juil
07
2012
3

Guyane, première immersion dans la jungle

L'Oiapoque fleuve frontière,côté Français

L'Oiapoque fleuve frontière,côté Français

Traverser la Frontière en barque sur l’Oiapoque est rapide. St George de l’Oiapoque côté Français, est vite atteint, avec une surprise pour moi, un pont qui enjambe le fleuve et qui relie les deux pays. Le piroguier me dira qu’il n’est toujours pas ouvert, les normes des deux pays ne sont pas les mêmes, il y a blocage. En attendant les piroguiers continuent leurs va et viens. Que deviendront-ils lorsque la communication terrestre va être effectuée ?

A St George, je suis hébergé par Didier, ancien douanier il donne maintenant un coup de main à gérer le côté administratif d’une entreprise de formation de BTP. Il m’explique la diversité ethnique et culturelle de ce pays, des conflits qui y naissent et l’ombre menaçante des drogues qui circulent, rendant les gens fou. Département Français, certes, mais d’abord Amérique du sud !

Ma route se poursuit le lendemain matin vers le village de Régina, au bord de l’Approuague. Cayenne est encore loin,, Régina presque à mi chemin, je décide d’y passer la nuit.

Chez l’unique commerçant du village, tout le monde y passe faire un tour, boire un canon et discuter. Il fait office de bar de rue. Je rencontre alors un personnage étonnant sous le patronyme de Chevreuil. Jean François, Jeff, m’indique un endroit où poser mon hamac à l’abri, il y passe également la nuit. Il est heureux, après quatre mois à travailler dans le bâtiment, il revient vers le lieu qu’il adule : La jungle.

Demain matin, il embarque sur une pirogue, avec un peu de matériel et des vivres pour un mois. Il va rejoindre un camp sur la rivière Mataroni, en haut de l’Approuague. Dans une semaine, Une amie vient le voir, je pourrais alors retourner avec les piroguiers. Une semaine dans la jungle, dès mon arrivée, quel magnifique cadeau. Cerise sur le gâteau, Jeff me retrouve avec une gamelle dans les mains : « Tu as déjà gouté du caïman ? ».

Merci Chevreuil pour ton accueil, le plat est délicieux et je m’endors en pensant à la semaine qui va suivre. Un premier réel contact avec cette vie qui fourmille ici. Après cinq mois de route et près de 7500km, je ne pouvais rêver meilleur endroit pour marquer une pause et célébrer mon arrivée.

Immersion dans un milieu surprenant

Immersion dans un milieu surprenant

Ce sont deux jeunes du village avec lesquels je réussi à négocier un prix pour aller et retour, qui nous emmènes pour deux heures de navigation en remontant la rivière. J’ai confié une partie de mes bagages chez Nicolas, l’un des piroguiers. En fait, la barque est au père de l’un et le moteur au père de l’autre.

La Mataroni se réveil

La Mataroni se réveil

Nous quittons rapidement le fleuve principal pour remonter la Mataroni. Le niveau de la rivière est haut (il faut tenir compte également des marées) et les sauts, véritable cascades en saison sèche sont franchis sans problème. Nous arrivons alors à destination. La petite embarcation accoste dans une petite crique surplombée par 100m de pente dans la jungle. Celle-ci débouche sur la partie habitation.

carbet traditionnel

carbet traditionnel

Une vaste zone coupée à blanc pour y construire un carbet (maison traditionnelle faite d’un toit en feuille de palmiers et sans murs) et d’un Abati, un jardin planté de légumes de fruits et de plantes. Et cette place en est remplie, mosaïque de plantes de toutes sortes, avec des bananiers, papayers et fleurs en tout genre. Jeff est venu entretenir la place et garder le lieu à l’année pour les propriétaires.

Dans le carbet, chacun prends sa place et installe ses affaires. Ce soir, Jeff ira poser un filet et quelques trappes pour le repas de demain.

La nuit, tout le monde profite de l’obscurité pour sortir, renifler, manger ou chanter. Chants et vibrations de toutes les couleurs  que cette jungle peut offrir. Grenouilles crapauds et grillons entament leurs chorale. D’autres animaux sont plus discret, comme le Tapir ou la biche, car dans ces lieux rodes Jaguars, pumas et panthères, Maîtres incontestés de la forêt.

un bel Aymara pour le déjeuner

un bel Aymara pour le déjeuner

préparation du poisson pour le fumer

préparation du poisson pour le boucanner

installation d'un boucan

installation d'un boucan

Le lendemain, nous découvrons avec joie sur une des trappes, un bel Aïmara, poisson carnassier très répandu sur la rivière. Il sera boucané, opération consistant à fumer la viande. Il sera dégusté plus tard avec chicorée et fenouille du jardin.

Jeff me raconte sa vie en Guyane. Sa passion pour la forêt et la pêche. Pendant des années il a été guide pour touristes et scientifiques sur différents sites. Il a beaucoup appris avec les amérindiens en travaillant dans les communautés pour une compagnie de forage d’eau potable. Richesse d’apprentissage qui se perd de plus en plus dans les communautés où l’alcool fait des ravages.

Vivre en forêt, sur le plan nourriture est un travail quotidien. La pêche comme la chasse demande une connaissance incroyable du milieu et de la faune sauvage. Ne manger que du riz ou des lentilles n’est pas possible, alors il faut attraper sa pitance. C’est la loi universelle que l’on retrouve dans ces milieux : Manger ou être manger. Car ici tout le monde s’active pour chercher sa nourriture quotidienne. Ballets incessants d’insectes, de fourmis et d’oiseaux parcourant l’espace, et partout la mort rôde.

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Piraï ou Piranha

Piraï ou Piranha

Un proverbe amérindien dit même : »Il y a dans la forêt, autant de feuilles dans les arbres que d’yeux qui te regardent ».

Cette jungle est riche d’une biodiversité incroyable. Des espèces sont découvertes par les scientifiques chaque année. Elle est le dernier sanctuaire de la vie sauvage tropicale.

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La jungle en Guyane recouvre 7 millions d’hectares et plus de 3 millions sont protégés. Située à la frontière sud, la réserve du Parc Amazonien  jumelée avec sa voisine au Brésil, la réserve des monts Tumuc Humac, représentent environ 6 millions d’hectares de jungle préservés d’un seul tenant, le plus grand parc naturel au monde.

Il ne suffit pas de poser filets et hameçons pour prendre du poisson. Parfois le pêcheur s’en reviens bredouille. Mais la mère n’oublie pas sont fils, et offre dès le lendemain, de quoi se nourrir. Une tortue c’est prise dans une trappe, blessée, elle fera un délicieux repas.

Peu de monde remonte la Mataroni, rivière utilisée par les chasseurs qui partent en expédition nocturne et remonte son cours jusqu’au carbet de chasse et partent en forêt.

Lorsqu’il y a du passage, c’est toujours un moment d’échange.

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Narcisse, de passage nous offre un caïman

Narcisse, de passage nous offre un caïman

Aujourd’hui c’est Narcisse, Brésilien de naissance et français d’adoption. Il est instructeur au camp d’entrainement en forêt tropicale de la célèbre Légion Etrangère. Sa spécialité : La survie dans ce milieu extrême. Et il en connaît un rayon ! A 60 ans,  sous son apparence de petit bonhomme sec,  je le devine  à toutes épreuves. Toujours en activité, et met sur la touche bon nombre de jeunes prétentieux.

Mangé ou être mangé...

Mangé ou être mangé...

Ramenant un caïman à déguster, il passe l’après midi avec nous et, après quelques heures à écouter une bibliothèque vivante tant sa connaissance des plantes et du milieu est grande, il repart le soir venu chasser un ultime Pac ou un cochon-bois.

Jeff me dit qu’il à beaucoup apprit  avec lui au niveau chasse, mais ce n’est pas son truc, il préfère et de loin la pêche.

Je profite de ces quelques jours pour découvrir les alentours en suivant les layons.

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Minces chemins tracés dans la jungle, ils sont utilisés soit pour la chasse, soit pour rejoindre un carbet situé plus haut sur la rivière. Le sous bois est riche en plantes arbustives fougères et palmiers. Perchées sur les troncs ou dans la canopée, les plantes épiphytes abritent quand à elle une multitude d’amphibiens et d’oiseaux. Les lianes, parfois centenaires enguirlandes les branches basses et se perdent dans les hauteurs des cimes. Il n’y a cependant pas beaucoup de gros arbres, indicateur d’une exploitation par l’homme. img_19441C’est une forêt secondaire que j’ai devant moi. Il faut dire qu’à l’emplacement du carbet ou je loge, de nombreux fragments de poteries ont été découvert, preuves d’un ancien village Amérindiens.

Encore peu touché par l’orpaillage, elle reste assez sauvage et la reconstruction se fait tranquillement. Mais là encore, tout peut changer si rapidement. Il suffit de peu de chose comme une route, ou de trop fréquentes visites pour que ce fragile mais non moins puissant système écologique ne soit transformé.

