août
13
2009
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Redescente improvisee

Quand une lodki passe par la, on ne peut pas la louper. C’est le 2eme Alexei de Paloy qui redescend des sources, avec une jeune scientifique malade de l’oreille. Ils vont jusqu’a Yaksha. On a saute sur l’occasion. Une redescente en barque sur 200km… toute une nuit… puis encore toute une demie-journee. Alexei prend des forces avant de se lancer…img_1456

img_1511img_1505Le soleil se couche, la lune arrive, on est en pleine foret immense, au raz de l’eau, on file sur cette autoroute naturelle- qui en fait des detours! Mais la magie de l’experience est aussi due a ces detours qui nous pose le soleil a gauche, 5min apres a droite, 5min plus tard derriere, ou bien encore devant. Pourtant nous on arrete pas d’aller “tout droit”…

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On s’etait conditionnes a un voyage de nuit d’une traite, en admettant quelques pauses the, comme sur l’unes de nos autoroutes modernes (qui n’ont rien invente a part la necessite de payer le repos que des amphitrions honnores nous offrent). Mais c’est pas a coup de vodka que notre chauffeur allait tenir la barre et la maree longtemps (meme si y’en a pas).

img_1523  img_1527A 1h du mat le voila qui debarque dans un mini village. Disparait derriere une barriere en bois. On attend 5min, sous l’assaut des moustiques…avant qu’un grand pere ne vienne nous convier a boire le the. On nous emmene ensuite a dormir dans la chambre des ancetres… un vrai musee. Dedans un de ces vieux poeles Russes dans lesquels on cuit tout, et sur lequel les expeditions d’hiver viennent dormir et se rechauffer a tour de role. 9 personnes vivent encore au village, a la maniere de leurs Ancetres. Avant la guerre, c’etait autre chose, y’avait du monde partout.

C’est la periode des foins. La riviere se parseme des campeurs des taches collectives. Faucher, secher, secher tout ca sur de hautes perches prevues a cet effet. Ils sont venus en lodki, charges de leurs outils de bois, parfois d’une debroussailleuse ou d’un motoculteur. Coinces entre la riviere et la foret, ils travaillent leurs minuscules prairies sauvages. Ils reviendront en hiver, sur le fleuve gele, chercher de quoi nourrir leurs quelques animaux.

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août
13
2009
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Guides par Valia

Quelque peu submerges par les nuages de mouches, taons et moustiques incessants, la proposition faite par Valia de tour en lodki sur la Petchora nous offre un nouveau souffle…

img_1385img_1405Valia nous montre la maniere avec laquelle elle se meut dans son monde de Foret Sauvage et de Riviere Changeante. Elle en connait tous les ressorts, mais surtout ne perd pas un instant a la contemplation inactive: apres nous avoir guide sur les traces de l’Ours et parmis les plantes a the, elle a file nous attendre sur sa barque, a pecher. 

img_1365Plus loin elle me lance: “dis a Christophe de preparer son appareil photo, on risque fort de tomber sur un Elan”. Et ca a pas loupe! A 300m peut-etre, elle l’a capte, elle a fonce vers lui, juste pour la photo… (un peu flou mais ca vaut mieux qu’une photo de la Ferme aux Elan, la premiere en son genre, a Yaksha…)

 

img_1418Puis on est alle boire le the sur un banc de galets. Soleil, au bord d’une eau si limpide (!!!), on se serait cru a la plage. Valia s’etend, rigole, fait semblant de faire la sieste, puis soudain se releve une idee en tete:” c’est toujours Tof qui fait les photos, il est jamais dessus, posez-vous la, avec la vue derriere, le feu de camp, le the, et moi je la prend!” On rigole. Elle s’est meme mise a faire des ricochets.

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août
13
2009
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La richesse de l’Oural

img_1278img_1246Vous l’aurez compris, l’importance de cette foret est en premier lieu son etendue immense, ses interieurs vierges, la purete de l’eau qu’elle prodigue, sa “haute naturalite”, en quelque sorte, qui permet a de nombreuses especes de survivre la ou elles ont disparu par manque de bonne sante environnementale. 

