août
16
2010
1

L’altaï …

Ecrit par Asso Kernunos in: Altai, Russie, video |
mar
24
2010
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Olga et Viera, générations “guerrières”

p1020107 A Novossibirsk, nous retrouvons Olga de Askat, chez sa mère Viera. Viera rêve de visiter la France. Katia, sa propre mère lui a apprit la langue, dont elle concerve encore de bons souvenirs. Revolutionnaires, Katia et sa famille ont dû s’exiler en France à l’époque du tsar, pour y trouver refuge. Plus tard ils ont pu regagner leur pays, pour se faire déporter peu après dans des camps en Sibérie. C’est là que Katia rencontre la 2ème grand-mère d’Olga, déportée à cause d’une simple faute de frappe qu’elle n’avait elle-même pas commise. Katia allaitera la mère mais aussi le père d’Olga, par solidarité. Plus tard, Viera a à peine 5ans, quand elle est “libérée” du camp avec sa mère, tombée malade et devenue trop faible pour survivre. Viera se souvient avoir marché une dizaine de km, en plein hiver, le long de la voie de chemin de fer, pour atteindre la gare. Elles parviennent toutes 2 à Moscou, survivent, et retrouvent quelques années plus tard le nom de leur amie de camp dont le fils a survécu…

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Iaromir

Aujourd’hui, Olga se bat pour que Pacha, le père de son p’tit dernier, sorte de prison. Que des dires, pas de preuves, mais toujours là de quoi se battre pour que la vie continue.

Au delà de tout cela, pour Olga, il y a la Nature de l’Altaï. Le projet qu’elle tente de mettre sur pied, avec Lena et Sacha, est la création d’une agence pour la sauvegarde des lieux sacrés de la région d’Askat. Cette agence aurait pour but de recencer ces lieux culturellement important (travail que le gouvernement ne finance plus) et de réaliser les études scientifiques qui permettent de prouver l’importance écologique de chaque endroit (travail que le gouvernement ne finance plus non plus). Seul un tourisme “intelligent” semble permettre de financer ce genre projet. Les intéressés pourront même participer au travail de l’agence, en plus de partager la vie des locaux et de découvrir les beautés naturelles et sacrées de la région.

Ecrit par Asso Kernunos in: Altai, Russie, Sibérie |
fév
16
2010
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Mato, notre bon “poto”

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Village d'Ulustcherga

Et nous voila repartis! On aurait bien hiberné chez Natalia jusqu’à l’arrivée des beaux jours, pour poursuivre à bicyclette vers la Mongolie, mais nos visas eux, ne connaissent pas les rythmes de la nature, et nous exigent de sortir de Russie avant le 1er Mars. Les -30 degrés persistent (même les Sibériens trouvent ça inhabituel!), nos vélos peuvent encore prolonger leurs vacances…

p1020060Pour en finir joliement avec l’Altaï, on passe quelques derniers jours chez Mato, Master pro de travail du cuir, indien, cow-boy, chasseur, depuis le temps qu’il a décidé de vivre libre à la manière “indienne”, il cumule les expériences “tous terrains”.

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Mais sa spécialité, c’est le cuir. Mato fabrique les meilleures selles western de tout le Grand Est! “Au début, j’ai appri sur les publicité de Marlboro. Y’avait pas d’information, à l’époque!” Maintenant, chez lui c’est une vraie bibliothèque des savoir-faire Indiens. Chez lui, on a apprit à se faire des mocassins. Sur son atelier, y’a tous les outils pour tout faire “main”. Les machines à coudre aussi sont munies de manivelles. Encore une fois, pour nous, des gens commes ça sont “riches”. Evidemment, Mato galère pour trouver des sous: les commandes sont rares, et le cuir se procure difficilement. Mais au moins il sait comment se débrouiller grâce aux expériences pratiques de la vie “dans la nature”. Le plus important au final, c’est pas de dire aux gens “protégez la Nature”, mais de leur montrer comment on peut y vivre, et s’en sortir…

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On n’a plus qu’a se rendre chez les Tchouktes (Extrème-nord-est russe) pour y apprendre comment on fait des bougies avec de la graisse de phoque…

