour la montagne, qu’elle puisse s’envelopper d’abondances et de surprises. Des fruits a foison. Les pruniers croulent, mirabelles  et prunelles se montrent jaunes, rouges, noires, endemiques, hybrides, ou meme parfois encore inconnues. Les Noyers ne se reduisent plus qu’aux jardins des particuliers, et recouvrent les pentes img_2304img_2307d’une foret claire aux troncs argentes. Sous les vergers l’herbe est rase, tondue par des vaches omnipresentes. Ca ressemble au Paradis. Mais la place semble deja prise.

Sar-tchelek est coince entre 3 massifs montagneux protecteurs. Il y pleut plus qu’ailleurs. Entraille fertile au milieu d’un monde de pure rocaille et de rude secheresse.

 

Genevrier (Juniperus sp.)

Genevrier (Juniperus sp.)

un des 7 lacs de Sar-tchelek

un des 7 lacs de Sar-tchelek

Tout y pousse. Les Epiceas (dont des epiceas bleus endemiques du Kyrghyzstan) se melent aux Genevriers (hauts de 20m!) qui cotoient eux-meme Noyers, Peupliers et Fruitiers de toutes sortes. Les animaux les plus fabuleux y ont trouve refuge avant de se faire exterminer quand les gens n’ont plus eu que la Nature a piller pour se faire un peu de ble (apres l’epoque sovietique). Les Leopards des Neiges se comptent au nombre de… 3! Les enormes bouquetins (appelles Marco Polo) ont disparu, restent encore des Chevres des montagnes, quelques Lynxs, des Ours…

Pour y entrer sans payer le prix fort reserve aux touristes (ni rincer les portiers en fonction de leur discour du jour), faut savoir negocier. A l’interieur de la Reserve se trouve un village, Arkit, comptant environ 1000 habitants. Aujourd’hui les gens exploitent la richesse du lieu en faisant payer les visiteurs, sans pour autant cesser de prendre en foret tout ce dont ils ont besoin. Lors d’une rencontre avec le directeur du Zapoviednik, on obtiendra le droit de s’echapper quelques jours dans la Nature, vers les hauteurs…img_2138

Ecrit par admin_kernunos in: Kyrgyzstan |
oct
21
2009
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1001 visages

p1000805p1000797Parfois on a peine a croire que le matin meme nous etions dans un monde si different… peine a realiser l’incroyable changement, en une descente, 3 coups de pedale. En une journee on decouvre au moins 4 mondes, ce qui aide a comprendre la diversite d’univers que recele ce pays.

Apres un 2eme col en douceur le long d’un riviere qui s’amenuise jusqu’a n’etre plus qu’un filet d’eau et quelques mares herbeuses, on entame la grande descente, on atteind un autre ruisseau qui se transforme rapidement en large riviere. Sur la montagne des arbres apparaissent. Emotion. De la vie, de nouveau.

p1000813p1000810Au bord de la route on ne vend plus du Kymyz mais du miel en bouteille. Le vent devient chaud, on ne croise plus les troupeaux, on les double!

 La descente continue dans des gorges pierreuses ou le vent ne laisse aucun nuage abreuver la roche a nu… jusqu’au lac de Toktogul.

 

p1000823p1000827Pour atteindre ses berges, on nous dit ” Daleko”, sans qu’on sache jamais trop ce que ca signifie. On est alle… suffisemment loin pour qu’on ait a traverser des champs de mais, des p’tits villages irrigues et boises, des chemins de terre cabosses. Suffisemment loin pour qu’on entende plus rien que les crapauds, les insectes, et le silence…

 

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p1000846p1000843Puis apres quelques transitions orageuses, entre cols arides et creux fertiles (ou s’empilent pasteques et melons  a 5m de leur lieu de production…), la route poursuit sa course le long d’une riviere verte (la Naryn, parsemee d’usines hydroelectriques qui alimentent tout le pays, et meme certains pays voisins), ou de rares oasis laissent pousser les Grenadiers. p1000861

