mar
26
2010
0

Raiss et Liana

Ulan-Ude, Bouriatie. A la sortie de la gare, une grand-mere et sa petite fille nous attendent sur le trottoir. “Que cherchez-vous? Un lieu pour dormir? Venez-donc chez moi, je vous invite.”

p1020190La chose nous semble incroyable, mais pour Raiss, c’est tout naturel: “On etait a la datcha du grand-pere, pres du Baikal. Je voulais y rester encore une semaine, mais quelque chose mais oblige a revenir plus tot. Maintenant, je sais pourquoi, il fallait que je vous rencontre. Bienvenus chez nous, bienvenue en Bouriatie.” L’occasion semble exceptionnelle. “Des visiteurs etrangers, c’est toujours une bonne chose. Qui plus est pendant le premier mois de l’annee (le mois blanc, correspondant a la premiere lune de fevrier).” Raiss ne boit jamais, mais ce soir la vodka est sur la table. Nous on est deja morts de notre journee de pedalage, mais ce soir c’est la bouteille de balsame, qui attend depuis 3ans, que l’on debouche pour nous.

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Le grand-frere de Liana dans son costume Bouriate, aupres des Bouddhas de la maison

Le grand-frere de Liana dans son costume Bouriate, aupres des Bouddhas de la maison

La petite Liana est nee leucemique. A l’age de 2 ans, elle est restee 4 mois dans le coma. Tous les medecins disaient “c’est fini, on ne peut rien faire, elle ne va pas survivre”. Alors Raiss a tout quitte. TOUT, l’hopital, les medicaments, la ville, pour un autre mode de vie. Elle est allee trouver des pretres et des chamans qui lui ont prescrit un regime alimentaire particulier pour la petite. Elle s’est mise a cultiver des legumes et a faire des bocaux pour toute la famille. Elle a tout vendu pour acheter un bout de terrain pres du Baikal, (super cher) dont la forte energie “Nature” reequilibre et a su redonner la vie a la petite Liana. Baikal… rien que pour ca on l’aime, pour cette gamine qui a retrouve ses gestes, et qui aujourd’hui danse, joue, et nous gratifie de son sourire de recussitee.

Comment ne pas se souvenir de Dan et de Joana, qui vivent la meme histoire, en foret de Bialowieza, et qui ont su eu aussi se guerir grace a la Nature qui les entoure, grace a l’amour qu’ils s’insufflent, et aux bonnes choses dont ils se nourrissent?

Raiss a aussi achete un mini-bus, pour un jour promener les enfants de la Terre autour du Baikal, que la force et la purete de l’endroit leur redonne la sante.

Ecrit par Asso Kernunos in: Russie, Sibérie |
mar
26
2010
1

Pédalages divers/d’hiver

pause 'minute' au bord de la route

pause 'minute' au bord de la route

Marco, un Italien, s'arrete pour nous offrir un petit remontant

Marco, un Italien, s'arrete pour nous offrir un petit remontant

On a 6 jours pour atteindre la frontiere Mongole. 6 jours pour rallier Irkutsk a Ulan-Ude, avant d’y prendre un bus pour une sortie express. 320km en 6 jours, en temps normal, rien d’effrayant. Mais la, nos 80 km par jour se reduisent de moitie. Il fait grand soleil, mais le thermometre colle derriere chaque fenetre, affiche toujours -30. La route est partiellement gelee, on se casse la gueule de temps en temps, et les berges montagneuses du Baikal nous demandent de fournir encore un peu plus d’energie. Les pauses cafe se resument a quelques minutes vite expediees, souvent accompagnees d’une dose ”100 grammes” salvatrice… (cf photo). On aurait juste du apprendre a Marco, un Italien en vadrouille, la coutume Russe: pas de vodka sans “canapes”. On est repartis le ventre creux a se nourrir de kilometres tant qu’on peu, jusqu’a ce qu’on appercoive dans l’un de ces mini villages de datchas ensevelies sous la neige, un tuyau enfume… La fringale nous guette alors on s’arrete, demander un petit coin au chaud pour pouvoir cuisiner.