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La semaine se termine, il me faut reprendre la route. J’attends mes piroguiers, qui selon toute probabilité arrive ce jour. Peine perdue, l’attente sera vaine, personne ne viendra me chercher.

Une semaine se passe ainsi, de pêche et d’apprentissage en forêt grâce à Jeff. Pas une barque ne passe, comme par hasard. Me voilà bloquer au milieu de la jungle, combien de temps il va falloir patienter. Car, bien sure, le canoë de Jeff ne peut contenir deux personnes.

Tressage d'une feuille de palmier

Tressage d'une feuille de palmier

C’est le temps de la privation : Café et tabac sont vite épuisés, et le stock de riz et lentille s’amenuise.

Jeff décide alors une descente osé vers Régina en pirogue. Pas simple avec les sauts et la distance. Il met 7 heures à atteindre le village et remonte le lendemain avec vivres et piroguiers pour me redescendre. Je quitte alors le saut « maman Coumarou » et laisse Jeff à sa vie solitaire lui promettant un retour. Un colis lui sera envoyé pour le remercier. Une amitié vient de naitre entre nous.

Ecrit par Asso Kernunos in: Amérique du sud, Guyane, mataroni | Mots-clefs :,
juil
07
2012
0

Du Brésil à la Guyane, la dernière ligne droite.

Je ne suis pas mécontent de quitter le Venezuela, avec sa circulation de fou, sa pollution et ses rêves de grandeur. La transition avec le Brésil est frappante. Ici, dans la petite ville Frontière de Pacaraima, les commerces ne sont pas grillagées, et le sentiment de tension que j’éprouvais depuis des mois sur ma route s’estompe.

La route devient plus facile et agréable, dès que les gens lèvent le pied. Pour cause de prix de l’essence, bien plus élevé que celui de sont voisin, les automobilistes visent l’économie.

Brésil, pays des immensités

Brésil, pays des immensités

Je gagne rapidement la ville de Boa Vista, plus au sud, véritable carrefour sur la route de Manaus qui me voit confronté à deux choix. Le premier étant le tracé d’origine. Prendre la route vers l’Est et le Guyana, avec une difficulté de taille à surmonter. 500km de piste avec peu de villages, passant par des plateaux secs et semi aride et se terminant pars 200km de jungle, véritable impasse en pleine saison des pluies.

Le second choix est de pousser plus au sud, vers Manaus, et de prendre un bateau sur le fleuve Amazone qui me conduira vers Macapa, ville portuaire, près de l’embouchure de ce fleuve gigantesque. Une route, alors me portera jusqu’à la frontière sud de la Guyane, sur le fleuve Oiapoque et la ville de St George côté Guyane.

A défaut de ne pouvoir rentrer par la porte nord, celle du sud est entrouverte ! et tant pis pour les kilomètres supplémentaires.

Rouler au Brésil devient un vrai plaisir. Curieusement peu de trafic, et tout le monde à mes yeux roulent lentement. Mais, je devrai dire normalement ! La pollution due aux déchets aussi se fait rare sur le bord des routes. Comment y arrivent t ils ici et non pas leurs voisins ?

Mais cela n’est qu’une ombre parmi les pollutions qui existent. Sur ma route, les champs herbeux  où pâture le bétail se succèdent avec son cortège de barbelés omniprésent. Avant ci la forêt était reine. C’est dans ce cadre que je franchis la mythique et symbolique  ligne de l’équateur.

Une des causes de la régression des forêts primaires: l'élevage

Une des causes de la régression des forêts primaires: l'élevage

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Orages, et des espoirs... que ça finisse!

Orages, et des espoirs... que ça finisse!

La saison des pluies bat sont plein et m’arrose joyeusement et copieusement plusieurs fois par jours, m’obligeant à plier sous  ce mur d’eau et de me réfugier sous un porche. Les nuits ne sont plus faites sous la tente qui n’est plus du tout étanche, alors, chaque soir, je demande l’hospitalité et demande d’installer ma tente sous un abri quelconque. Là encore, rare sont ceux qui m’ont refusés l’hospitalité. Un vrai bonheur, alors d’observer les orages au sec !

La route de Manaus, me fera traverser une grande réserve naturelle sur plus de 100km. C’est le territoire indigène des Waimiri Atraori. Eux seul y ont accès  et utilisent cette espace de jungle dans un but traditionnel. Un espace certes vaste quand on le traverse en vélo, mais si ridicule face à la marée productiviste qu’engendre notre société. Vont-ils gardés cette espace longtemps ? Ultime lieu pour la survie de leur peuple.

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Le parc, peut montagneux renferme de nombreux marais

Le parc, peu montagneux renferme de nombreux marais

Aussitôt les limites de la  réserve franchit, les grandes fermes d’élevages reprennent et avec, le paysage monotone des immenses champs de pâtures.img_2455

La jungle recule de plusieurs kilomètres, elle n’est plus qu’horizon à mes yeux. Un but qui toujours recule un peu plus loin, comme pour me dire : « Pas maintenant, patience ».

Au bout de cette longue route : Manaus. Dernière ville aux pieds de l’imposant fleuve Amazonien, maintenant, pour continuer, tout se fait par bateau. Aussitôt, arrivé, je ne tarde pas d’ailleurs à en trouver un. Comme ces centaines de voisins, ce bateau, embarque fret et passagers afin d’assurer les liaisons sur les différentes villes et ports qui jalonnent le fleuve jusqu’à son embouchure. Il faut attendre qu’il fasse le plein de passagers et lorsque sa cale sera pleine, partira vers sa destination.

Le fleuve Amazone  s'est mis en colère, Manaus, près du port

Le fleuve Amazone s'est mis en colère, Manaus, près du port

Le fleuve est immense, il s’étale jusqu’à l’intérieur des terres tel une mer de grandes marées. Récemment l’impétueuse Amazone s’est fâchée, débordant et noyant villages et faubourgs des villes, Manaus compris. Une véritable catastrophe nationale due aux pluies abondantes et violentes.

Il faudra trois jours pour rejoindre la ville de Macapa et sont port, Santana. Escale et changement de bateau à Santarem, attente, départ, accostage, déchargement ou contrôle et fouille du navire par la police Brésilienne, marque la traversée. Véritable pause pour moi, avec le plaisir de découvrir ce fleuve légendaire. Me voilà en Amazonie !img_2529

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rencontre avec le fleuve Amazone

rencontre avec le fleuve Amazone

Le bateau s’approche alors du quai de destination et débarque passagers et cargaison. Après une courte pause dans un petit hôtel du port, je reprends la route vers le nord et la Guyane Française. Bizarrement, il manque 200km d’asphalte sur le dernier tronçon vers la frontière.img_24251

Pour qu’elle raison ? Affaire de politicien, me dira t on d’un côté, corruption et détournement d’argent de l’autre côté. Toujours est-il qu’en cette saison la piste est plutôt boueuse ! Là encore peu de village sillonnent la route. Le vélo donnant des signes de fatigue ainsi que le porte bagages et l’envie d’arriver au plus tôt en Guyane, me fait pencher pour embarquer sur l’un des nombreux Pick-up faisant la navette avec Oiapoque, dernière ville Brésilienne, port sur le fleuve du même nom et qui fait face à la Guyane. Le but approche à grands pas. J’apprécie ces derniers moments passés au Brésil, demain je suis de l’autre côté, avec au fond de moi une envie démesuré de m’immerger dans cette jungle, dernière « Cathédrale » verte inscrite sur le projet.

Ecrit par Asso Kernunos in: Amérique du sud, Brésil |
mai
15
2012
2

Venezuela : Des épreuves à tour de bras

Avant de quitter la Colombie, je croise un 4×4 camping car ce qui est assez rare, et lorsque j appercois la plaque! il est immatricule en France avec le logo breton! encore plus rare, grand signe et il fait demi tour. A son bord, un jeune couple et leur bebe venant de Guyane Francaise. Nos deux but son complementaires, je vous invite a allez voir leur site.

www.airindigene.com

www.airindigene.com

La frontière entre la Colombie et le Vénézuéla est vite franchit. A mon grand étonnement, les formalités administratives sont expédiées de telle manière, que je place sans problème ce pays en tête au niveau de la rapidité des services d’immigration. Mais cette réjouissance s’arrête là, car, passée la douane, plus d’une surprise m’attend et je suis loin de me douter des difficultés qui se trouvent devant moi, mettant mon moral à rude épreuve.