p1000875p1000886Puis le flanc des montagnes s’ouvrent, apparaissent des Pistachiers, tout secs et rabougris. A Tach-Kumir (”pierre de charbon”) on bifurque vers la reserve de Sar-tchelek… Quand on voit l’etat des montagnes de la region, on comprend effectivement. Mines de surface, remblais oublies, ravines ou plateaux sculptes par l’exploitation. Des que l’eau se pointe, quelques arbres poussent, pour quelques baraques, et quelques troupeaux. On sent que l’omnipresence des animaux en liberte compromet toute regeneration vegetale. Tous nous disent que la vie est dure.     Pas p1000894p1000904de travail, pour des familles qui comptent facilement 6 enfants. Du coup les gens dependent quasi uniquement des ressources de la Terre. C’est la tension entre ce que la Nature d’ici peut donner, et ce dont les Hommes ont besoin… Tout semble tres crucial… une secheresse, et c’est la catastrophe! Mais meme pauvres, les personnes que nous rencontrons (peu parlent le Russe dans ces contrees reculees) nous offrent tout ce qu’ils peuvent. Des prunes, des noix, un the, un refuge le temps d’un gros orage diluvien. On recolte des invitations pour le retour, puisque la route de Sar-tchelek se termine en impasse.

p1000917p1000911Encore une fois, la pluie garde secret le paysage de la vallee fertile de Sar-tchelek… mais petit-a-petit, les pentes se couvrent de verdure et d’arbres fruitiers, dans chaque parcelle habitable se trouve une de ces maisons en terre, une de ces granges sur pilotis, au bord d’une riviere dont les crues doivent etres d’une force incroyable. A l’approche du Zapoviednik, la brume enveloppe notre avancee de mystere… Quel fabuleux visage va-t-on encore decouvrir?

Ecrit par Asso Kernunos in: Kyrgyzstan |
oct
21
2009
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Nomades

p1000783p1000780Sur le plateau les yourtes s’egrenent le long de la route. Elles sont posees la depuis bientot 6mois, pour la saison d’ete. Ils viennent des vallees plus chaudes y faire paitre leurs troupeaux, faire le foin pour l’hiver, et le “ble” qu’il leur faudra pour acheter la farine, le sucre et le the de l’annee.

 

 

Certains emplacements sont deja desertes. Petit a p1000764p1000789petit les familles remballent, la saison se termine, il est temps de rentrer “a la ville”. On s’imagine que la-bas, une partie de la famille est restee faire le jardin, la recolte et les concerves. Dans la steppe, les Kyrghyzes ne peuvent compter que sur leurs animaux pour vivre. Regime alimentaire: lait, beurre, creme, kefir, viande, fromage (”kurut”, vendu en boulettes au bord de la route), … avec du pain, evidemment.

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Pres des yourtes les juments sont regroupees autour de leurs poulains attaches par colonies… Elles sont traites une fois toutes les heures! Avec le lait on fait une sorte d’alcool leger, piquant, acidule: le Kymyz. On est alle gouter… encore un de ces trucs bon pour la sante (a ce qu’il parait)!p1000788

Plusieurs personnes nous diront que les Kyrghyzes sont venus, il y a longtemps, de la region de l’Altai Russe, de l’Ienissei, vers Krasnoiarsk. Leurs tribus se sont rassemblees en un meme peuple grace qu concours de certains heros comme Manas (le plus connu), un fier et riche cavalier. Les gens du Nord, surtout, ont garde leurs habitudes de semi-nomades, mais aujourd’hui tres peu des leurs vivent toute l’annee en yourte. Dans un univers de roches, de vent et de fraicheur, les gens se deplacent encore la ou l’herbe pousse, sans barrieres… En aval de la Suusamir, la riviere irrigue des bosquets de saules aux couleurs d’automne… Mais plus loin en amont, les arbres ont disparus. Ce soir-la, on pensait demander au Primus de nous depanner, mias on a tout de meme reussi a trouver de quoi se faire une belle flambee, la ou une famille en yourte etait passee. Nomades au jour-le-jour, on trouve toujours de quoi, tout juste, il nous en faut si peu!! p1000792