p1020173p1020165Chez Baba Olia tout a brule. Elle vit maintenant dans un petit 7m2, cache parmis des planches. Elle a de suite sorti son Atlas pour qu’on lui montre d’ou on vient. Elle veut savoir ou se trouvent tous ces pays dont on parle a la tele. On sort nos nouilles, notre pain et notre fromage congele, et le temps que tout cela se rechauffe, on se raconte… Baba Olia n’est pas tranquille: elle a vu un film hier a la television predisant la fin du monde pour 2012. Catastrophes naturelles, guerres horribles a cause de tous les Europeens qui voudront se refugier en Asie Centrale, en Siberie… “2012? Ca veut dire qu’il ne nous reste que 2 ans? Et personne ne le contredit! Et c’est que aujourd’hui qu’on me l’apprend?? Alors je pense a mes petits enfants, moi… Que vont-ils vivre? Que va-t-on leur laisser?” On tente de la rassurer. Tout n’est pas termine: au contraire, tout va pouvoir commencer a nouveau.

p1020176Olia nous conseille de prendre le train electrique qui pourra nous avancer sur 100 km. On se retrouve a pousser sur une piste enneigee (plus dur encore que les marais des Komis), pour atteindre une plate-forme sans abris ni rien d’autre qu’un panneau plante avec son lampadaire, coince entre le Baikal qui s’embrase, et la taiga des montagnes qui retourne a ses ombres…  N’empeche, cette fois on remercie grandement la ponctualite des transports Russes, sans quoi on aurait fini congeles a attendre le degel de printemps.

Voila, l’aventure est dure, mais O qu’elle est belle! Le lendemain de nouveau on pedale, mais on sait bien que le challenge d’ateindre en velo Ulan-Ude va etre difficile a realiser. L’important, pourtant, c’est d’y aller. Y mettre toutes ses forces, et tout son plaisir de se retrouver dans ce decors incroyable, par de telles conditions… Le vent se met a souffler, les grimpettes nous font peiner… nos joues gelent, des glacons s’accrochent a nos cils, nos suees se figent dans nos dos, pieds et mains s’arretent de vivre un instant. Mais quoi? Il faut bien continuer, jusqu’au prochain cafe-routier…

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Inextremis on l’a trouve. Manque de bol a l’interieur, il fait a peine chaud, on n’y sert rien a manger, ni meme du the, pour cause de tubes geles, et de panne d’electricite. On se renseigne sur le prochain passage du train electrique. Pour la 2eme fois on y embarque nos velos, jusqu’a Ulan-Ude, ou nous etions deja attendus, comme par magie…

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Ecrit par Asso Kernunos in: Non classé, Russie, Sibérie, Velo |
mar
25
2010
1

Baïkal “grandeur Nature”

“Grandeur Nature”… pas qu’on veuille en faire une belle promo touristique, non, juste que c’est bien vrai: Baïkal est Grand, immense, peut-être plus de 2000km de circonférence, et aussi profond qu’un océan. Difficile, donc, de passer à côté sans en toucher quelques mots.

A Irkoutsk, le grand-père de notre maison d’accueil nous raconte: ” Baïkal est alimenté par 356 rivières, mais de sortie, y’en a qu’une seule, c’est le fleuve Angara. Avec son propre processus de nettoyage, le lac représente une immense réserve d’eau toujours pure. Les courants chauds et froids sont faits de telle sorte que toutes les crasses balançées dans le lac sont épurées via l’Angara. L’hiver, des routes sont ouvertes sur le lac gelé. Moi j’ai bossé en tant que conducteur de bateau-repêcheur. On allait récupérer les voitures ayant traversé la glace. Les Russes en w-e se ruent sur le lac pour pêcher, bourrés, et s’amusent à blinder en pleine nuit. Sauf que Baïkal, il pardonne pas: l’épaisseur de la glace n’est pas la même partout, parfois des failles s’ouvrent, la glace bouge, se chevauche, fait des couches ou bien crée des obstacles grands commes de véritables collines!”p1020152

Et puis, “Baigal” en Bouriate ou en Mongol, ça veut tout simplement dire Nature. Il semble que l’on ait entendu son appel, puisqu’à Irkoutsk on se décide à reprendre nos vélos, même par -30°, à se plonger enfin dans le décors des berges boisées et gelées du Grand Baïkal.

Ecrit par Asso Kernunos in: Russie, Sibérie |
mar
25
2010
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Trans-Sibérie

p1020145Au petit matin, dans le trans-sibérien, tout le monde parcourt le couloir, des toilettes aux couchettes, en chemise de nuit, en chaussons, en “tapetchkis” ou en caleçon. Les Russes qui y voyagent ont tout prévu: les tasses qui ne risquent pas de tomber, les plats lyophilisés, et si vient à manquer un pirochki ou du poisson séché, les quelques arrêts permettent toujours de se ravitailler direct sur le quai.