Mais sa richesse se situe aussi dans le fait qu’elle reunit des especes europeennes et siberiennes ayant reussit a traverser la barriere des montagnes. Un exemple tres etudie: la marte (europeenne) a pu rencontrer la zibeline (siberienne) et le fruit de leur rencontre est un hybride nomme “Kidas” qui ne vit qu’ici. Cote arbres, voici les especes siberiennes que l’on retrouve:

aguille-abiesecorce-abiesLe sapin siberien, abies siberica, Pic’hta en russe

 

Le Meleze siberien, Larix siberica, Listvenitsa en russe (celui qui perd ses aiguilles comme un feuillu)

ecorce-meleze  img_0742  tronc-meleze

aiguilles-pins-siberie   pins-siberie3

Le Pin de siberie, Pinus siberica, “Kerd” en russe, il se differencie du Pin sylvestre par son ecorce sombre, ses aiguilles inserees par 5 (et non par 2), et par sa forme en foret… Les cones donnent les fameuses graines appellees “pignons”.

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août
13
2009
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Immertion Taiga

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Ambiance… Versant de mystere, frais et obscure… sapins, epiceas et melezes siberiens, denses et verts sombre, meme les bouleaux ont troque le blanc de leur peau avec un gris de mise pour vivre dans la penombre. Le sol est frais, les plantes claires et hautes. 3 gros oiseaux s’envolent du sol, se perchent et font silence. Silence. Seules les cimes haut perchees se permettent de murmurer. Je me sens toute petite, prete a rentrer sous terre, quand Iag-Mor le justicier des bois, apparaitra…

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img_1293img_1308Butte rocheuse… grimpette a pic sur mousses vertes, et quand la pierre est mise a decouvert, la ou des dizaines d’arbres ont ete mit a terre, deracines par l’ouragan du mois dernier, elle se revele blanche et angulaire. Dans un fouilli de troncs, de trous, et de racines, je cherche la fenetre ou la vue s’ouvrira, au-dela du vert des epiceas…

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Les voila donc, les montagnes de l’Oural… Cependant nous, on est pas alle jusque la. Il n’empeche qu’on vous ramene quelques photos, prises par Artiom Oulanov, lors d’une expedition jusqu’aux sources de la Petchora…

 

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100_1083Ces roches impressionnantes sont des reperes sacres pour le peuple Mansi qui vivait jadis sur ces terres immenses. Chasseurs, pecheurs, cueilleurs, mais surtout eleveurs de Rennes, ils venaient faire paitre leurs grands troupeaux dans la Taiga ou le lichen qui les nourrit pousse en abondance. Fin des annees 20, un conflit les ont oppose avec les partisants de la creation du Zapoviednik. Les Mansis ont fini par etre chasses de leurs terres, pour que la reserve voit le jour (1931), et puisse “proteger des especes animales et vegetales” deja en voie de disparition a l’epoque.  De ce peuple il ne reste quasi personne dans la region. Ils vivent maintenant plus au nord, de l’autre cote des montagnes. A Yaksha seule une vieille “Babouchka” doit se rappeller encore de son peuple… Elle s’est mariee avec un homme du zapoviednik, et a passe toute sa vie dans le 4eme kordon, a Chejim… Quand elle a su que nous allions par la-bas, son visage s’est illumine. Dans les annees 30 les kordons representaient de veritables villages. 50 maisons a Chaitanovka, une epicerie, des gens et des animaux partout. A Sobinskaia, le 2eme kordon, parmis les 3-4 maisons de bois, une seule est habitee. A l’approche de l’emplacement, une succession de prairies abandonnees (mais pas moins “angeliques”) rappellent l’activite importante de jadis. Nikolai est seul a Sobinskaia. Accroche au mur ensoleille, des poissons eventres sechent. Quand on passe la 2eme porte, on decouvre une fourrure d’Ours enorme, avec les griffes, les pates et la tete. Un eventail de Coq de Bruyere. Une carte geographique de la Russie, des piles de boites a the, des piles dechargees alignees sur le rebord du poele central, des photos, des images publicitaires dont 3 representent a differentes echelles la meme voiture 4×4 dont il doit surement rever de temps en temps…

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août
12
2009
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Chaitanovka, chez Boris et Valia.