Ecrit par Asso Kernunos in: Altai |
fév
16
2010
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Les enfants du futur

garcon-lugeMarina nous avoue oh combien c’est important pour elle que nous ayons rencontré les enfants de Bootchi. “Leur monde à eux, ce sont ces collines. Combien parmis eux auront l’occasion de voyager? Heureusement, il y a les livres. Avec les livres, leur univers peut grandir, et leur esprit s’ouvrir à un monde aux dimentions extensibles… Vous rencontrer leur permet de se dire qu’ailleurs il y a des gens qui vivent, et qu’ils ne sont pas si différents. Ces gens viennent avec des histoires de leur pays, de la musique de chez eux, une autre langue, une autre culture. J’aimerais que les enfants de Bootchi soient fiers de leur culture si riche, et ne soient pas timides à échanger avec les visiteurs qu’ils vont rencontrer.”

d0bad0b0d180d0b0d0ba_d0bad183d0bbd18cd1824Des visiteurs, dans les collines de Karakol, il y en aura certainement, de plus en plus, en recherche de Racines, d’air pur, de spirituel… bref, en manque de relations fortes avec les formes de vie qui les entoure. Ils viendront poser des questions, réapprendre les savoirs-faire, refaire vivre les légendes, retrouver en eux les intuitions qui nous parcourent, nous guident et nous inspirent des connaissances en réveil.

Chez les gens de Karakol, on a bien conscience de vivre une grande transition entre 2 cycles, entre 2 ères, et même: entre 2 types de civilisations. Les civilisations naissantes, celles qui sauront s’adapter aux lois de la nature, auront besoin de retrouver des bases que les peuples “racine” n’ont jamais abandonné, malgré tous les problèmes qu’ils ont eux aussi à surmonter. Là se trouve la responsabilité de l’Altaï: Danil Mamyev a écrit un truc du genre: “Aujourd’hui la valeur et la dignité d’un peuple ne se mesure pas dans sa capacité à concerver intact un héritage, mais dans sa capacité à échanger avec les autres peuples, ses particularités, ses messages essentiels.”

Que vivent les enfants du futur, les Voix de la Nature!! Dans l’Altaï certains jeunes ados apprennent très tôt à jouer de leurs cordes vocales, le “gorlavoï penia”, accompagnés de guimbardes et de leur guitare à 2 cordes. Résonnances, harmonies, vibrations profondes… Voilà quelques extraits de professionnels.

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Altaï Khaï

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Altaï-khaï, la chanson des Loups

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La voix “tof-tof” de la nature…

Ecrit par Asso Kernunos in: Altai, Non classé, Sons |
fév
16
2010
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Au rythme de la Lune

Au bord de la route, on fait la rencontre de Marina, la bibliothequaire du village de Bootchi. “Venez donc dimanche prochain, on organise une petite fete!” Nous avions decide de partir le lendemain, alors ca tombait bien.

C’etait jour de pleine lune. Pas anodin, quand on est Altaique. C’est le moment de nourrir le feu sacre du foyer. En temps normal, pas question d’y cracher, ou d’y jeter poussieres, ordures plastiques et menagere: lui aussi, il faut le respecter, lui qui nous rechauffe et veille si bien sur nos maisons. La maniere de le “remercier” et de le prier de continuer ses belles besognes, c’est de lui offrir a la pleine lune quelques bouts de pains, de talkan, de lait, ou d’autres mets. Etre invites au p’tit rituel pour que vive encore longtemps le foyer de la bibliotheque (qui joue aussi le role de jardin d’enfants), c’etait pour nous un bel honneur, d’autant plus qu’a la prochaine  lune, c’est une nouvelle annee qui commence pour tous ceux qui suivent le calendrier dit “chinois”.img_3266

Les enfants de Bootchi nous expliquent comment ils vivent, au rythme de la Lune: “Quand elle grandit, tout est permis! Chasser, s’ballader en foret, chanter dans les rues tard le soir, feter des noces et des anniversaires. Quand elle diminue, brrrrr, mieux vaut rester tranquille chez soi! Les chasseurs attendent les temps meilleurs, on evite de gesticuler, de faire du bruit, et de sortir sans chapeau, surtout la nuit…” Energie croissante ou decroissante, pour les gens de Karakol, c’est encore une realite qu’il faut savoir ecouter.