Faut dire que de Novossibirsk à Vladivostok, le voyage dure 4 jours… 4 jours à travers l’immensité Sibérienne, couverte, toute verte, de sa Taïga à peine discontinue. Nous, jusqu’à Irkoutsk, on en a pour 2 nuits, de quoi déjà prendre la dimention du décors que l’on traverse: une journée passée à regarder par la fenêtre défiler des montagnes boisées de pins et de bouleaux, avec de temps-en-temps, d’épisodiques clairières dans lesquelles s’enfouissent des mini-villages en bois, quasi disparus sous la neige.

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La Sibérie! Rien qu’à travers la vitre, on peut commencer à comprendre… Un réservoir naturel immense. Un monde, un continent entier pour que les bêtes, les oiseaux, les herbes sauvages y vivent sans autres contraintes que la rudesse de l’hiver. Une étendue vivante telle, que sans elle, … sans elle?

p1020187Sans elle la Russie d’Europe serait déjà en train de dégénérer! Il suffit de se poser 5 minutes au bord des rails pour se rendre compte que le trans-sibérien ne transporte pas que des gens… Des trains de bois, de pétrole et d’autres marchandises défilent quasi non-stop, sur des longueurs impressionnantes. A chaque passage un mauvais sentiment, comme un mauvais souvenir nous envahi: tout ce que l’homme fait de pire à la Terre ou à ses frères y est représenté: la Déportation, le Déracinement. Et à force de wagon, l’Extermination. Voilà: la Sibérie chauffe, gaze et carbure pour l’Europe toute entière. Des hordes de trapeurs ont tiré d’elle viandes et fourrures. Les industriels (d’abord motorisés à l’énergie de tous les prisonniers des Goulags), ont creusé, foré, extrait toutes les matières premières nécessaires à enrichir ceux du lointain, là-bas, de l’autre côté de l’Oural.

Dehors, derrières les fenêtres, il neige dans le vent. On s’imagine alors dans ce décors qui défile, mais sans les vitres ni la surchauffe… Sous le vent qui cingle, quelque part parmi des milliards d’arbres sur des millions d’hectares. On imagine l’échappé du goulag,  le bûcheron égaré, ou encore le géologue soviétique en reconnaissance de terrain. On imagine les villages d’antan, ceux où même l’hiver fallait vivre dedans… On s’dit qu’on aimerait bien sentir un peu plus la puissance de ce genre d’expérience… mais on s’le dit tout bas, à cause des -30° dehors, de la Taïga océane, de la Sibérie dont les rudesses ne pardonnent parfois pas.

En tous cas, la Sibérie est aussi pleine d’avenir: elle renferme dans ses Bois les espoirs des renaissances à venir: une terre sans hommes, ou si peu!!!

Ecrit par Asso Kernunos in: Non classé, Russie, Sibérie |
mar
24
2010
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Embarquement précipité

p1020138On avait prit nos billets à l’avance. On s’était même pointé une bonne demi-douzaine d’heure avant l’embarquement pour l’enregistrement de nos précieux “bagages”. Tout doit se fourrer dans de grands sacs, s’étiquetter, se peser… même les vélos! Pas voyager à leurs côtés ne va pas pour nous rassurer: ils vont devoir prendre un autre wagon que le notre, un autre train, et on ne sait pas quand on les retrouvera à la sortie, quelques 2000 km plus loin… Formalités faites, on file trouver refuge à l’Alliance Française où “miracle!”, le colis que nous attendions tant vient d’arriver… Quel plaisir de recevoir un brin de courrier de la part de nos chers associés centre-bretons!! Son contenu bourré d’humour (genre un bouquin sur l’élevage des Epagneuls Bretons), nous fera rire toute la soirée…

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à "La faucille et le marteau"

C’est d’ailleurs Pauline, une Bretonne, qui nous invite à attendre nos dernières heures dans un “pub”, en compagnie d’un ami français. Boire une pinte en plein bar “communiste” avec quelques compatriotes, rare plaisir que l’on aimerait faire durer, mais qui s’avère presque fatal vu les circonstances… Après la 1ère pinte, on en a bu une 2ème, puis on a filé (toujours pliés de rire), limite en ratard, avec encore des bagages a retirer de la consigne. Quand on sait ô comme les transports Russes sont ponctuels, on avait pas le droit à l’erreur. On court, on the border line, sans plus pouvoir regarder en arrière ce que deviennent les autres. On trouve notre train, on saute dedans, en sueur, en bordel… Et Pauline? Et notre colis? Et nos bouquin? Et…? Le train démarre, les portes se ferment…