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C’est Boris qui est venu nous chercher avec sa barque, au village de Oust-Ounia. Notre gaillard est bavard, il en debite des fleuves de choses interessantes aux quelles je ne comprend rien (son accent si particulier sans doutes…) Nous voila donc embarques pour 5h de lodki (60km), de plus en plus loin dans la Nature Sauvage. La riviere charrie des troncs de bois mort, le courant file fort, avec toute l’eau qu’il a plu la nuit passee. On retrouve avec tendresse un peu de Caillasse dans le paysage… L’oural et ses montagnes aussi se rapprochent…

img_1469Pause au 1er “kordon” de Paloy. Accueillis par un Alexei barbu, maigre et trapu. Le regard brillant. Un ours des foret, un type solitaire, trop heureux de voir du monde, mais sans mots pour dire, alors il fait: pose sur la table du pain frais-maison, du poisson cru seche, bidouille un momment dans la cuisine exterieure, revient avec des pates assaisonnees, y retourne, nous apporte cette fois du poisson frit venant tout droit de la Petchora. Il dit rien mais il est la. Boris lui parle, parle, parle… Ce doit etre sa maniere a lui de se rechauffer.img_1356

Chez lui, Valia nous attend pour le meme genre de tablee quoiqu’encore plus abondemment servie. Nous qui avions peur de manquer de bouffe… Les “kordons” sont ravitailles une fois par an, lorsque les crues du printemps permettent a un bateau enorme de remonter la riviere charge de tout le necessaire. Ils ne semblent manquer de rien. La crise? Elle n’arrive pas jusque la!! Elle ne change rien a leur vie, et ils en rigolent bien, tient! img_1035Autonomie, voila le maitre mot. Le jardin apporte des legumes dont ils font des concerves, la foret des champignons et des baies (sur une peripherie autorisee de 2km), la riviere du poisson (on goutera souvent le “C’harius”, qui ne supporte que les eaux tres propres) et du gibier quand on s’aventure a chasser de l’autre cote, hors du Zapoviednik. On goutera de la viande d’Elan (parfois servie crue et en fines tranches congelees), vraiment tendre et goutue.

img_1039Leur travail: accueillir les expeditions scientifiques, ou les forestiers en voyage le long de la Petchora (comme 2 d’entre eux que l’on rencontrera, partis pour 3 jours de navigation jusqu’aux sources de la Petchora, aux confins du Zapoviednik et de la Rep. des Komis, pour y chasser d’eventuels braconniers), mais aussi faire des releves botaniques reguliers. Moi je remarquerai juste que les marochkas sont pas encore mures, alors qu’a Yaksha deja elles commencaient a rougir…

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Ecrit par Asso Kernunos in: Komis |
août
12
2009
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Logistique pour nouvelle expedition…

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La prochaine expedition prend des allures de grande aventure, parce qu’il faut tout prevoir. On doit donc apprendre la logistique. Lioussa nous fait un petit cours la-dessus: repartir notre nourriture dans des sachets, un par jour, et s’y tenir. Secher le pain pour le mois qui vient, quand ca dure longtemps. La situation est exigeante: manquer de rien sans qu’il y ait trop (un peu comme en velo), parce qu’evidemment on porte tout sur notre dos. Tout acheter a l’avance, en quantite et variete adaptee. Penser au petit materiel indispensable pour les conditions a venir. PQ et produit anti-moustique, par exemple, a ne pas oublier.

Bon, nous, on part que pour 7 jours, mais ca devient excitant: cette fois on s’enfonce encore plus profond au bout du monde, dans la foret, en plein Grand Zapoviednik, a 200km de la sur la riviere Petchora. Ca emoustille les autres autour de nous. Lioussa surtout. Elle sait ou on se rend, elle est heureuse pour nous… on imagine alors a quoi s’attendre.

4 relais appelles “kordon” se tiennent sur les bords de la Petchora. Y vivent a l’annee des “employes” du Zapoviednik. C’est dans l’un de ces kordons que nous nous rendons, celui qui porte le si joli nom de Chaitanovka.

Cote logistique, on doit aussi penser a acheter 100l d’essence pour la “lodki” qui nous menera a bon port. Le reste est prit en charge par nos amis de Komsomolsk…img_1006

Ecrit par Asso Kernunos in: Komis, Trucs de saison |
août
12
2009
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Lioudmila et le Feu

Et au fait, Lioudmila, elle fait quoi?img_0802

img_0949Entomologiste (specialiste des insectes), Lioudmila collecte les petits coleopteres la ou des feux naturels sont passes, il y a 5, 10 ou 20 ans. Certains de ces insectes sont dependant des feux, et disparaissent des forets ou les feux sont evites, comme en Scandinavie par exemple. Meme au sein du Zapoviednik, les forestiers sont charges de surveiller les feux et de les arreter des qu’ils surviennent. Mais tous savent bien que ca ne sert a rien. Les feux font partie des processus naturels et permettent au sous-bois de se regenerer. Les Pins en particulier ont img_0734besoin des feux pour que de nouvelles graines germent. D’autre part, les marais ne sont jamais tres loin pour stopper l’avancee des incendies, et ils constituent des refuges surs pour les especes en fuite.