p1010999La pleine Lune de la nouvelle annee, c’est aussi le moment de tout purifier, pour repartir sur un nouveau cycle, plus “propres” et plus legers. Marina pose sur le poele des branches de genevrier sechees. Les brule et nous enfume,d’abord chaque angle de la piece, puis chacun de nous devant, derriere… Puis 2 jeunes filles nous offrent des echarpes vertes qu’elles nouent autour de nos tailles. “Le vert symbolise les arbres, l’herbe, toute la vie qui fleurit sur terre… Que leur force soit avec vous!” Ensuite on nous invite a ecrire sur un bout de papier nos mauvaises habitudes. Un petit sac est charge de les recuperer, et un fois l’an, les enfants vont tous ensemble y mettre le feu. Quelle chance de pouvoir se delester de p’tits defaux alourdissants! Tout le monde a rit en nous voyant ecrire si longuement! “Vous aussi vous devriez confectionner un de ces sacs, et recolter sur votre route les mauvaises habitudes des gens! Ils seront bien plus heureux, apres ca!” Quelle bonne idee, ma foi! 

p1010995p1020002Pour finir Marina nous presente un long tissu jaune: ” Sur cette etoffe chacun de nous va ecrire son nom. Nous vous l’offrons pour que vous la portiez a d’autres enfants dans toutes les bibliotheques que vous rencontrerez sur votre passage. Transmettez-y nos salutations, depuis la bibliotheque de Bootchi!”

Combles. Ce qu’on nous offre la est grandiose: un message a porter, de la force pour continuer, des encouragements pour faire rever. Une banniere de soleil, dont l’energie fait jaillir tant de vie. Mais Marina ne nous laisse pas le temps de s’eberluer: “Maintenant, il faut aller jouer, allez! tous a vos luges!”

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2 fillettes et la Chiquilla, sur une peau de chevre...

Ecrit par Asso Kernunos in: Altai, Ecoles |
fév
16
2010
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“Ecoute la Terre”, a l’Ecole des Tengris

veau-banqueLe monde moderne et sa mentalite de consommation a aussi atteint ces vallees retirees. La tele est presente dans beaucoup de maisons, les enfants vont apprendre l’histoire de Russie et d’Europe a l’ecole, puis les jeunes passent des annees en ville, a l’universite, ou bien souvent ils y laissent de cote leur vision du monde Altaique et leur rapport rapproche aux formes de vie de la nature. Alors, pour inverser la tendance et proteger leur futur, quelques guerriers de l’ame Tengri ont cree tout un programme pedagogique pour que les enfants n’oublient pas leurs Racines, leur Histoire, leur Religion, leur Culture. (Ils tentent aussi d’eduquer les touristes qui viennent avec leur lot de plastique superflu).

Represente par Danil Mamyev, egalement directeur du Parc (LE porte parole d’Uch Enmek… quand on le rencontre c’est comme si on se retrouvait sur un de ces lieux qui respirent fort un grand Amour…), le programme experimental propose commence a faire des petits dans toutes les autres regions de la Republique de l’Altai, et meme au-dela…

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Un Kedr, par Gurkin

L’idee c’est de reequilibrer la dose d’histoire locale par rapport a l’histoire occidentale, qui oublie souvent de mentionner nombreuses guerres et pillages de la terre au nom de l’enrichissement de Tsars, de Russes, “de Blancs”. Ici on est en Siberie, qui plus est dans l’Altai, et ce sentiment d’avoir ete voles et violes est encore tres fort chez beaucoup de gens. Lors d’une discussion fort animee on nous a dit: “Mais pourquoi vous les Blancs vous avez toujours besoin d’en avoir plus?” Natalia, elle, garde secret son nom Altaique, interdit a l’epoque sovietique. “La terre de l’Altai est l’une des plus riches de Siberie. Tous les elements du tableau de Mendeleiev y sont representes! Pour les Russes, pas question de s’asseoir sur ces richesses. La Siberie est un enorme reservoir de petrole, gaz, bois, minerais, etc…, et depuis le temps que les Russes y puisent sans rien remettre a la place, la terre se vide , devient toute creuse… un tremblement et tout s’effondre! Un exemple, tient: saviez-vous que Venise a ete construite avec des Kedr (pinus siberica) de l’Altai?”