Il y a tout d’abord une incroyable pollution. Ce n’est pourtant pas la première fois que je la découvre. Tout au long de ma route, depuis le Mexique, et presque dans chaque pays traversé, il en est ainsi. La route est jonchée d’ordures de toutes sortes :

dechets de toutes sortes polluent aussi les rivieres

dechets de toutes sortes polluent aussi les rivieres

plastiques, couches, ordures ménagères que notre belle société dite de progrès à développée pour le confort de tous ! A chaque kilomètre, ou en sortant des villages, il y a cette odeur d’animaux en décomposition qui vous fait rouler en apné plus ou moins longtemps en fonction du vent. Je ne m’y fais pas, surtout quand il s’agit en plus d’animaux sauvages. Je ne les découvre qu’ainsi , sans avoir la joie de les voir vivant. A la fin, on pourrait même y faire de l’anthropologie et déterminer l’âge des squelettes!

de quel epoque dates ces ossements? mystere...

de quelle epoque date ces ossements? mystere...

la faune sauvage paie un lourd tribu

la faune sauvage paie un lourd tribu

Un paysage qui me rappel la steppe du Kazakhstan, en plus vert...

Ces dans ce contexte que je fete mes 30 000km de route!

Il y aussi les abats et os de chèvres ou vaches débités dans les fermes ou dans les boucheries qui sont jeter à même le fossé. Pourtant les gens balayent devant leurs portes mais ça ne les gênent pas de vivre parmi les déchets. La politique de Chavez, le Président et de son gouvernement se dit socialiste révolutionnaire. Son effigie est partout le point levé prônant un pays en marche vers le progrès. Pas celui de l’environnement en tout cas. Le pays à l’air pauvre mais les richesses sont bien réelles: Au nord, des gisements de pétrole, qui selon les dire d’un homme rencontré sur la route, assurent une autonomie au pays pour 200 ans ou plus.

des stock aussi important qu en Arabie Saoudite!

des stock aussi important qu en Arabie Saoudite!

Pas étonnant alors que les pays voisins lui font des courbettes. Le litre de carburant est d’ailleurs cinq fois moins cher que celui de l’eau! Un vaste chantier de voies ferrés est en cours en partenariat avec la Chine qui a remporté le marché. Un train à grande vitesse qui ne profitera pas bien sûr à la classe la plus démunie et qui assurera également le cheminement de ces gisements. Plus au sud, des mines d’or et autres métaux précieux. Et puis encore plus au sud, à la frontière avec le Brésil, de vastes jungle dont le bois précieux est acheminé vers les pays riches comme la Chine ou les États Unis.

beaucoup d epave roulent encore, celle ci est plutot neuve

beaucoup d epaves roulent encore, celle ci est plutot neuve

La pollution sonore est une autre épreuve qui m’est soumise. En Colombie, la musique, dans les boutiques et dans les villes était assourdissante. Mais là ce sont à nouveau les camions, appelés ici, gondoles, mais bien loin de celles de Venise. Les voitures également, de grosses berlines Américaines des années 80 qui servent la plupart du temps de taxi et qui vous crachent leurs fumées de V8 fatigué en pleine tête. Certaines sont dans un tel état qu’elles mériteraient d’être relayées à la casse.img_2310 Les routes sont étroites et parfois mal entretenues, au point qu’il y a à peine de la place pour qu’on me double. Les camions me frôlent souvent de justesse, au point que je m’endors au bivouac avec le bonheur d’être encore vivant. Il faut dire qu’ici, pas de limitation de vitesse, malgré les panneaux qui l’indiquent, tout le monde roule à tombeau ouvert et l’on me double en klaxonnant sans même ralentir une seconde, avec ou sans personne en face. du coup, il deviennent une autre race d homme: Les”homo automobilis cretinus”. Les journées deviennent éprouvantes surtout quand il faut traverser des villes comme Maracaïbo où tout le monde roule dans un désordre absolu.

pont sur l Orinoque franchit a velo malgre l interdiction

pont sur l Orinoque franchit a velo malgre l interdiction

Pourtant, la police et l’armée, ici appelé la garde nationale veillent , mais on se demande sur quoi ? Il y a des contrôles partout en forme de barrages routiers et surtout sur les ponts qui à ma grande surprise sont interdit aux vélos ! Il faut alors faire preuve de patience lorsque l’on m’interdit formellement de passer celui de Maracaïbo, pour ma sécurité parait-il. Je constate alors le manège du sergent borné qui me traite de capitaliste qui se croit tout permis ! Et qui reçoit discrètement de l’argent liquide de la part des camionneurs ou des automobilistes qui ne désirent pas que l’on inspecte leurs véhicules de trop prêt.A final, les militaires arreteront un e fourgonette vide pour m embarquer.

Plus loin cependant, vers la Ciudad de Bolivar l’officier de service me laissera passer le pont qui enjambe l’Orinoque, l’un des plus grand fleuves d’Amériques du Sud, en m’offrant même en cadeau son repas préparé dans une barquette.

D’autres épreuves m’attendent le long de ma route qui me mène à la frontière avec le Brésil qui est encore loin. Une des épreuves les plus pénible, pour moi qui campe dans une tente, fatiguée par une longue période et qui comme tout le matériel qui n’est pas fait pour durer commence sérieusement à être perméable  :

la saison des pluies debute.... une epreuve de plus commence

la saison des pluies debute.... une epreuve de plus commence

A cette période c’est la saison des pluies, et elles sont plutôt violente. Rincé pendant la journée, je ne peux même pas, le soir venu camper convenablement au risque de passer la nuit comme dans une baignoire  et ne peux bien évidemment faire de feu pour cuisiner. Et là ça me pose un sérieux problème.

Heureusement, il n’y a pas de problème, sans solutions. Et ici, il y à la bonté des habitants de ce pays. Malgré d’incessantes questions posées et répétées des dizaines de fois par jour à peine m’être arrêté quelques part et qui à la fin m’énerve et me tape sur les nerfs, les gens sont accueillant.

Je suis contraint chaque soir de demander à dormir sous un toit de hangar ou de patio et il est rare que l’on refuse. Lorsque je m’arrête demander de l’eau à un petit restaurant routier qui sont nombreux partout, c’est souvent que l’on m’offre ou le repas ou un thermos de café (autre problème, impossible de trouver du café lyophilisé), des ampenadas (sorte de galettes garnies de viandes ou de fromage).

Dans le resto de chez Freddy, je suis recu en grande pompe... avec cigar de la Havanee

Dans le resto de chez Freddy, je suis recu en grande pompe... avec cigar de la Havane

La fatigue se fait sentir, pourtant. Voilà plus de vingt jours que je pédale sans arrêt et je ressent le besoin de marquer une pause. Prendre le temps de me laver, moi et mes vêtements et d’entretenir le vélo qui lui aussi commence à donner des signes de fatigue. Alors, par le biais d’une personne rencontrée dans une ville et qui m’indique l’adresse de sont frère habitant la ville d’après, je m’y rend et essai de lui faire comprendre que j’ai besoin d’un coup de main. Mais dans ce pays, l’inquiétude et la peur est monnaie courante. Lorsque je me rend à l’adresse indiquée, c’est en fait un lotissement privé, ceinturé de haut murs et gardé nuit et jours, je découvre cette classe moyenne de gens apeurée par l’inconnu. Gilbert me reçoit cependant, mais n’a pas l’air de comprendre que j’ai besoin d’un petit coup de main. Pourtant cela se voit qu’une douche m’est nécessaire ! M’offrant un verre d’eau sur son perron il note scrupuleusement pour son hebdomadaire dont il est rédacteur, le but de mon voyage et fait une photo. Puis m’indique l’adresse d’un hôtel, argumentant qu’il n’a pas de place chez lui. On est dimanche et je vois bien que je le dérange dans son repos dominicale, alors, remettant mes gants et le remerciant, je m’apprête à repartir. Tout gêné, il m’invite à manger et à utiliser sa connexion internet. Mais je vois bien qu’il faut que j’insiste pour pouvoir dormir et camper dans son arrière cour, alors, je reprend la route et quelques kilomètres plus loin c’est Gonzalo qui m’invitera « chez lui » . Il est gardien de chantier et dors dans une buse avec le matériel. Lui n’aura pas peur de parler avec moi et c’est dans le canal tout proche que je prendrais un bain. Le soir, je discute avec les jeunes, dont la population à peur, car ils sont dangereux, ils se droguent!

Gilbert, un peu surpris de ma visite

Gilbert, un peu surpris de ma visite

Gonzaolo, lui, n hesitera pas une seconde...

Gonzalo, lui, n hesitera pas une seconde...

Je poursuis ainsi ma route, avec une autre épreuve qui m’attend et qui ne m’est jamais arrivé de tout le voyage : le manque d’argent. En effet, dans cette partie du pays, les distributeurs de billets me demandent un deuxième code, le numéro de ma carte d’identité ! Que je n’ai pas bien sure puisqu’ayant un passeport. Impossible alors de recevoir de cash et même les banques refusent malgré tout les documents en ma possession de faire un transfert de banque à banque. Me voilà dans une situation toute nouvelle ! La frontière est encore à plus de trois cent kilomètres et avec à peu près dix dollars en poche, je ne peux même pas acheter de quoi manger ! La situation se complique légèrement, me mettant une nouvelle fois dans une posture incongrue. Je rentre de surcroit dans une zone peu habité et principalement fait de parc nationaux et de jungle.

la montagne et la pluie m epuisent...

la montagne et la pluie m epuisent...