En plus de tout ca, les sculptures brulees qui jonchent la foret lui rajoutent un air magique et bien vivant… Alors, quoi?! Encore une fois laissons faire, la vie est si parfaite!

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Merci a Lioussa de nous avoir guide dans ce monde argente, de nous avoir explique, et plus tard, de nous avoir offert sa voix lors d’une jolie soiree… On quitte donc Goucinoye qui nous revele enfin ses couleurs sous un soleil tant attendu.

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Ecrit par Asso Kernunos in: Komis, Sons |
août
12
2009
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Ambiance…

Moelleux de sphaignes fraiches…img_0812

img_0895img_0813… on dirait des etoiles vertes en couche epaisse, dont l’arome indescriptible suggere une purete cristalline. L’eau qui s’en degage submerge mes pieds, les energise, ils n’ont jamais ete aussi heureux que lors de ces bains moelleux. Et dans ce vert qui respire, de temps en temps, un nuage rouge, j’y plonge mon nez pour mieux y voir, emergent alors de cette dense canopee des droseras a peine nees, et les “klioukvas” de l’annee passee, bien concervees dans cette mousse sterile protectrice.

D’ailleurs saviez-vous que les Russes, pendant la guerre, ont utilise la sphaigne en guise de compresses. Sterile et absorbante un max, la Russie en regorge!! On la fait aussi secher  pour l’utiliser comme joint dans la construction des maisons en rondin.

img_0742Non, non, rien a voir avec la sphaigne, mais le vert etoile de ces jeunes pousses de meleze (espece siberienne ayant traverse l’Oural) en rappelle la fraicheur…

Ecrit par Asso Kernunos in: Komis |
août
12
2009
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Quand la Taiga du milieu se reveille

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Debut juillet de froid et de grisaille, c’est tout juste le printemps dans les sous-bois humides…

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Mais si le soleil ne filtre pas a travers les branche, on le retrouve au ras du sol, forme par les fourmillieres, dont les rayons sont traces par les machoires de certaines ouvrieres-pionnieres, qui font comme nos bucherons de hier: cleaner le passage pour ceux qui suivront. Faut dire que la couche de lichens arborescents est bien epaisse …

img_0751img_0676…la foret en est couverte, et permet meme aux ours de marcher en silence, tant qu’elle ne se gorge pas trop d’eau… tapis d’argent et tetes rouges des Cocciferas, associe au Noir intense des souches de Pin brule… rouge trompeur des ecorces tombees, trompeuses parce que l’oeil cherche la tache brune d’une autre sorte de “tetes rouges”, ceux que meme gorges d’eau on ne peut pas s’empecher d’etre content d’en trouver et de les ramasser…

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Avec Lioussa on en apprend un tas. Par exemple: comment facilement attrapper un Coq de Bruyere? Il faut attendre la periode ou il se met a chanter. Il crie si fort qu’il n’entend plus rien autour de lui, on peut alors l’approcher a 2m sans qu’il ne s’en appercoive!!

2 autres observations fort intrigantes se sont trouvees sur mon chemin: des crottes d’Ours pleines de baies rouges; et dans le marais, 2-3 baies rouges, vieilles et solitaires. Je me suis donc demande: 1-que peut bien manger un Ours apres son hivernage, quand il a les crocs et que la foret ne porte pas encore ses fruits? 2- ces 3 “bruznikas” sont-elles en retard ou en avance?

J’ai donc appri que les “klioukvas” et les “bruznikas” sont des baies pleines de concervateur naturel et qu’elles persistent d’une annee sur l’autre! Elles survivent a l’hiver, survivent au printemps, jusqu’a ce que de nouvelles fleurs apparaissent… ou jusqu’a ce qu’un Ours affamme ne les mange pour dejeuner. Effectivement, apres l’hiver, ils mangeraient n’importe quoi: racines (on peut voir les endroits ou ils ont gratte le sol), oeufs de fourmis (on peut voir les fourmillieres detruites apres leur passage), larves de toutes sortes, et baies rouges a peine decongelees.