Ecrit par Asso Kernunos in: Kyrgyzstan, Trucs de saison |
oct
21
2009
0

Tien Shan, la Montagne dans le Ciel

p10006921p1000685Apres des adieux precipites (on s’est promis d’y revenir et de raconter aux enfants notre periple dans leur pays), on fait le plein de “lipiochka” (sortes de pains en galette, ici cuits dans un “Tander”, four rond en terre) avant de commencer la grimpee du plus haut col de notre epopee… (3580m) Dans 4jours c’est la nouvelle lune, et Jora nous avait dit “vous avez 4jours pour passer la montagne, atteindre Djalala-Abad, trouver une bonne ame et vous mettre a l’abris car apres vient la pluie!” On a pas eu a attendre jusque la! Aux pieds de Tien Shan, voila que la montagne se cache dans son ciel et nous engloutie dans sa gorge et ses mysteres a pas feutres…

p1000698Dedale sinueux au fond d’une gorge etroite. Et puis a mesure qu’on avance les nuages se dissipent… et dans cet univers de roches rouges et noires, dont les parois s’elevent a pic, la montagne nous a offert une mini-parcelle de plat en terrasse, un peu d’herbe, des plantes a the, l’eau pure d’un ruisseau, et du bois pour faire secher nos os. Quelques minutes apres s’etre installes, la montagne s’est devoilee…

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p1000710p1000712A decouvrir ces forteresses, on se demande derriere laquelle de ces barrieres il nous faudra passer… jusqu’a ce qu’une etincelle sur un sommet attire notre regard et nous revele la ligne imperceptible et si haut perchee du passage des voiture que le soleil fait briller. On s’est sincerement demande comment on allait faire pour grimper jusque la. On croise des troupeaux p1000727p1000732qui redescendent du plateau: “Venez avec nous, il fait trop froid la-haut!” Il nous faudra une journee pour atteindre le tunnel du col deja enneige. On avait hate d’aller voir de l’autre cote, et tous nous conseillaient de pas trainer: d’un moment a l’autre le temps peut changer.

Mais deja le froid des hauteurs nous pousse a trouver sans tarder de quoi se rechauffer le gosier… Des ouvriers du tunnel nous mettent a disposition leur cabane de chantier, avec cuisine, patates, oignons et electricite a volonte (nos electriciens s’arracheraient les cheveux s’ils voyaient l’etat des branchements du Kirgizstan…). En guise de chauffage: une resistance electrique, posee sur des briques. Le lendemain, derriere le tunnel, un autre monde s’ouvre a nos roues…

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Ecrit par admin_kernunos in: Kyrgyzstan |
sept
23
2009
4

Enquete a Bishkek

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le drapeau kyrgyze:la couronne d'une yourte entouree d'un soleil

De l’autre cote du 1er col, le vent est chaud, des arbres enormes bordent la route, du mais deborde des jardins, et les trottoirs se peuplent de seaux de raisins, de tomates, melons, etc… Bienvenue au Kyrgyzstan! Sauf que les grands espaces sauvages et montagneux, c’est pas pour tout suite: a peine la frontiere passee, la ville de Bishkek nous happe pour une nouvelle pause “enquete” obligatoire.

On avait 3 adresses a explorer: celle du KIRFOR (organisation suisse qui travaille sur le developpement durable du secteur forestier au Kyrgyzstan), celle d’un Allemand (sense connaitre un archeologue francais a qui on devait remettre un document de la part d’un pretre rencontre au Kazakhstan), celle de l’ambassade Chinoise pour y demander des visas.

On decide de trouver les bureaux du KIRFOR avant tout. Mais de taxistes en guide improvise, on a fini par nous planter devant le fameux Hans Gehrs, actuel directeur d’un centre d’accueil pour enfants, ou nous sommes accueillis comme des membres de leur grande famille.

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Comme tout le monde au Kyrgyzstan, le centre doit subvenir a quasi tous se besoins. Quelques hectares servent a produire la nourriture necessaire pour assurer l’hiver. Dans la cuisine ca traville dur: c’est la periode des recoltes, et de la confection des concerves, a ne pas louper! Les Kyrgyzes vivent a 70% des ressources naturelles. Apres la periode sovietique toutes les usines ayant fermees, le pays s’est retrouve “livre a lui-meme”, et les gens un peu deboussoles (ce qui ne s’arrange pas par les temps qui courent). Dans un pays a 94% montagneux, le tourisme “equitable” semble etre une bonne alternative pour les populations rurales (et mise en place par elles). Mais il est encore trop tot pour parler d’un pays si complexe… Bishkek elle-meme nous fait tourner la tete, impossible de s’y retrouver, et y pedaler est un exercice bien plus perilleux qu’a Almata.