La pluie violente rentre une nouvelle fois dans la danse, avec en prime une montagne a franchir. Je suis à bout et ne sait comment continuer avec en tout et pour tout qu’un peu de pain, quelques tomates, un peu de café et un demi kilo de riz que je ne peu même pas faire cuire tant tout est trempé.

derniere nuit au Venezuela,dans la jungle

derniere nuit au Venezuela,dans la jungle

Je passe une dernière nuit à camper dans la jungle, ne pouvant pas être hébergé, me demandant comment faire et priant qu’il ne pleuve pas trop pendant la nuit. Le lendemain, mangeant mon dernier bout de pain, je me résous à faire du stop. Je me sent alors frustré de parcourir cet univers magique qu’est la jungle et cette région appelé Gran Sabana dans la caisse d’un pick up qui finira par s’arrêter et qui m’emmènera jusqu’à la ville frontière située à plus de deux cent kilomètres.

Dans ma tête je remercie une nouvelle fois les gens de ce pays qui m’ont aidé dans les moments difficiles comme celui là où je ne sais comment j’aurais put m’en sortir et parcourir pendant deux ou trois jours cette distance sans rien à manger et fatigué!

traversee a toute allure la region du Gran Sabana

traversee a toute allure la region du Gran Sabana

Comme un remake des Komis, en Russie, ou nous étions le matin dans la forêt et plutôt en mauvaise posture, et, le soir venu, dans un hôtel, je me retrouve, une fois la frontière du Brésil passée, dans un petit hôtel, ayant put retirer enfin un peu de liquide. Les épreuves du Vénézuela sont derrières moi, quelles vont être celles de ce nouveau pays qui s’ouvre sous mes roues?

Ecrit par Asso Kernunos in: Amérique du sud, Venezuela |
mai
03
2012
0

Colombie, enfin la terre ferme

Premiers kilometres sur de la piste... bienvenu en Amerique du Sud

Premiers kilometres sur de la piste... bienvenue en Amerique du Sud

Me voilà donc sur la terre ferme, et je dois dire que c’est un vrai plaisir. Le passage des îles San Blas était une épreuve autant pour moi que pour le vélo qui a un peu souffert des excès d’une navigation brutale et irréfléchie. Mais bon, cela fait partie des risques du voyage et il faut faire avec. Après une bonne journée de pause relative à Nécocli, où le nettoyage du vélo couvert de sel n’est pas un luxe, je reprends la route en compagnie d’Emilie et Gueyé.

la Colombie renferme 5% de la biodiversite sur terre

la Colombie renferme 5% de la biodiversite sur terre

une viree en tandem: www.milyandgueye.com

une viree en tandem: www.milyandgueye.com

Ça me fait du bien de rouler en compagnie de ce jeune couple qui a décidé de vivre une aventure en Amérique Centrale sur le thème de la solidarité. S’arrêtant dans des structures associatives ils proposent leur aide en échange d’un repas et d’un gite. Lors des pauses, nous échangeons sur nos vies respectives. Le soir, je cuisine pour trois au grand étonnement des habitants qui nous hébergent. Le courant passe bien avec Gueyé, un peu moins avec sa compagne qui pense déjà au retour. Pour elle qui est citadine, et plutôt du genre « barbie » c’est difficile de vivre ainsi sur la route.

Elle ne veut pas entendre parler de « camping sauvage ». La peur des agressions, des vols. Alors, chaque soir, nous demandons l’hospitalité chez les gens. Certes, c’est agréable de pouvoir communiquer, se laver… Mais pour ce qui est de la tranquillité, c’est une autre histoire.

le camping sauvage a du bon: sur une plage en colombie

le camping sauvage a du bon: sur une plage en colombie

Pour moi qui suit un peu sauvage, je perds mes repères et préfère grandement la nature, car plus facile à vivre, enfin à ma façon, pour cuisiner, être enfin au calme après une longue journée de route dans le bruit des camions et de la circulation et d’incessantes questions de la part des gens.

Et puis,Emilie veut faire du tourisme, s’arrêter visiter les villes, prendre son temps. Seulement, maintenant, je n’en ai plus beaucoup, de temps… La route qui doit me mener à mon ultime but, la Guyane Française est encore longue, très longue… Alors, arrivés à Cartagena, nous nous séparons un peu rapidement à mon goût. Eux veulent rester quelques jours se reposer, visiter cette ville historique et ont contacter par le biais d’internet quelqu’un qui peut les héberger. Mais comme ils n’ont pas mentionnés que nous étions trois, il n’y a pas de place pour moi ! Dommage, l’échange n’a été que dans un sens. Alors, je quitte rapidement le centre historique de la ville qui a des aires de ville bourgeoise et touristique. Mais qui me fait trop penser à son passé de plaque tournante de l’esclavagisme d’une époque où les espagnoles faisait venir d’Afrique en masse des populations pour s’en servir honteusement comme de la main d’œuvre.

Après avoir trouver un hôtel bon marcher dans les quartiers dit chaud de la ville, le lendemain, je reprends donc ma route en solo et file vers la frontière avec le Vénézuela.

une pause dans un hotel, tant de chose a faire!

une pause dans un hotel, tant de chose a faire!

Cartagena, grosse ville au nord du pays

Cartagena, grosse ville au nord du pays

Je reprends vite mes habitudes et enchaines les kilomètres. La Colombie est vite traversé dans sa partie nord. Pourtant je sais que ce vaste pays regorge de biodiversité, surtout dans le sud, mais je ne peux me permettre à présent de trainer, de visiter les monuments de la nature que chaque pays recèlent, quand il en reste ! Cela est frustrant d’être en permanence sur ce long ruban d’asphalte où l’on ne voit que pollution, bruit assourdissant et destruction. Comment l’humain peut il vivre ainsi?

des dechets jalonnent la route par tonnes

des dechets jalonnent la route par tonnes

Ecrit par Asso Kernunos in: Amérique du sud, colombie |
mar
02
2012
0
fév
09
2012
0

Derniere immersion avant un nouveau depart

Une dernière fois, pour un complément d’images et par profonde envie, je me rends dans une autre partie de la jungle de montes Azules, la réserve de Biosphère de la jungle Lacandon au Chiapas.

sur les routes poussiereuses du chiapas

sur les routes poussiereuses du chiapas

Cette fois ci je suis du coté ouest pour visiter le lac Miramar qui est un des joyaux de cette forêt.

C’est un endroit peu fréquenté car difficile d’accès. Il faut d’abord se rendre en minibus vers la ville voisine d’Ocosingo. Puis prendre un autre transport collectif qui est ni plus ni moins qu’un gros 4X4 pick up où s’entasse à l’air libre jusqu’à 20 personnes. Il faut dire que ce genre de véhicule transporte aussi bien des marchandises que du bétail. Après 6 ou 7 heures de mauvaises pistes, je débarque en plein territoire Zapatiste dans le village du nom d’Emiliano Zapata . Une ville plus importante le jouxte, c’est St Quintin connu pour son imposant camp militaire. Officiellement pour combattre le narco-trafic il est en fait une base permettant le contrôle des communautés Zapatistes du secteur.

Il faut encore effectuer 5km dans des chemins empruntés par le bétails, qui selon la météo, peut devenir un vrai bourbier !!!

Laguna Miramar, une perle bleue dans la jungle

Laguna Miramar, une perle bleue dans la jungle

l’effort est vite récompensé par la beauté des lieux. Quelques cabanes abritent le personnel chargé du campement. On peut y planter sa tente ou dormir dans des hamacs. Les vaguelettes de la lagune viennent mourir sur une petite plage de sable et les arbres de la forêt viennent s’y refléter. La lagune est ceinturée par les montagnes qui plongent verticalement dans les eaux. Les arbres et les plantes recouvrent tout, s’accrochant même à quelques îlots éparses. Il est difficile, du fait du relief de se promener dans la jungle, les sentiers ne mènent pas loin. Il faut louer un canoë et un guide pour vraiment se rendre dans des endroits de toute beauté. Le soir les singes Saraguato entament leurs chants criard tandis que la jungle s’endort tranquillement.img_0189

Je reste deux jours et deux nuit dans ce petit coin de paradis ou même les moustiques, pourtant virulent dès que l’on pénètre en forêt, n’ose pas perturber ce lieu. Je visite un autre lieu tout aussi magnifique où l’on peut admirer le travail de la nature : les cascades d’Agua Azul. Un lieu hautement touristique, géré depuis peu par une autre communauté Zapatiste. Là, ils se sont rendus compte de se que génère comme revenu un tel site…

img_0115A l’époque où le gouvernement le gérait, une infime partie des recettes était rendues à la communauté, propriétaire des lieux.