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Ecrit par Asso Kernunos in: Komis, Trucs de saison |
août
12
2009
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Izba Goucinoye, le repos des p’tits guerriers

img_0618A peine le temps d’adapter notre equipement velo pour un equipement rando, une “lodki” nous emporte quelques kilometres en amont de la Petchora. Naviguer sur un fleuve n’est pas si facile, il faut en connaitre tous les bancs de sable caches, tous les courants et les detours qui evitent de rester coince. Mais avec Lioussa a la proue et Tioma a la barre, on a fini par debarquer la ou un chemin s’enfonce en pleine foret…

img_0619img_0626Le role des forestiers dans cette histoire, c’est de faciliter un maximum l’avancee scientifique… Jema a la tronconneuse, Tioma a la machette, ils avancent tous les 2 loin devant et jouent de leurs instruments quand les obstacles se presentent. Ils ont trace jusqu’a l’Izba, a 3km de la, fendu le bois, allume le feu et direct accroche la bouilloire img_0630img_0933ala cremaillere. Leur boulot c’est aussi d’entretenir ce genre d’endroit ou les scientifiaues peuvent faire des pauses lors de leurs expeditions.

 

Tout est la: cabane en rondin, table, poele et grande banquette dortoir recouverte de peaux d’Elan et de Renne. Un pochon de img_0941pates pend au plafond, pour les eventuels rescapes mouilles et affammes. En face un immense marais aux odeurs fraiches comme j’adore, et tout autour, la Taiga de Pins et de Lichens argentes. Y’a plus qu’a s’y perdre pour se laisser inonder par l’energie du lieu.

Mais la grisaille du dehors et la chaleur de l’Izba nous font rentrer a l’interieur… regarder un instant tout ce voyage qui nous a mene jusqu’ici… Ici est un but, une des sources de notre energie. Ici un souffle, une inspiration pour pouvoir continuer. Ici une des perles de notre vie…

Alors, en attendant l’exploration de demain, Lioussa nous berce de belles histoires…

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Ecrit par Asso Kernunos in: Komis, Sons |
août
12
2009
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Yaksha, cote Zapoviednik

 

passeur-yakshaimg_1570Au bout du monde et de la piste boueuse, il y a de nouveau la Petchora. 5minutes a decouvert et le passeur se pointe, pour vous faire traverser la derniere frontiere…

De l’autre cote un autre monde, le village ancien de Yaksha, gardien du Zapoviednik, gardien de sa rive protegee…Le contraste avec le village d’en face est tranchant. Ce dernier a ete construit dans les annees 30, suite a l’explosion de l’activite forestiere dans la region. Des gens des pays Baltes ou Caucasiens y sont venus travailler, des Bielorusses, des Ukrainiens, etc… Mais aujourd’hui les batiments vetustes sont pour la moitie abandonnes. Tout a ete coupe et il faut attendre 150 ans pour que la foret repousse. L’economie locale termine de s’epuiser… et le monde moderne semble avoir oublie les centaines de personnes qui vivent encore la.

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img_1573img_1585Cote Zapoviednik, les tas de bois sont ronds, les maisons respirent la vie sans mal. Pratiquement tout le monde travaille dans le zapoviednik, subventionne par l’Etat. Administrateurs, Forestiers, Scientifiques, Passeur, Bibliothequaire, Responsable du Musee, … Ici pas de route ni de voiture, et derriere les toits s’etend la Foret Sauvage…

Nous sommes accueillis par Andrei-Griegoritch, vice-directeur mais aussi zoologue moscovite specialiste des Rennes, et bien content de s’etre carapate dans la nature (avec une vraie gueule du trapeur des grands froids). Son moteur ronronne, sa barque file tranquille, et sur la berge son chien-loup lui saute dans les bras, gaga. Tout content d’avoir l’occasion de pratiquer son Anglais, il nous raconte la fameuse expedition en bateau-brise-glace, qui avait parcourue toute la mer de Barentz et de Kara, jusqu’au pays des Tchouktches, la-bas tout a l’Est, et ou il avait du se mettre a l’anglais, pour cause de passagers finlandais, suedois, allemands et canadiens.