Le voila, le grand fosse d’aujourd’hui: il y a ceux qui prennent a la Terre sans considerations, et ceux qui la savent vivante (consciente, meme!) et veulent la respecter pour tout ce qu’elle nous donne. Ceux qui s’eloignent encore de l’environnement naturel, en s’entourant de machines et de nouvelles technologies, et ceux qui cherchent a vivre selon les lois de la nature, en harmonie avec elles. Tel est l’esprit que les gens de Karakol tentent de transmettre a leurs enfants.

p1010974Natalia est aussi instigatrice du programme scolaire local appelle “Ecoute la Terre”.  Sorties en foret, collectes d’histoires aupres des anciens, apprentissages des particularites culturelles de leur endroit, etc… On est alle rencontrer les classes de Karakol, on a construit ensemble un bel arbre vivant, bien enracine et bien elance vers le ciel… En voila des initiatives qui nous donne plein d’espoir!!!

Ecrit par Asso Kernunos in: Altai |
fév
16
2010
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Le Parc des Collines de Karakol

img_3327… Mais si tout est si “sacre”, comment on fait pour manger, et se chauffer, et cultiver?? Comme au Kirghizstan, plusieurs villages sont implantes dans les vallees de Karakol, et comme partout, les habitants ont besoin des richesses naturelles pour assurer leurs besoins de base. Et comme a Sar-tchelek, un Parc, cree en 2001, protege les lieux d’eventuelles compagnies forestieres “etrangeres” ou de constructeurs prives de “tour-baza”. Mais comment les locaux parviennent-ils a faire l’equilibre entre l’utilisation des ressources et leur regeneration?

img_3248A Uch-Enmek, les ressources sont gerees de maniere traditionnelle. Depuis longtemps (toujours?), les Altaiques ont su “comprendre” leur territoire: grace a leur connaissance du sol et de l’energie specifique de chaque lieu, ils ont pu en difinir les fonctions respectives. Certains lieux (lacs, sources, alpages bourres de plantes medicinales, …) sont a proteger, dans d’autres il sera permit de chasser, dans d’autres de cultiver, etc… Ainsi, la creation du Parc permet de renforcer ces regles deja culturellement implantees: sur 60 551 ha, 810 sont classes en reserve stricte, 4 777 ha tolerent les randonneurs bien guides, et le reste (54 964 ha.) sont dits “zone d’activite”, ou chasse, culture et foresterie sont permises.  Une seule “tour-baza” accueille les touristes, dans des Ayils traditionnels. Chaque forestier gere son territoire selon ses propres plans. Difficile d’aller voir en foret par les -30 degres et la neige anormalement abondante, mais nous avons pu rencontrer un forestier de Bitchiktu Boom, passablement desoeuvre, (en ballade alcoolisee) plutot fier de nous montrer sa propriete fraichement renovee. “Regardez comment on vit bien quand on est forestier!” Pour autant, Tchinguiz nous a assure respecter sa Terre, la Terre de ses Enfants. Un des codes de conduite de la Taiga: “on ne doit prendre que ce dont on a besoin. Pas plus”. Mais pourquoi les gens de Karakol n’auraient pas eux aussi besoin de grosses voitures comme tout le monde, de grandes maisons branchees sur le satellite, ou de decouvrir le monde en avion comme tous ces touristes estivaux en manque de sensations “nature”?

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Jeune fille de Karakol, au sciecle dernier, dessinee par Gurkin

Suggestions: Ils aiment leurs Montagnes et leurs Forets (ca, on l’a suffisemment entendu!), ils y vivent depuis toujours, veillent sur leurs Ancetres, pensent a leurs enfants, et ne peuvent rester sourds aux sagesses de leur culture…

La vocation du Parc est aussi ethno-culturelle. Preserver une culture ancestrale, une spiritualite bien particuliere, une vision du monde bien ancree dans les coeurs. Les gens de Karakol ont prit leur destin en main, et affirment qu’ils ont d’autres plans pour leur Terre que celui d’etre pillee jusqu’a la moelle. Le Parc cree aussi des revenus: circuits touristiques guides, accueil, fabrication et vente de chapeaux, turc’han, vestes en peau, souvenirs en os, bois, pierre d’Uch-Enmek, etc…

Et puis apres, certains vont encore plus loin, pour diffuser “la bonne education”…

Ecrit par Asso Kernunos in: Altai, Non classé |
fév
15
2010
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Uch Enmek, passage entre les mondes…

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Khan-Altai, de Gurkin

Encore plus etonnes certains ont ete, en decouvrant sur le t-shirt a Tof le Triskell. Pour les Altaiques, le triskell est le symbole des cycles sans fin… Quant au chiffre 3, il est particulierement important: nous vivons au milieu des 3 mondes (inferieur, du milieu, et superieur…), sur la 3eme planete du systeme solaire, notre vie est regie par 3 cycles (naissance, vie, mort), le temps par 3 phases (passe, present, futur), etc… Pas etonnant donc que LA montagne sacree de la region ait 3 “tetes”.