De retour à San Cristobal, j’intègre les dernières prises d’images au documentaire réalisé sur la forêt Lacandon. img_0150

cascades d Agua Azul

cascades d Agua Azul

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Ecrit par Asso Kernunos in: Jungle Lacandon, Mexique, monte azules |
jan
17
2012
0

A “El Machete” ça bouge

Faux mariage gay et vrai rigolade

Il en faut peu pour Olivier et Jean Pierre pour déconner, mais là c’est du grand art, un moment extraordinaire de franche rigolade.

Bons potes depuis l’université, ils parcours une tranche de vie ensemble, depuis le Canada, jusqu’à San Cristobal en vélo. Sérieux lorsqu’il faut monter un projet comme ouvrir un petit restaurant en même temps qu’un atelier de réparation vélo où la conception de “Bici maquina”( voir l’article suivant), ils ont aussi ce côté imaginatif quand il s’agit de préparer un évènement comme un faux mariage.

uni pour la vie.... liés par les liens sacrés des antivols...

uni pour la vie.... liés par les liens sacrés des antivols...

Tout y est: les témoins, je serai celui d’Olivier, la proclamation devant l’église de Guadalupe avec invités, la plupart déguisés, le curé ( c’est Norah qui s’y collera), les bagues (de ma confection) et bien sur, les casseroles derrière les vélos. N’oublions pas le jeter de riz cuit, une autre idée farfelue! et bien sûr l’enterrement de vie de garçon.

Devant l'église de Guadalupe.... tout y est!!

Devant l'église de Guadalupe.... tout y est!!

départ de l'église, après le lancer de riz cuit!

départ de l'église, après le lancer de riz cuit!

On avait un peu peur de choquer les gens d’ici, portés comme ils sont sur le respect de la vierge de Guadalupe. pour la célébrer, ils n’hésitent pas, durant les quinze jours qui précèdent l’évènement de la date de l’apparition  de la vierge, à tirer des feux d’artifice et pétards par milliers. Au final, les badaud regarderont avec des yeux parfois amusés ou choqués, cette scène peu commune ici.

fiesta musical avec juste avant spectacle de marionnettes pour adulte!!!

fiesta musical avec juste avant spectacle de marionnettes pour adulte!!!

S’en suit alors une fiesta digne de ce nom, avec pétard là aussi par centaines qui exploseront nos tympans.

La soirée qui s’ensuit fut bien entendu épique. Un peu trop Rock’n roll à mon gout , mais cela fait du bien de faire n’importe  quoi de temps en temps.


Ecrit par Asso Kernunos in: El machete, Mexique, San Cristobal de las Casas |
jan
17
2012
0

A “El Machete”, ça bouge

Les “BICI MAQUINA”

Au 3b isabel la Catolica, l’effervescence règne. grâce à l’impulsion de Miguel, un ami qui habite un quartier non loin du nôtre, et qui développe avec son frère, au “Jaguar de madera” (le jaguar en bois), un lieu alternatif, les idées vont bon train.

L’atelier de réparation de  bicyclettes était tout approprié pour entretenir et réparer des outils conçus sur la base d’un vélo et qui servent aux populations des campagnes.

broyeur à maïs

broyeur à maïs

L’idée est toute simple, encore faut il y penser: utiliser l’énergie humaine pour faire fonctionner toutes sortes de machines. Mixeurs de fruits et légumes, broyeurs de maïs et de viande, séparateurs de café, générateur électrique et même une machine à laver!

séparateur à café

séparateur à café

Dans des lieux où l’électricité manque, dans des localités où les paysans n’ont pas les moyens d’acheter des machines et qui font tout à la main, le principe de la “bici maquina” est révolutionnaire et de peu de coût pour les communautés, qui pour moins de 50€ peuvent en acquérir une.

"liquador", mixeur à fruits

"liquador", mixeur à fruits

La maison se transforme alors, pendant un moment en centre d’essai. meuleuses, poste à souder, coups de marteau, donneront le ton pendant plusieurs jours. Les gens de passage, s’intéressent, certains prennent même commande. L’idée fait son chemin…

poste à souder et meuleuse sont de rigueur

poste à souder et meuleuse sont de rigueur

Miguel de la "Caza Feliz"

Miguel de la "Caza Feliz"

Pour moi, ça fait tilt! pourquoi ne pas  construire un générateur électrique, une fois revenu? chez moi, il n’y a pas d’électricité,  c’est l’outil parfait. J’imagine alors, tous ceux qui soucieux de leurs formes physique et qui sur des vélos de salons pourraient en plus générer leur propre courant! Ce n’est plus une révolution mais bien une vélorution!!!

Ecrit par Asso Kernunos in: El machete, Mexique, San Cristobal de las Casas, Velo |
déc
22
2011
0

Monte Azules, une jungle convoitée

Je laisse pour un moment mon fidèle compagnon “Takayan” et décide de partir vers la jungle Lacandon (selva Lacandona) qui est une réserve de biosphère, au sud de l’état du chiapas, près de la frontière avec le Guatemala. Mon intention est d’aller à la rencontre d’un peuple, qui sont d’après plusieurs articles les concernant, “les derniers mayas”

. Peu nombreux (environ 600 personnes), ils habitent trois villages aux portes de la réserve qui leur à été confié il y a quelques années : Metzbok, Naha et lacanja-Shansayab, tous trois situé à l’est de la réserve.img_0007

Arrivé par mini-bus à la ville de Palenque, située à 150km au nord du village de Naha que je compte visiter, je rencontre Paco, un contact donné. Il connait bien les Lacandons, et pour cause, il est guide touristique et organise des circuits vers les richesses que compose cette jungle. Malheureusement pour moi, je tombe sur quelqu’un de malhonnête qui me fait croire qu’il n’y a pas de service de mini-bus (collectivos, utilisés fréquemment par la population locale) et que le seul moyen pour accéder au petit village que j’ai choisis est de louer une voiture! Me doutant de l’arnaque, j’hésite à prendre ses services, mais lui faisant confiance j’accepte au moins l’aller, dont le prix est exorbitant pour le voyageur que je suis. Je m’apercevrai plus tard qu’il m’a bien évidemment menti.

J’arrive cependant dans le village des Lacandons et pour moi c’est le plus important. Je comprends que je suis également dans la famille de Shankin viejo, dernier shaman Lacandon, détenteur de l’histoire de son peuple. Celui-ci après la dernière guerre accompagna des scientifiques et journalistes vers une cité maya: Bonampak. En 1996, il s’éteignit, gardant avec lui une connaissance inestimable.

shan kin viejo

shan kin viejo

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Pendant une semaine, je parcours les montagnes aux alentours , sur les nombreux sentiers qui parcours la forêt. Enfin, j’y suis, j’attendais cette rencontre avec impatience. Je découvre alors, en compagnie de Shankin Obregon, cette jungle si familière à ce peuple. Bien que, petit à petit, l’utilisation de celle ci disparaît. La richesse de l’environnement saute aux yeux.

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img_03001L’eau coule de partout, depuis les sommets des ces courtes montagnes qui encerclent le village. Les lianes grimpent vers le ciel en s’accrochant aux arbres et rejoignent les orchidées et plantes épiphytes qui y sont déjà installées. Des fougères de toutes les tailles dont certaines mesures plus de 5m, couvrent le sous-bois. L’humidité moite ambiante fait remonter du sol les nombreuses effluves des mousses.img_0316

Il pleut depuis deux jours, rajoutant une atmosphère de jungle. Au loin, au crépuscule, le cris des singes « saragato » perce le silence de la forêt. La jungle Lacandon m’accueille dans un décor intemporel.

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Ce peuple se nomme « Hash Winik », les vrai hommes et le nom Lacandon vient en fait de la rivière Lacantun qui borde la réserve. Avant l’arrivé des conquistadors et de Cortes, ils vivaient dans la péninsule du Yucatan et dans la région de Péten, au Guatemala, qui était à l’époque inclus dans l’empire Maya. Fuyant les invasions et refusant tout contact avec l’extérieur, ils se sont regroupés au cœur de la jungle de l’actuel Montes Azules qui couvrait une superficie de deux millions d’hectares.

A partir du XXème siècle leur territoire s’amenuise de plus en plus, et, au milieu du siècle leur population menace de disparaître.

Je loge dans une grande cabane en face de la maison familiale, là où sont reçus les touristes de passage. La pièce est rustique et fraîche et les immenses tortillas de maïs traditionnelles de CoMaria sont un délice. A l’intérieur de la grand maison, les femmes s’affairent en discutant, tandis que les enfants jouent bruyamment autours d’elles. La cuisine se fait encore au feu de bois, sur des trépieds, à même le sol ou sur un socle de bois et de terre.img_0065

Mais rapidement je remarque que le niveau de vies des Lacandons est bien supérieur à celui de la plupart des indiens des communautés du Chiapas. Comme partout au Mexique, dans les villages, chaque familles possèdent une « milpa », des champs où sont cultivés maïs, haricots et plus d’une cinquantaines de plantes pour certaines communautés. Le maïs, base essentielle de l’alimentation pour confectionner une fois moulu en farine à tortillas.