Il nous presente a Lioudmila, jeune femme intrepide et dynamique, qui nous embarquera sans attendre vers les profondeurs de la Taiga. Propulsion immediate. img_0588

Ecrit par admin_kernunos in: Komis |
août
11
2009
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Chansons pour la Petchora…

chez-kiemRecuperes froids et mouilles, par Kiem le directeur du district forestier… Lui et Natacha sauront nous rechauffer, a coup de bania, de vodka, elle-meme epicee de pommes de pins mises a tremper, qui nous feront chanter et meme pleurer, a la beaute de la Petchora, si pure, si claire, aux bords de laquelle nous voila enfin arrives…

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p10001211p1000113Komsomolsk-na-Petchore… Un de ces villages qui gardent le souvenir de l’epoque sovietique, quand la foresterie fleurissait, les kolkhozes tournaient rond, et que meme perdus au fin fond d’un monde, y’en avait du monde a bien vivre…

Ecrit par Asso Kernunos in: Komis, Sons |
août
11
2009
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Villages Komis

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Puis le gouderon disparait. Encore un pas vers l’univers des forets immenses. Une voie surtout, vers les villages les plus retires, qui s’egrenent le long de la riviere. Tant que la piste sera reine, sur quelques 150km, nous nous sentirons vraiment dans un autre monde, celui des Komis, et les rencontres nous le feront bien sentir. “Evidemment qu’on parle tous Komi, ici!”

“Puzla? encore 90km, mais plus personne ne vit la-bas!” C’est pourtant la que le directeur d’une entreprise forestiere nous attendait. Sur notre carte pourtant, c’etait marque 40km. La piste s’enfonce en foret, et nous avec, une foret toute jeune, et une piste bien dammee par les lourds camions a y passer. Le trace de notre carte n’est plus d’actualite: la piste principale, au gre des parcelles a exploiter, au gre des itineraires forestiers, a ete mieux amenagee ailleurs.

villagechris-bagnaOn ne pensait pas y arriver ce soir. Mais en route on croise le second directeur de la meme usine. Il veut absolument nous aider. Il nous assure qu’a Puzla, une chambre, une bouffe et un Bania nous attendent. Encore bien 50km. Mais  on les a bouffes avec en tete le repos final, le confort et la detente qu’on a pas sous une tente… p1000072

Nous voila donc introduits dans l’entreprise Komiliessbuisiness. 150 personnes y travaillent. Coupe, transport, logistique, scierie, replantation,etc… L’entreprise est quasiement la seule source d’argent pour la grande majorite des gens de la region. Les 2 directeurs sont eux aussi originaires du village. Ils se connaissent tous, et semblent travailler de concert pour que l’entreprise de cette grande famille Komie, subviennent aux besoins de tous.

img_0562cabane-chasseIgor, le responsable FSC de l’entreprise, nous emmene en foret. Apres la visite rapide des parcelles replantees, on va voir si les “tetes rouges” sont de sortie (les 1er champignons de la saison). Mais Igor nous mene surtout sur la piste d’un chasseur… on y decouvre ses pieges et ses collets vieux de l’automne dernier, et sa cabane de saison. Il nous explique des trucs qu’on aimerait trop comprendre. En tous cas, le chasseur est une espece territoriale. Chacun a sa zone, et ils passent souvent plusieurs mois, a l’automne, en pleine foret, y recolter des tonnes de champignons (qui seront ensuite seches), des baies et du gibier. Les Komis de Puzla nous enseignent donc que leur peuple a toujours vecu DE la foret. L’usage traditionnel reste une part importante de leur vie, mais ils se sont adaptes aux conditions commerciales modernes pour rester maitres, en quelque sorte, de leur patrimoine forestier. Puissent-ils savoir le gerer sans l’epuiser. En tous cas, ils en connaissent des coins merveilleux, mais ils se trouvaient encore trop eloignes pour que nous puissions y aller.

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Ecrit par Asso Kernunos in: Komis |
août
11
2009
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Suite de l’Histoire Komie

equipe-sylvertaigayouri-aide Ce matin la notre equipe de Silver Taiga repart au combat (tenter d’influencer un responsable forestier d’adopter une autre forme de gestion…) et nous, le coeur battant, on leur annonce notre changement de cap. De son cote, Youri a prit 2h pour appeller tous ses amis, qu’ils nous aident sur notre route. Sa propre fille nous attendra a Yaksha.