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"bubin", tambour des chamans

Uch, en Altaique= 3. Enmek designe la partie superieure de nos tetes capable de recevoir l’energie du cosmos, a condition que nous sachions “l’ouvrir”. A l’heure on nous etions encore dans le ventre de nos meres, c’etait notre nombil qui se chargeait de cette fonction “alimentaire”. Tel un corps humain, chaque region de la planete a aussi ses centres energetiques, ses organes, en quelques sorte. Uch Enmek, situee au centre de la region d’Ongoudai, elle meme au centre de la Republique de l’Altai, elle meme au centre de l’Asie “Centrale”, jouerait le role d’un Nombril du Monde! Ces hautes montagnes, telles des pyramides, forment des corridors entre Ciel et Terre, et recoive l’energie du Cosmos pour la diffuser sur la Terre. Plusieurs scientifiques sont venus mesurer de leurs engins ce que chaque humain a pu ressentir de par soi-meme en se rendant sur ces hauteurs (je ne dirai pas quoi, nous n’y sommes pas alles, mais ca doit ressembler a quelque chose de tres tres positif +++).

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Les gens de la region disent que la vit Altai Eezi, l’Esprit des collines de Karakol, toutes sacrees puisqu’elles descendent de ces hauteurs. La haut, on ne va pas chasser, on ne va pas crier, on ne va pas tambouriner. On s’y rend tout simplement, pour s’impregner de la force et de la joie des etoiles, celle qui aide a mieux aider et a mieux aimer.

Ecrit par Asso Kernunos in: Altai |
fév
12
2010
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La legende du Cerf Blanc

Certains ont bien ete etonnes en apprenant que notre “protecteur” a nous, c’est Kernunos, le Dieu-Cerf des forets. Car l’Esprit protecteur des vallees de Karakol, l’animal le plus sacre chez eux, est le Cerf Blanc.esprit-cerf

Les dires racontent que la bete est d’une grace incomparable et apparait au-dessus des autres animaux, dont il est egalement le protecteur. Mais qui a-t-il deja rencontre une telle beaute??? Personne! Tarabuste par la question, le fils d’un Chaman du village de Kulada demande conseil a son pere. Celui-ci lui revele le lieu et l’heure a laquelle il pourrait eventuellement l’appercevoir. “Mais attention, lorsqu’il apparaitra, surtout ne fais plus aucun geste ni aucun bruit!” Le fils s’en va donc a la chasse a travers la taiga. Il a beau la parcourir toute la journee, il ne trouve rien, jusqu’au soir ou il atteint les berges d’une riviere, et ou apparait soudain une chevre des montagnes. La chevre traverse, l’homme degaine son arme, vise, tire vers la chevre parvenue de l’autre cote. Mais a ce moment meme la vue se brouille, le Cerf Blanc apparait, et recoit la balle en plein coeur, avant de disparaitre dans les profondeurs de la riviere, laissant l’homme accable a son mauvais sort. Celui-ci perdra la memoire pour longtemps et la parole a jamais. Depuis ce jour, 7 generations de chamans verront leur descendance male disparaitre.

p1010875Moralite (entre autres…): il est interdit de reveler a quiconque secrets et lieux sacres, c’est a chacun de trouver par soi-meme, si tel est le chemin a parcourir…

 

Le Cerf a une grande symbolique. Avec ses bois qui font comme des antennes, il fait le lien entre le cosmos, le soleil et la terre, et guide les hommes vers les autres mondes. Les anciens altaiques rajoutaient d’ailleurs des sortent de bois sur le tete de leurs chevaux.

Ecrit par Asso Kernunos in: Altai |
fév
12
2010
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Ecologie de l’Ame “Tengri”

Ainsi se nomme l’organisation locale ayant créé le Parc des Collines de Karakol.

“Tengri”, c’est le Ciel. Les tengristes se disent eux-meme paiens (avec des tremas!). Leurs croyances sont a l’image de la biodiversite de leur region: foisonnantes. On nous a dit: “Les musulmans vont prier dans les mosquees, les chretiens dans les eglises… Nous, notre cathedrale, c’est la Nature”.