Mais ici, je vois plus les gens acheter de la farine toute prête, boites de conserves et toutes sortes d’aliments industriel. Je m’ étonne même de voir autant de « police de l’environnement » aller et venir en quad ou en pick up. Plus bas dans le village, à quelques centaines de mètres de la lagune, se dressent plusieurs habitations « traditionnelles » de luxe. C’est le campement touristique avec chambres climatisées, restaurant et internet. Le site est en finition il va bientôt pouvoir accueillir son lot de touristes cherchant l’exotisme de la jungle Lacandon et en contrepartie d’un billet assistera à une cérémonie maya.

Il faut dire que la cité mystique de Palenque n’est pas loin. Et quelle cité ! Véritable témoin de l’ancienne civilisation, elle constitue un des joyaux archéologiques de la région. Le temple de Bonampak découvert lui gràce aux Lacandons et à Shan kin viejo est d’une remarquable beauté, du fait de ses peintures intérieures encore intactes. D’autres cité, au coeur de la forêt peuvent être visiter et les agences de tourisme se font une joie d’organiser des circuits « éclairs » pour visiter chrono en mains les richesses de la région.

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Le temple de Bonampak

Le temple de Bonampak

Dans le village de Lacanja shansayab, que je visite par la suite, je constate que toutes les maisons du centre du village se sont transformées en gite, restaurant, et boutique de souvenirs, cases « traditionnelles » en béton pour des logements. Tout est en chantier et on construit même des trottoirs de chaque côté de la route ! Qu’elle intérêt ici ? Certainement pour faire plus « traditionnel »!

Le gouvernement depuis quelques années soutient une politique d »écotourisme » dans la région de Montes Azules et sur les grands sites archéologiques avec l’appui de la communautés internationale dont l’Europe, avec le programme PRODESIS visant à soutenir l’écotourisme. L’état se sert des Lacandons comme une image pour faire plus authentique.

Le touriste paie pour ça, alors on demande aux hommes de porter plus souvent leurs tuniques blanches. Les villages reçoivent des subventions qu’ils distribuent aux familles. Mais cela s’arrête là, car les dividendes de l’afflux touristique ne leurs revient certainement pas.

Pour le jeune Ephraïm, lui aussi de la famille Shan kin, les aides du gouvernement ne le concerne pas. Vivant avec sa seule grand mère à l’extérieur du village, il doit se débrouiller pour vivre. Chaque semaine, il part à la chasse. Connait les plantes comestibles et médicinales, non pas pour faire le guide, car cette connaissance il l’a vraiment en lui, et lorsque je l’accompagne pour deux jours de randonnées dans la jungle, je reconnais sont instinct de chasseur à sa manière de marcher et d’écouter autour de lui. Il regrettera même de ne pas avoir emmener son fusil, lorsqu’il s’apercevra que je ne suis pas un touriste comme les autres!s1130003

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Que restera t il du peuple Lacandon dans quelques années ? Avec les enjeux financiers que représente cette forêt (et l’écotourisme en est qu’une partie immergé), quelle poids pourra avoir une communauté de quelques centaines d’individus, dépendants des ressources de l’état ?

Car ce joyau de biodiversité renferme bien des intérêts pour les firmes pharmaceutiques et de bio-technologie. Monsanto entre autres est sur les rangs et installe dans le sud de la forêt d’immenses serres pour y étudier et y reproduire les plantes médicinales connut par les peuples anciens. A des fin commerciales bien sûre, puisque le tout sera breveté. La valeur commercial des arbres rentre bien entendu en ligne de compte. Le sous sol, quand à lui, est riche en minerai et en pétrole, et comme le gouvernement est propriétaire de celui-ci et que le terme « réserve de biosphère » n’est qu’un mot dans un décret, il peut facilement dans les années à venir faire machine arrière ; Que serait alors les protestations internationales faces aux bénéfices engrangés par de telles exploitations ?

On comprends alors que le seul intérêt n’est pas la protection de la biodiversité mais bien la main mise sur les richesses d’une région, qui par le mouvement Zapatiste désire une plus grande autonomie et un pouvoir de décision sur leurs terres.

Ecrit par Asso Kernunos in: Jungle Lacandon, Mexique |
nov
18
2011
1

Pause a San Cristobal, Chiapas

Au 3b Isabel la Catolica, a San Cristobal de las casas au Chiapas, la vie s’organise. Dans la petite chambre que je loue pour deux mois, je m installe du mieux que je peux avec les moyens du bord. Un bureau de fortune est improvise afin de commencer rapidement le montage du film sur les foret d’Amerique du nord. Toujours ce decalage. Il faut penser a la fois au reportage precedent et en faire un court metrage, et penser a celui a venir. Recherche d’infos sur le lieu, comment y acceder et tourner des images.  Le temps passe si vite qu il ne faut pas trainer et monter un film prends du temps.  Un probleme cependant demeure, le materiel n a pas resiste a cette longue descente vers le sud, l’ordinateur a son ecran de casse et une grosse tache  m’empeche de travailler correctement. En ville, impossible pour l’instant d’en trouver un a louer ou a me faire preter, alors je commence quand meme le montage tant bien que mal. J’essaierai plus tard, pour la finalisation de m’en procurer un. Jean-Pierre et Olivier ont decide de me donner un coup de main et decident de traduire un des films en Espagnol( celui des Komis , premiere partie Russe): Il sera diffuser plus tard a la maison pour les gens du quartier. Une chance pour moi egalement de les connaitre car ils pourront m’aider pour la traduction des interviews realises lors du prochain documentaire sur le Chiapas et le peuple Lacandons.

nouvel appartement pour Kernunos

nouvel appartement pour Kernunos

 Des mon arrivee je decide de cuisiner ( j’adore ca) et leurs raconte le voyage et ce pays qui m’a tant fascine: La Russie. pour joindre le gout a la parole, je tente la recette des pierogis ( pate fourree avec au choix, mixture de poivrons,oignons, choux ou  pommes de terre ail. Tout le monde est ravi de gouter a ce plat et je promet des que possible de recommencer.

 

Essais reussis pour des pierogis qui nous  regalent

Essais reussis pour des pierogis qui nous regalent

San Cristobal est une petite ville touristique ou bon nombre de touriste affluent de toutes parts.  C’est l’endroit “in” pour tout ceux qui viennent au Chiapas, et dans les rues dediees aux touristes, tout est fait pour que ceux ci depensent leur argent pendant les quelques semaines de leurs precieuses vacances. Aussi, certains quartiers ressemblent plus aux villes occidentales et s’il n’y avait pas le style coloniale espagnol, on pourrait se croire n’importe ou dans le sud de l’Europe. Les Eglises y sont bien sur nombreuses et rappelent ce temps ou l’empire hiberique tenait une place predominante dans le nouveau monde. Tout est fait pour que l’on oublie le veritable probleme qui se joue dans cette partie du monde, celui des peuples  en lutte pour le droit a l’auto-determination et a la conservation de leurs cultures et de leurs terres.img_1494

Une des nombreuses eglises temoin du passe colonial
Une des nombreuses eglises temoin du passe colonial

    Jean-Pierre et Olivier ont donc decide de rester un moment, ici a San Cristobal et d’y creer un projet: Un atelier velo ou chacun pourra grace a leurs competence en matiere de reparation et de debrouillardise, de reparer sa “petite reine”. Dedier principalement pour aider les gens des quartiers, cette petite boutique fonctionnera sous le regime de la donation. Les voyageurs comme moi, pourront y trouver un lieu pour se reposer et entretenir leurs montures. Par la suite, un petit restau vegetarien sera egalement cree, et un jardin sera meme installe sur le toit plat de la maison. L’inauguration de la ” Bici Cocina comunitaria” (la cuisine pour velo communautaire) El Machete vient d etre inauguree.

La Machete, petit atelier de reparation velo

La Machete, petit atelier de reparation velo

Avec un brin d'astuce tout peut se faire

Avec un brin d'astuce tout peut se faire

J-P et Olivier, remonte de vieux velos jetes et recuperes

J-P et Olivier, remonte de vieux velos jetes et recuperes

l'inauguration attire un peu de monde, premier succes

l'inauguration attire un peu de monde, premier succes

     

 C’est l’occasion pour moi de connaitre une tradition Mexicaine: La piñata (prononcez Piniata). Cela consiste, lors d’une fete a accrocher  une grande poupee sur une corde, celle ci est remplie de sucrerie et une personne les yeux bandes est charge de la briser avec un baton. Evidemment on fait tourner la personne pour qu’elle soit desoriantee et on fait bouger la poupee sur la corde. Ce soir la c’est Fernanda, la petite amie d’Olivier qui s’y colle. J-P bien sure a rajouter sa petite touche d’humour et la remplie de jus de betteraves! effet assure.