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Le bon travailleur soviétique

“Vos billets, SVP”. Tout le monde hallucine. Qui peut-on bien être pour arriver si tard, à la dernière seconde, alors que ça fait 1h que tout le monde est déjà là, à s’installer et à faire connaissance?! 2 jours de voyage, 4 pour certains, voilà, c’est l’aventure du transsibérien! “Bonnes lectures, Pauline! Nous on se console de nouvelles rencontres!”

Ecrit par admin_kernunos in: Russie, Sibérie |
mar
24
2010
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Olga et Viera, générations “guerrières”

p1020107 A Novossibirsk, nous retrouvons Olga de Askat, chez sa mère Viera. Viera rêve de visiter la France. Katia, sa propre mère lui a apprit la langue, dont elle concerve encore de bons souvenirs. Revolutionnaires, Katia et sa famille ont dû s’exiler en France à l’époque du tsar, pour y trouver refuge. Plus tard ils ont pu regagner leur pays, pour se faire déporter peu après dans des camps en Sibérie. C’est là que Katia rencontre la 2ème grand-mère d’Olga, déportée à cause d’une simple faute de frappe qu’elle n’avait elle-même pas commise. Katia allaitera la mère mais aussi le père d’Olga, par solidarité. Plus tard, Viera a à peine 5ans, quand elle est “libérée” du camp avec sa mère, tombée malade et devenue trop faible pour survivre. Viera se souvient avoir marché une dizaine de km, en plein hiver, le long de la voie de chemin de fer, pour atteindre la gare. Elles parviennent toutes 2 à Moscou, survivent, et retrouvent quelques années plus tard le nom de leur amie de camp dont le fils a survécu…

p1020096

Iaromir

Aujourd’hui, Olga se bat pour que Pacha, le père de son p’tit dernier, sorte de prison. Que des dires, pas de preuves, mais toujours là de quoi se battre pour que la vie continue.

Au delà de tout cela, pour Olga, il y a la Nature de l’Altaï. Le projet qu’elle tente de mettre sur pied, avec Lena et Sacha, est la création d’une agence pour la sauvegarde des lieux sacrés de la région d’Askat. Cette agence aurait pour but de recencer ces lieux culturellement important (travail que le gouvernement ne finance plus) et de réaliser les études scientifiques qui permettent de prouver l’importance écologique de chaque endroit (travail que le gouvernement ne finance plus non plus). Seul un tourisme “intelligent” semble permettre de financer ce genre projet. Les intéressés pourront même participer au travail de l’agence, en plus de partager la vie des locaux et de découvrir les beautés naturelles et sacrées de la région.

Ecrit par Asso Kernunos in: Altai, Russie, Sibérie |
mar
24
2010
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Petite tournée francophone

Avec l’Altaï, la rupture est brutale. Un bus nous arrache, mais un bout de nous reste en arrière. Un bus nous propulse vers de nouvelles rencontres… en condensé!

p1020081

la participation des élèves de Barnaoul

A Barnaoul, on enchaîne 2 “interventions” en une après-midi, auprès des élèves de l’institut linguistique puis de l’université. Le film Glaz tourne, on parle comme notre coeur palpite. On tente de prendre un peu de recul et de rassembler toutes ces expériences, depuis Bialowieza jusqu’à  l’Altaï encore si frais. Et puis il y a l’écharpe. Elle se déplie et se remplie. Les jeunes, même citadins semblent conquis. Avec nous l’image d’une certaine liberté s’immisce dans les âmes. On parle de la Planète. De la Vie, si vaste…

A Novossibirsk c’est Svieta de l’Alliance Française qui nous prépare tout un programme. La rencontre avec le club francophone d’Akadiemgorodok s’avère hyper-animée, les gens présents très réceptifs et très enjoués par notre témoignage. A Akadiem, pôle scientifique construit en pleine forêt, les questions éologiques semblent concerner les gens de près: la forêt n’y est pas seulement un objet d’étude, mais aussi leur environnement de vie proche, et ils y tiennent!

Tout cela nous porte à notre tour…

Ecrit par admin_kernunos in: Russie, Sibérie |

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