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Et quelle cathedrale!! Avec des ciels vivants en guise de toit, des sols qui fleurissent en guise de bancs, arbres et montagnes pour piliers, bref toute la vie sous toutes ses formes en guise de freres de priere. Leur religion (leur spiritualite) est unique dans le sens ou elle est basee sur les processus naturels qui regissent la vie. Elle s’avere etre un reel “kodex” ecologique, traduit en contes et legendes, en rites et en conduites respectueuses de l’environnement. Les montagnes sacrees ont une vie de famille tout a fait rocambolesque (certaines sont soeurs, d’autres amies ou ennemies). En termes ecologiques, leur disposition protege des vents du nord, retiennent les precipitations, ou bien creent des obstacles infranchissables. Toutes les sources sont sacrees, avec differents degres de “sacralite”, selon leur composition minerale et leur origine. Les rivieres sont des jeunes filles et beaux garcons qui se rejoignent pour ne former qu’un.

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Autre exemple: il est defendu de se rendre a la riviere avant le lever du soleil et apres son coucher, sinon l’Esprit de l’Eau risque de vous happer. Traduction: c’est a l’aube et au crepuscule que les animaux vont boire a la riviere. Si un humain s’en vient et les fait fuir, ces animaux ne boiront pas de toute la journee, chose fatale surtout pour les petits. Ou encore chaque famille a son totem animal, vegetal ou montagneux. Si le totem d’un tel est le Lievre, il lui est interdit de chasser et de manger du Lievre. Il se doit de respecter son Totem. La croyance aux Esprits pousse les Hommes a respecter toutes formes de vie. A se sentir “redevable” lorsqu’un arbre donne de son bois et un animal de sa viande. Les tengristes ont conscience qu’ils ne sont pas les seuls a vivre dans ce monde, et que les hommes se doivent de respecter le visible et l’invisible. Tout cela pour garantir l’Harmonie, et les generations futures, a long terme.  

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Encore une fois, difficile de resumer une culture aussi complexe. Leur vision du monde depasse meme les frontieres de la planete terre. On appelle ca “cosmovision”. La terre fait partie d’un systeme solaire, lui meme faisant partie d’une galaxie. La terre est bombardee d’energies cosmiques de differentes qualites, avec des rythmes bien particuliers, qui influencent l’evolution humaine. Tous ces facteurs ont aussi integre la spiritualite Tengri, qui apres avoir vecu des periodes d’ombre, refait surface aujourd’hui…

Ecrit par Asso Kernunos in: Altai, Non classé |
fév
11
2010
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Runes, Menhirs… comme un air de famille

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Dans les vallées de Karakol, commes dans beaucoup d’autres endroits de l’Altaï, les civilisations passées ont semées derrières elles gros et petits cailloux… Certains sont sculptés en Guerrier Protecteur. D’autres simplement habillés de leurs lichens colorés. Des solitaires, des alignés… un peu comme chez nous, pas vrai?? Mais le plus étonnant dans tout ça, c’est que les Altaïques appellent ces pierres levées… “Mengir”!!!

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traduction suggèrée:"Guerrier, tu t'en va de ta terre maternelle. Nous sommes tristes. Puisses-tu atteindre la terre de ton Père"

traduction suggèrée:"Guerrier, tu t'en va de ta terre maternelle. Nous sommes tristes. Puisses-tu atteindre la terre de ton Père"

Autre curiosité: les Runes. Elles sont Altaïquse mais ressemblent fort aux Runes d’Odin (Celtiques). Gravées dans les montagnes, elles accompagnent des ribambelles de pétroglyphes. Le village de Bitchiktu Boom porte bien son nom: “là où il y a beaucoup de pétroglyphes”. Des chasseurs poursuivants des gazelles, des chèvres des montagnes, des chevreuils,… (et même des Elephants!!)  Curieusement, ils regardent tous dans la même direction: l’Est. Natalia nous explique: à l’époque (plusieurs civilisations se sont succédées et sont allées déssiner sur les mêmes rochers), lorsque la saison de la chasse commençait, les chasseurs allaient prier l’Esprit des animaux concernés, afin qu’il leurs cède de quoi se nourrir. Pour que l’Esprit des animaux tués renaisse à la Terre, et continue de nourrir les générations futures, ils les dessinaient sur les pierres regardant vers le Soleil levant, qui renaît chaque matin, et permet à la vie de fleurir sur la Terre. Le rituel est toujours d’actualité, mais on ne s’embête plus à décorer les montagnes… p1010874

Ici les Ancêtres n’ont jamais quitté leurs enfants. Et les vivants d’aujourd’hui n’ont jamais oublié leurs parents. Beaucoup d’entre eux sont toujours là, sous terre, bien concervés dans les célèbres tombes gelées, dont la température est maintenue très basse grace à une disposition spéciale de différentes pierres à la composition et au magnétisme particulier.