La pinata est accrochee, la fete commence

La pinata est accrochee, la fete commence

                                                                                                                                                    

Fernanda s'y colle avec plaisir

Fernanda s'y colle avec plaisir

Apres ca se corse pour la briser

Apres ca se corse pour la briser

 

 

 

fou rire assure grace a J-P

fou rire assure grace a J-P

 

 

 

 

 

 

Pour moi, apres deux semaines passees a travailler sur le montage, il est temps de penser a la suite du voyage. La visite de la foret de Montes Azules  et la foret des Lacandones. Je pars bientot pour le petit village de Naha, ou l’un des dernier Chaman detenteur du savoir et de la connaissance Maya c’est eteint en 1996. Que reste t il de leurs cultures et que renferme cette jungle qui dit on est une des plus riche en biodiverstite d’Amerique du nord? c’est ce que je vais tenter de decouvrir prochainement, je laisse Takayan pour un moment et decide de prendre le bus, le collectivo locale, pour une visite de plusieurs semaines.

Ecrit par Asso Kernunos in: Chiapas, Mexique | Mots-clefs :
oct
25
2011
1

PLEIN SUD

(Desole certaines photos ne passent pas, mise a jour des que possible)

Après une nuit de traversée, l’ancien ferry de la SNCM racheté par le Mexique me dépose à Maztlan, une ville portuaire située sur la côte Pacifique. A bord, parmi les chauffeurs de camions et familles Mexicaines, je fais la connaissance d’un Français, bourguignon et tailleur de pierre, Jean Pierre,en route pour San Cristobal de las Casas, au Chiapas. Il est lui aussi en vélo, et doit rejoindre un ami dans la grande ville de Guadalajara plus au sud. Nous roulons ensemble quelques jours et nous nous séparons avec la promesse de se revoir à San Cristobal.

le Maztlan star débarque son lot de passagers

le Maztlan star débarque son lot de passagers

Une rencontre de taille... Jean Pierre, bourguignon, sculpteur

Une rencontre de taille... Jean Pierre, bourguignon, sculpteur

 

 

 

 

 

 

Un peu plus de 2400km de route me sépare encore de la forêt Lacandones, il me tarde d’y être, et de m’y imprégner. Mais la route est longue pour accéder à ces mondes, toujours de plus en plus reculés et inaccessibles. Elle suit une fois de plus l’océan , me permettant d’apprécier de temps en temps un camping « de luxe » lorsqu’une plage du littorale m’accueille. Tout est différent dans cette partie du Mexique, en dessous des tropiques du cancer , où tout n’est que verdure luxuriante. Un choc et à la fois un bonheur, après 18 jours de traversée de désert.

un peu de "luxe" sur la route

un peu de "luxe" sur la route

Du vert ! Mais aussi de l’eau ! Outre les nombreux ruisseaux et rivières qui descendent des montagnes, c’est aussi la saison des pluies. On devrait dire des orages. Certains peuvent être destructeurs, les fortes pluies entrainent des coulées de boues, détruisant des villages. La végétation change encore, me présentant la diversité climatique du Mexique. J’ai l’impression de me retrouver quelques part en Europe. Grandes pâtures et bovins, routes bordées de talus de feuillus, cultures. Mais la chaleur humide est bien présente et me rappelle où je suis. Comme les moustiques d’ailleurs qui deviennent plus nombreux chaque jours.

Les camions quand à eux ne dérogent pas à la règle et sont eux, les maîtres incontestés de la route. Bien qu’ils se font de moins en moins nombreux, ils vous remettent à chaque fois à votre place : En vélo, on est vulnérable et fragile, leur souffle peut vous déséquilibrer et vous envoyer dans le décor en moins de deux, ceux qui viennent de face, sont autant de mur de vent à franchir. Et lorsque la route se fait sinueuse et grimpante, il vous inonde de colère, lorsqu’il vous double, par des jets de fumées noires sortant des pots d’échappement sur-dimensionnés. Je peste alors contre les constructeurs qui n’ont pas pensés à les installer à gauche.Oui, je suis bien au Mexique, par le trafic tout du moins. Il y a bien entendu la musique, présente partout. Des quartiers des petites villes aux maisons isolées, il y a toujours de la musique dans l’air. Pas de la bouillie Anglophones, mais plutôt musique du pays.

Les contrôles militaires ponctuent eux aussi de temps en temps les journées. Cela me fait toujours un peu bizarre de voir des hommes en armes, avoir le pouvoir et l’autorité. A l’image des différentes police circulant dans le pays, vêtue « à la GIGN », fusils d’assault à la main , traquant le crime ! Les cartels font la loi et s’entredéchirent le pays, et tout ce déploiement de force militaires ne changera rien au problème.

L’odeur des charognes sur le bas coté de la voie ne change quand à elle pas non plus. Là ce sont des tatous, serpents, chiens, et toutes sortes d’animaux, écrasés lors de leur tentative de franchir le cordon maudit ! Certains font le régal des vautours qui prolifères aisément. Plus tard, les carcasses restent à pourrir pour des mois. Les détritus, malgré une campagne de sensibilisation naissante, font parties irrémédiablement du paysage, à mon grand regret.

Je rentre à présent dans l’un des nombreux « états unis du Mexique, le Michoacan. Le vélo fatigue et moi aussi. Les montagnes de la « Sierra madré del sur » nous est fatale. Takayan casse la chaîne, après le porte bagage, et je me fais un tour de reins ! Stop, il faut marquer une pause…img_1437

Avec une réparation de fortune, j’atteins la ville de Lazaro Cardena. Une journée au calme dans un motel, et un passage à une boutique pour la réparation du vélo, nous met tous les deux d’aplomb pour continuer le voyage.

Une fois les montagnes passées, de grandes plaines cultivées les remplacent. Cocotiers, bananiers, papayers, citronniers et manguiers prédominent. Tout le monde travaillent au champs. Par pick-up bondés de monde. Les enfants profitent de ce moyen de locomotion pour rejoindre leurs écoles.

culture de bananiers et cocotiers en mélange

culture de bananiers et cocotiers en mélange

Sur le parcoure, un obstacle, un gros : Acapulco. Ce nom pourtant raisonne comme luxe et belles plages ; En partie surement, mais incroyablement dangereuse ces temps ci. Je reçois un mail de Jean Pierre, il vient de se faire racketter avec son pote par la police. Une amende de 500$, pour soit disant une route interdite aux vélos ! Et cela aurait put être pire apparemment, il valait mieux payer !

Je franchis quelques jours plus tard avec un peu de stress cette ville maudite. Se frayer un chemin à travers la ville, le trafic, les coups d’œil aux flics qui patrouillent parmi les coccinelles Volkswagen recyclées en taxi, grimper une colline qui n’en finit pas, et puis j’en sort enfin….

Acapulco, verrue sur le parcour

Acapulco, verrue sur le parcour

Heureusement dans toute cette polluante noirceur, il y a les rencontres. Brèves et furtives comme la rencontre un jour d’un python, tentant de traverser la route. Un bonjour, un regard, une conversation qui commence, et on m’offre des galettes de maïs, un café ou on me roule à la main des feuilles de tabac, le « Pourou », petit cigare local. Il y a la beauté des lieux aussi.

lesbébés tortues à peine sortis iront rejoindre l'océan

lesbébés tortues à peine sortis iront rejoindre l'océan

Plages de sable fin, parfois désertes où les dernières espèces de tortues marines viennent pondre leurs précieuses progéniture sous l’oeil expert des scientifiques.

protégé et répertorié, les oeufs de tortues recoivent tous les soins

protégé et répertorié, les oeufs de tortues recoivent tous les soins

Montagnes et forêts verdoyantes et fleuries où les colibri et perruches virevoltent dans tous les sens , laissant la place, la nuit venue au lucioles qui m’offrent une chorégraphie connue d’elles seules. Je sais pourtant que tout est déjà transformé à l’image de l’homme. Les anciennes forêts ont été rasées pour laisser la place au bétail et à la culture du maïs et autres cultures.

culture de Papayes

culture de Papayes

 Il y a 60 ou 80 ans, il y avait encore, dit-on, des jaguars dans les parages et les arbres étaient bien plus imposants.img_1347

Les journées s’enchainent, les unes après les autres et seul mon agenda me permet de me rappeler la date du jour. L’avantage du voyage à vélo, je vis au rythme de la terre, avec la course du soleil. . Une sensation d’immense liberté m’envahit, contrastant avec la fatigue des journées de pédalage accumulées.

San Cristobal et l’état du Chiapas ne sont plus très loin, il faut tenir. Là bas, les choses se mettent petit à petit en place. Jean-Pierre et Olivier décide de rester dans la ville pour un moment et loue une maison, il y a des chambres de libres, je suis le bienvenue. Une première porte vient de s’ouvrir, celle d’un endroit fixe où je vais pouvoir m’organiser pour travailler sur le film de la « rainforest » et visiter la jungle Lacandones. Je prends contact avec un ami Français, Karl, qui vit au Mexique et travail comme guide touristique. Il est de passage à San Cristobal avec un groupe, la date de son passage est précise, je ne veux pas le manquer, motivation de plus pour avancer. Il peut m’aider dans la découverte de cette région et me donner des contacts pour mon prochain reportage.