La route reprend vers l’Est, le coeur content et tout vibrant face a des paysages de plus en plus vivants et grandioses… Quand on bifurque vers le village d’Oulianov, la route descend soudain. On peut voir alors l’etendue immense de la taiga, loin, loin au-dela… Puis au fond la vue s’ouvre sur la riviere bleue Vichiera… Le vert de la prairie, le jaune des fleurs aquatiques, le bleu du ciel, le scintillement de l’eau… et paf! perche sur la colline, le monastere avec ses 3 clochers en bulle. On nous dit d’y aller demander l’hospitalite. On ne s’est pas fait pries.

img_0454img_0451 Apres un petit arrangement standard (epaules et tete couverte), le pere Afanatiev nous guide dans les couloirs et les escaliers en colimacon… Chemins obscures vers la lumiere, voila qui ressemble fort a ce que nous vivons, a cette route que nous avons prise en suivant notre intuition, vers ce tresor sauvage et naturel, la-bas si eloigne,

 

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au-dela d’un chemin secret qu’il va nous falloir trouver. Le pere nous fait grimper tout en haut. Il sonne les cloches pour nous, pour les hotes de ce soir, avec un sourire beat d’illumine.

Ecrit par Asso Kernunos in: Komis |
juil
25
2009
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Les Revenants du Lointain…

Salut a tous!! On commencait vraiment a s’inquieter pour vous, (!!!)  et a se dire qu’il etait grand temps de rejoindre la “civilisation” pour vous envoyer quelques nouvelles rassurantes…

Non, on ne s’est pas fait manger par les Ours (ici ils sont gentils), par contre on a largement offert notre sang et notre sueur a la faune de la Taiga.

Oui, on est alle jusqu’au bout de ce monde Komi, la ou le bitume s’arrete, la ou la piste devient riviere, la ou on troque sa voiture pour une “lodki” (petite barque effilee), la ou la riviere nous mene sur des kilometre jusqu’a une maison isolee, perdue en pleine Taiga Vierge.

On a donc eu la chance d’etre aides de toutes part, de voir les portes du Zapoviednik s’ouvrir, de passer 5 jours dans la premiere petites reserve de Yakcha, puis 5 autres dans une de ces maisons isolees sur la riviere Petchora, puis encore 5 jours au village de Yakcha pour se preparer a l’ultime expedition, la plus forte, la plus folle, la plus extreme (celle de laquelle on vient de sortir, et pas indemnes…).

Il s’agissait de reprendre la route, vers le Sud, sans faire demi-tour, sans faire ce grand detour de 1200km pour atteindre la ville de Perm. Pour cela, un chemin possible, que tous nous ont fortement deconseilles, et meme certains se sont emportes en nous affirmant l’impossibilite de l’affaire, qu’il nous faudrait porter les velos, se battre contre des ours et des brigants, etc… D’autres (merci a eux) nous ont apporte les informations exactes indispensables: 33km extremement boueux, mais un type y est passe il y a peu de temps en tracteur. Cette ancienne route abandonnee relie les eaux qui se jettent au Nord (Rep. des Komis) et celles qui se jettent dans la Caspienne (Oblats de Perm). Un Espagnol en velo l’a empruntee l’annee derniere, alors pourquoi pas nous!!

3 jours de poussette, en pleine foret, et meme pire, a traverser des bourbiers interminables, avant d’atteindre un village, de l’autre cote. On se croyait sortis d’affaire, quand on est tombe sur un nouvel os: plus de pont pour la route la plus directe indiquee sur ma carte. La nouvelle alternative: 120km de piste en montagne dont 40km horribles. Pas le choix, on y va. On a finalement ete recuperes (pas beaux a voir… couverts de boue des pieds a la tete, au bord du craquage) par LE camion-corbeau qui ravitaille tout ce petit monde du bout du monde. En une journee de tape-cul inimaginable (quand on songe a ce qu’on a evite, grace a lui… sans lui on serait morts!!!), on a fait un bond de 400km. On est maintenant a 30km de Perm.

Petite pause. Prendre un peu de recul. Preparer les photos pour vous donner des nouvelles un peu plus imagees… On va pouvoir reprendre la route, celle avec du gouderon. On sent bien qu’on revient de loin, on en est encore tout bouleverses. Ici, c’est un autre monde, montagneux, et riche en minerais, industries, chaleur (la nature est beaucoup plus avancee que dans les Komis: les gens vendent deja des myrtilles et des Marochkas mures sur le bord de la route).

Aller, a bientot pour les images!

Ecrit par Asso Kernunos in: Komis, Russie |

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