Ennio du Kirfor nous aide a comprendre la situation des 7% de forets Kyrgyzes. (carte a venir). Au dela de la chaine du Tien Shan (la montagne dans le ciel) commencent les vallees fertiles et humides du Ferghana, ou poussent des forets de Noyers, qui representent aujourd’hui une grande ressource pour les populations locales.

Chez les Chinois on se voit refuser le visa (faut dire qu’on a debarque avec nos belles gueules toutes honnetes en leur deballant toute la verite). On decide donc de partir pour les forets de Noyer du Sud, puis de revenir a Bishkek plus tard, tout raconter a notre groupe d’enfants, avant de reprendre la route vers le Nord, encore.

Apres s’etre donc rendus au Bazar histoire de s’equiper pour les froids des hauteurs, on a prit la route d’Och, celle qui s’enfonce dans la montagne, et qui pretend les traverser…

Ecrit par Asso Kernunos in: Kyrgyzstan |
sept
23
2009
1

Transition…entre 2 villes

chevalibre

img_1879img_18592 p’tits jours de voyage le long des montagnes avant de passer le premier col. On dit au-revoir a la steppe Kazakhe, qui se peuple de chevaux en troupeaux, de bergers et de yourtes-cafes. Entre Almaty et Bishkek, bien heureux de respirer un peu…

Ecrit par Asso Kernunos in: Kazakhstan |
sept
08
2009
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Almaty

Désolé, on ne vous fera pas la liste des curiosités touristiques ou des magnifiques bâtiments modernes de cette ville en construction… Si la pause s’impose à Almaty, c’est pour y faire de nouvelles réparations (Iléonord roule depuis 4 jours avec un roulement de roue arrière défectueux) et demander des visas Kyrgyzes… 135 dollards le visa de un mois! (le tourisme est la principale ressource du pays) A ce rythme on s’demande si on traversera le Pacifique en bateau ou bien en pédalo… Donc pour compenser ces dépenses, on cherche les bons plans logement… Cherif notre camionneur préféré nous a topé (quel hasard magnifique) a l’entrée de la ville, il avait de choux à charger, il nous demande de l’appeler à 6h pour nous aider. Entre temps on passe devant l’Académie des Sports et du Tourismes. Pour rire, j’y rentre… on me dévisage de la tête aux pieds. Un type sévère est direct arrivé pour traiter l’affaire. Décontenancé par ma demande, il appelle un autre plus compétant qui finit par nous prendre en main, faire rentrer nos vélos jusque dans son bureau (ce qui provoque tout un foin et un rassemblement dans le hall marbré sali par nos roues encrassées), envoyer ses “femmes” nous faire du thé, nous installer dans ses quartiers le temps qu’un autre encore arrive pour nous loger dans une cité U juste derrière où on pourra rester 3 jours. En plus de ça, Marmout me colle un billet dans la main… “pour votre voyage!” C’est fou, la vie, parfois… Merci à tous de nous la rendre si épicée et si chaleureuse.

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Ecrit par Asso Kernunos in: Kazakhstan |
sept
08
2009
0

Au pied de la Montagne

img_1840En une journée on est passé de la steppe dorée à la vallée verte et fertile, aux pieds de la montagne en muraille qui garde encore tous ses mystères. Elle nous est apparue avec son voile bleu du matin, comme un nuage au loin, à peine séparable du bleu du ciel. Allait-elle se dévoiler? Non, au contraire, à sa base une brume est née, elle a grandit, elle l’a fait devenir mirage, jusqu’à n’être plus qu’un mince jeu de nuages plus étincelants que less autres. Elle se cache. Faut dire que la ville d’ Almaty charrie des gazs et de la poussière, de la crasse bien capables de l’ensevelir…

Avant de s’y immerger, on a trouvé la rivière, pour marquer encore une fois la transition entre 2 mondes… Le désert est traversé, on est prêts pour la nouvelle étape… à voir la muraille devant nous, ça promet de grimper serré!!! De l’autre côté se trouve le Kyrgyzstan, et dans l’une de ses valléess protégées… une forêt de Noyers.