Je quitte à présent l’état de l’Oaxaca et rentre enfin dans le Chiapas. Les nuits sont toujours aussi chaudes et humides, et les orages éclatent maintenant régulièrement dès la tente posée. Fini les bonne poêlée de légumes, tortillas et crudités sont au menu du soir.

Un jour, enfin se dresse devant moi la dernière barrière avant l’arrivée. Une chaine de moyennes montagnes me sépare de mon but. Je veux impérativement arriver le jour même. Mais la route est longue, grimpante et sinueuse, ponctuée par de faibles descentes. Comme une dernière épreuve, j’avance trop doucement, roulant au pas d’un homme. J’abandonne très vite l’idée d’arriver en milieu d’après midi et espère pouvoir atteindre la ville avant la nuit. Il me faut encore trouver internet et noter l’adresse de Jean Pierre et bien sure, trouver la maison dans une ville de 200 000 habitants.

Les heures défilent, mais pas les kilomètres; Sur les routes sinueuses les paysans vendent des épis de maïs cuit au feu qui font mon régal. Et puis, enfin, un dernier panneau routier m’indique les vingt derniers kilomètres restant à faire. Pour mon grand bonheur, San Cristobal de las Casas est dans une cuvette. Le dernier tronçon se fera en partit en descente. Tout s’enchaine alors très vite, et trouve sans trop de problèmes, la nuit venue et sous un crachin soutenu, je frappe au N°3b de la rue Isabel la Catolica. Je suis arrivé, Jean Pierre et Olivier m’accueillent chaleureusement. Le voyage marque une pause, j’en suis content, les 54 jours de traversée du Mexique s’achèvent. La découverte des montagnes du Chiapas et de la réserve de monté Azules dans la selva Lacandones commence!

 

Ecrit par Asso Kernunos in: Mexique | Mots-clefs :,
sept
13
2011
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Dans la fournaise de la Baja-California, Mexique

Bryan me propose de me pousser en voiture jusqu’à l’embranchent de la route qui me conduit vers le Mexique et une petite ville frontalière du nom de Técaté. J’accepte volontiers, ce nouveau coup de pousse me permet de quitter la ville et de m’épargner plusieurs kilomètres.

dernier coup de pouce

dernier coup de pouce

Malgré cette heure matinale, il fait déjà très chaud. Les quelques 30 km qui me sépare de ce nouveau pays sont déjà éprouvants, il va falloir s’adapter à ce nouveau changement extrême. Pendant deux jours, mal de crane et pointe de côté vont ponctuer ma route. Mais côté positif, je bénéficie d’un visa de 6 mois en payant une petite taxe, Au service d’immigration, le préposer à juger  qu’il me fallait au moins ce temps pour traverser son pays! Magnifique, le stress d’arriver au plus vite à san Cristobal, au sud , disparaît.

Je met le cap au sud, m’enfonçant dans cette longue  bande de terre entourée par la mer.Le nord  est d’abord plus vallonné, un peut boisé, de ci de là par des chênes vert et les premiers cactus apparaissent. Je découvre alors, d’un coup, la vrai chaleur, celle qui cogne et qui fait mal,  aussi chaud qu’une sweat lodge (hutte de sudation). Il y a l’adaptation à cette bande goudronnée avec dessus un autre style de conduite de ceux qui l’utilisent.

Difficile premiers kilomètres, voitures et camions n’ont pas l’habitude de voir un voyageur à vélo parcourir  cette route même si je ne suis pas le seul à l’emprunter.  Parfois, c’est juste, les  lourds et bruyants semi-remorques me frôlent mais ça passe.

Tu n'es que poussière et tu roulera dans la poussière

Tu n'es que poussière et tu roulera dans la poussière

Ils sont à la fois mes pires ennemis et mes plus fervents supporters! Les odeurs des plantes me rappellent la steppe du Kazksthan, la chaleur et les détritus innombrables le long de cette bande goudronnée, plutôt l’Afrique. L’odeur! c’est l’avantage du vélo que d’avoir le nez à l’air et de tout sentir, le bon comme le mauvais. De nombreux cadavres d’animaux ponctuent les journées, à même la berge, frais ou séchés par le soleil depuis des mois. Des tronçons  sont en réparation, souvent sur plusieurs kilomètres, il faut “jouer des coudes” pour pouvoir passer.

longues lignes droites infinies

longues lignes droites infinies

Heureusement pour moi, c’est de courte durer, dans l’ensemble la route est neuve, un vrai billard. Je pense alors aux cyclistes qui ont empruntés cette route il y a 5 ou 10 ans, cela devait être quelque chose! Au fur et à mesure mon corps s’adapte à cette fournaise, la température grimpe, dès les premières heures de la journée. Chaleur étouffante qui me fait lever de bonne heure pour pouvoir rouler un peu “à la fraîche”, juste quelques heures… Lors d’une pause matinale dans une des petites boutique faisant office de restau-routiers, le thermomètre indique 35° à l’ombre, il est 8h30! il fait bien 50° sous le soleil de midi et l’idée de m’arrêter lors de ce moment et d’éviter le pire est vite oublié. Pas beaucoup d’ombre parmi les cactus et les rares arbustes qui peuvent m’en apporter.  Pédaler permet de toute façon d’avoir un peu d’air et d’éviter les mouches!

La Baja-California est un vaste désert, et le parcourir est une expérience fascinante. Les journées se succèdent, inlassablement, il faut prendre le rythme. Lors des bivouacs, j’apprends à utiliser et à choisir le bon cactus ou arbuste sec qui me permettra de cuisiner.

attention, ça pique!!!

attention, ça pique!!!

Le sol est jonché de piquants de toutes sortes et ils n’est pas bon de s’y balader sans chaussures! attention aussi aux roues de Takayan, qui, bien que “chausser” de pneus increvables, n’apprécie guère ce genre de piquants! Les nuits sont elles aussi chaudes, trop chaudes. Les mouches et moustiques, quand à eux sont ravis d’avoir un hôte et les fourmis, reines de la terre et omniprésentes, prennent leurs part. Il faut dire que dans ce genre d’environnement, c’est la survie pour tout le monde, et un corps chargé de sel et de sang chaud est un don pour les petites bêtes ailés.

Pour ma part, je dois faire attention à l’eau! un bien plus que sacré. Les échopes et fermes se font rares, et quand on campe dans le désert, il faut un minimum. 6 litres me suffisent pour cuisiner le soir, boire un thé et avoir suffisamment d’eau pour le lendemain, jusqu’au prochain point de ravitaillement. Inutile de dire alors, qu’il à peu pour se laver, même si après 6 jours, je me charge un peu plus et me réserve un litre pour la toilette et le rasage, ça fait du bien…

Les kilomètres défilent,  voilà 15 jours, que je roule dans la fournaise, ça ne s’arrête pas! On me dis que c’est le mois le plus chaud de l’année, je veux bien le croire! j’avance cependant, musique dans les oreilles et contemple avec émerveillement les trésors de Gaïa. Un peu de musique, le silence en dit long parfois…

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Invitation au voyage à travers le désert central de la Baja California

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Impression de remonter le temps, à l’origine des choses, lorsque la terre devait peut être ressembler à cet environnement de roches et de plantes grasses. Les arbres ne sont pas encore des arbres… Univers torride  mais tellement beau et puissant!

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C’est dans ce milieu extrême, que je fais la connaissance de Shoen, Un américain apparut comme un fantôme sur la route, sur une longue ligne droite de plusieurs kilomètres. Il marche depuis des jours, un chaton dans les bras. Il fait du stop depuis Cabo San  Lucas au sud, mais ça ne marche pas, les gens ont peur de lui, peur de son “look”. Il n’a rien avec lui, mis à part un sac contenant un gros livre sur la naissance des civilisation et un pull. On lui a tout voler, tout pris, carte d’identité et argent compris. Il doit remonter à Tijuana pour  refaire des papiers US. Je lui donne le peut que j’ai. Quelques tomates, concombres et tortillas. Manger lui fait du bien. Je lui laisse un peu d’eau, nous discutons de l’humanité pendant qu’il se restaure un peu! il n’en reviens pas d’être laisser tomber en plein désert par les gens qui le croisent en voiture. même les camions ne s’arrêtent pas, humanité peureuse dans des boites en fer!!!

Après 18 jours de route, j’atteins, fatigués mais heureux d’avoir traverser cette épreuve,  la ville de La Paz où je dois prendre le ferry pour Mazatlan, situé sur le continent. Il me reste 2400 kilomètres à parcourir avant d’atteindre la forêt que je vise. Là encore, il a fallut passer par un désert avant d’atteindre le but. Comme à travers les steppes du Kazaksthan pour atteindre le Kirghiztan, le désert de Gobi et la Chine avant la primorié en Russie, je devais passer par cette route qui m’a fait prendre conscience de ce bien précieux et vitale qu’est l’eau.

Ecrit par Asso Kernunos in: Mexique, baja california |

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