Tombe sur le Plateau Ukok

Tombe sur le Plateau Ukok

Quand ils les ont découvertes, les archéologues n’ont demandé l’avis de personne pour excaver les momies, et les envoyer finir leurs nuit dans les musées de Peterbourg. Comme chez les Pharaons, les Viking ou encore dans les Kairn de nos régions, les riches étaient enterrés avec leurs chevaux, leurs outils, leurs serviteurs, bref, tout ce qui devait leur servir pour bien vivre dans l’autre monde.Les tatouages animaliers et les objets en or finement sculptés (toujours représentant des animaux) témoignent de plusieurs anciennes civilisations très évoluées fortement liées à leur environnement. Par vagues, ces peuples ont nomadisé loin sur le continent, si bien qu’aujourd’hui, un nombre impressionnant de cultures pensent être liées à ces anciens Voyageurs…Il y a d’abord tous les peuples de langue “turque”(Kirghizes, Kazakhes, Touva,  Bouriates, Ouzbeks, Turques, etc…), tous les Mongols et leurs descendants (quand on sait qu’on a retrouvé des gènes de Gengis Khan chez près de 15 millions de personnes- certains disent 45 million!), tous les Tatars et les Kozaks, sans parler des Amérindiens d’Amérique du Nord, tous les Huns qui ne seraient pas rentrés chez eux (quand on sait que, bientôt arrivés sur Paris, ils ont préféré virer au sud vers l’Italie…et puis aussi tient, le terme “Hongrois” ressemble pas mal au mot “Hun” ), tous les Barbares qu’on savait à peine nommer, et pourquoi pas les Basques, les Vikings, et Jésus Christ qu’avait sans doutes l’allure d’un Chaman ayant perdu son tambour.

Enfin bref, évitons les extrapolations hasardeuses… Mais ce qui semble relier tous ces peuples “racinaires”: chasseurs, guerriers, bergers, voyageurs capables de s’adapter, petits groupes auto-régulés par ce que la terre voulait bien leur donner.

Ecrit par Asso Kernunos in: Altai, Non classé |
fév
10
2010
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Yourtes et Tipis de bois

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Ayil et Konaviaz, poteau rituel et pour chevaux
Ayil et Konaviaz, poteau rituel et pour chevaux

Attenantes a chaque maison du village, comme des sortes de satellites indispensables, il y a les Ayil, des yourtes de bois, jadis faites en ecorce de Meleze, suffisemment epaisse et isolante pour se proteger du froid et de l’humidite. Aujourd’hui en hiver, tout le monde se carapatte dans les maisons, mais des que les temperatures redeviennent acceptable, c’est la migration inverse! Natalia nous dira que c’est pour mieux travailler: on a pas peur de salir, on est dehors sans transitions, et on peut torrefier l’orge dans les grands wauks en fonte (kazan) poses sur un feu de camp. (Une fois moulu, on en fait du Talkan, la bouillie fast-food favorite des Altaiques, faite de the, de beurre, de sel et d’orge moulue… de quoi tenir pour de longues journees a cheval).

D’autres nous diront qu’ils ne peuvent se passer du contact avec la Terre sur laquelle ils dorment, avec le Feu qui n’est pas enferme, et avec le Ciel ouvert d’ou brillent les Etoiles. Quant a la forme conique des Ayil, elle garantie la connection cosmique, sans autres antennes de relais…
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Ecrit par Asso Kernunos in: Altai |
fév
10
2010
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Chez Natalia, au bout du village