Ecrit par Asso Kernunos in: Kazakhstan |
sept
08
2009
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Eâu, la Vie!!

p1000422On progresse encore et toujours vers le désert… Des lagunes nues de sable blanc apparaissent entre les collines rouges. Salées. Au bled on pensait trouver de l’eau, mais le puit est à sec. Et la citerne qui ravitaille le village(gratuitement, mais ce n’est pas toujours le cas), est vide elle aussi. Pas d’eau=pas de jardin=vie chère et difficile. Beaucoup de villages sur la route sont désertés par manque d’eau et de moyens pour en faire venir.

img_1732img_1720On a acheté un bidon de 5l et continué plus loin, dans l’espoir de trouver une tache verte dans ce désert si vaste. Juste pour un peu de bois mort. Soudain, on appercoit un arbuste. Puis 3, 4, 5… verts pétant, au milieu de rien, et tout près de la route! Une colonie de salicornes géantes,juteuses, salées et “succulentes” (l’autre jour on était tombé sur des oignons sauvages, en plein de désert de rocaille).

img_1711img_1735Les plantes du désert ont des odeurs incroyables, des aromes d’encens, de thym, de parfums jamais imités… C’est fou comme la vie sait se développer là où l’eau, même salée, même passagère, arrive au goutte-à-goutte… On cotoie aussi des colonies de rongeurs-creuseurs de galeries, des sortes de marmottes miniature, des Rats des Sables alertes, qui plongent dans leurs tanières au moindre mouvement dans les airs… faut dire que les rapaces, eux aussi, veillent…

Ecrit par Asso Kernunos in: Kazakhstan, Trucs de saison |
sept
08
2009
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Lac Blakhach, mer interieure

p1000590Atteindre le lac de Balc’hach, en plein milieu d’une steppe désertique, c’était déjà pour nous une bonne “victoire”. Un moment j’ai bien eu peur de pas y arriver. Peur de rester collée par le goudron qui fond, asphyxiée par ces émanations nocives, fondue par le soleil de plomb. Heureusement le vent (de face, vous vous en serez douté…) rafraîchit à peine l’athmosphère, à défaut de nous obliger à forcer toujours plus sur les pédales.

A l’approche du lac c’est une ville industrielle que l’on trouve. Cheminées d’usine, station essence, camions et immeubles en béton. A fouttre la nausée: pas une ombre, pas un cm2 de fraicheur et de verdure pour aspirer toute cette opacité…

p1000569p1000581Et puis il y a le lac… Jonché d’ordures, de verre et de plastique. Les gens s’y baignent, comme si de rien. Il faut aller bien plus loin, là où il n’y a pas de route pour trouver des rives saines couleur d’émeraude. C’est pourtant une sacrée richesse! Un lac énorme, une mer intérieure d’eau douce et salée, pleine de poissons, au milieu de ce désert!!Pendant 5 jours on va le longer, près de lui le désert devient vert, la vie surgit. Dès qu’on s’en éloigne la route seule draine les hommes et leurs ordures (vraiment incroyable!!) Rares villages… quelques animaux: chevaux en liberté et chameaux adaptés à l’aridité salée de la région. Des vendeurs de poisson attendent sous le cagnard qu’un de ces citadins en vacance s’arrête lui acheter un de ces poissons séchés (super bon)

Ecrit par Asso Kernunos in: Kazakhstan, Trucs de saison |
sept
07
2009
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Du Nord au Sud, 1000 manières d’être aidés

1850km de route à travers le Kazakhstan, et pas moins de manières d’être aidés…

avec les ouvriers de la nouvelle route

avec les ouvriers de la nouvelle route

  • on nous prie d’utiliser les routes toutes neuves encore en construction (plus serrage de pogne fraternel)
  • on nous propose 36 fois de grimper tout notre barda dans un camion
  • on nous paye des thés, apportés par la serveuse…
  • on nous dépose discrètement un sac de graines sur la table…
  • dans une côte on veut nous prendre par la main!
  • on nous offre des beignets, des bouteilles d’eau, des pastèques, des melons, du poisson séché, du poisson fraîchement pêché, une boîte de chocolats, un verre de vodka, des tomates de la datcha…

3,5 bar de pression, assistée par les enfants

3,5 bar de pression, assistée par les enfants

  • on fait nos courses pendant qu’on pédale
  • on nous offre une bouffe grasse en coup de vent sur le bord de la route, lard, piroguis, riz
  • on nous colle de l’argent dans les mains
  • on nous invite au resto
  • et pour atteindre les 1850… rajouter autant de coups de klaxons d’encouragement que nécessaire…!
Ecrit par Asso Kernunos in: Kazakhstan |

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