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img_3206Voila le decor quand on arrive chez Natalia. Contactee par la direction du Parc, elle a bien voulu nous accueillir, autant qu’il faut. Et puis elle annonce vite la couleur: “j’aime pas voir les gens les mains vides et a rien faire“. Ca tombe bien, nous non plus! Jadis chasseuse et alpiniste, Natalia est aujourd’hui fermiere, prof d’histoire, pedagogue, couturiere, tanneuse, confectionneuse de toutes sortes de choses traditionnelles, etc… De quoi en apprendre beaucoup, mais surtout de se rappeller que “vivre DANS et DE la nature”, ca veut dire:

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Le mouton, incomparable pour ses multiples usages… Si un Breton sans son beurre salé ne peut vivre, il en va de meme pour un Altaique sans sa viande de mouton! Quant a la laine, on la file, quant a la peau, on s’en fait des manteaux…

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Voila donc par exemple comment on fabrique des “turc’han”, larges tapis faits de peaux de chevre, que de riches Moscovites s’empressent a commander. Mais il y a aussi:

p1010933p1010815comment tresser des cordes,… et pouquoi pas tant qu’on y est, comment cuisiner des piroguis…

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Ecrit par Asso Kernunos in: Altai, Trucs de saison |
fév
10
2010
0

Ongoudai, centre-Altai

(rajoutez les tremas, vous verrez coment ca sonne bien!)img_3147

On a donc quitte les Pins d’Askat et de Kamlak, pour aller voir plus loin les montagnes qui se couvrent de Melezes. Sur la route un col, dont on peut contempler les “Kedr” (Pins a pignons) quand la brume ne nous engloutie pas avec… Plus loin vers la frontiere Mongole, c’est la steppe qui commence. Comme tout pays de montagne, l’Altai offre a la vie des centaines de conditions particulieres pour qu’elle se developpe en toute originalite, d’ou la formidable biodiversite de la region. Mais pour changer, ce n’est pas vraiment la Foret qui nous a attire a Ongoudai, mais bien les Hommes. Les Altaiques sont comparables aux Indiens d’Amerique. Leur histoire d’oppresion, les problemes actuels qu’ils rencontrent pour preserver leur culture, leurs lieux sacres, leur maniere de vivre… Et comme leur cousins lointains, quelque chose les poussent a vouloir vivre “en Harmonie”.

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Ecrit par Asso Kernunos in: Altai |
fév
10
2010
0

Le combat de Lena

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Lena Tchevalkova est l’une des principales actrices de la tentative de creation d’un Parc Naturel sur les Collines d’Askat. L’une des richesses culturelles de la region qui jouent en sa faveur: Choroz Gurkin, le peintre-poete-politise  du village d’a-cote, devenu la plus grande figure Nationale Altaique. Ses peintures et ses ecrits temoignaient de son amour pour l’Altai, qu’il considerait comme un Etre Vivant, beni pour ses forets, pour ses sources claires et ses rivieres. Sa demeure etait devenue un jardin botanique, ou il avait plante des plantes rares de la region. Beaucoup de ses dessins sont des informations precieuses pour les historiens, les archeologues, et autres specialistes. L’Homme a du fuir en Mongolie et dans les Tuvas pour eviter la deportation, mais il a prefere revenir au bout de quelques annees, en manque de son pays magique. Il s’est alors fait fusille.

ч.гуркин "Kamlak", c'est la ou des Chamans, indispensables voyageurs d'entre les mondes, "Kamleniaient", c.a.d jouaient du tambour pour appeller les Esprits

ч.гуркин "Kamlak", c'est la ou des Chamans, indispensables voyageurs d'entre les mondes, "Kamleniaient", c.a.d jouaient du tambour pour appeller les Esprits

Aujourd’hui, Lena recolte interviews et signatures pour eviter que des milliers d’hectares de forets jadis peintent par le grand homme, ne soient transformes en complexes touristiques dont les barrieres enserrent la riviere Katun.

Un peu plus loin, dans le village de Kamlak, un Verger Botanique joue aujourd’hui le role de concervatoire de la biodiversite. Il y a quelques annees, Lena et Serguey y ont vecu, y ont plante les premiers fruitiers, et prepare les premiers thes medicinaux… Alors que ca n’etait qu’un petit centre ecologique, le Verger est devenu “national”, lui aussi, grace a l’energie si enthousiaste d’amoureux de la Terre…

 Grand merci aux Tchevalkova! (autre grand artiste Altaique, d’ailleurs!)

sur la riviere Tcherga, a Kamlak

sur la riviere Tcherga, a Kamlak

Ecrit par Asso Kernunos in: Altai |

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